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CAC 40 : Le mensonge de Moody’s

24 oct. 2026 05:36

[Je suis l'auteur de ce texte]

Bonjour à tous !

Pendant que nos gouvernants soupirent de soulagement et que les commentateurs officiels célèbrent ce qu’ils prennent pour un sursis miraculeux, la décision de Moody’s de ne pas dégrader la note de la France doit être lue pour ce qu’elle est réellement : l’aveu de terreur pure d’un système financier mondial arrivé au bout de ses artifices. Ne vous y trompez pas, ce statu quo n’est en rien un brevet de bonne santé économique décerné à Paris. C’est la trace la plus éclatante de la panique glacée qui saisit aujourd’hui la planète finance au chapitre fatal des dettes souveraines.

I. La main qui tremble : un acte politique et diplomatique, non pas comptable

Si les mathématiques élémentaires et l’honnêteté intellectuelle avaient encore droit de cité dans les tours de verre de Manhattan et de la City, la note française aurait dû être sabrée sans ménagement. Tous nos indicateurs sont au rouge écarlate : un déficit hors de contrôle, une dépense publique obèse que personne n’ose réformer, une désindustrialisation avancée et un mur de remboursement qui s’élève chaque jour davantage.

Pourquoi, dès lors, l’agence Moody’s a-t-elle retenu son bras au dernier instant ? Parce que sa décision a cessé d’être financière pour devenir éminemment politique et diplomatique. Lorsqu’un patient est en phase terminale, le médecin qui craint que l’annonce du diagnostic ne provoque un arrêt cardiaque immédiat préfère mentir à la famille. Les agences de notation ne notent plus la solvabilité réelle de la France ; elles gèrent la survie psychologique du marché obligataire mondial. Elles ont regardé au fond du puits, elles ont vu le vertige du vide, et leur main a tremblé.

II. 2015, l’année bascule : la grande mécanique de la chute des empires

Pour comprendre cette paralysie, il faut prendre la hauteur historique que nos élites refusent d’adopter. Comme je m’évertue à en avertir depuis des années, nous sommes entrés dès 2015 dans la phase critique et irréversible du cycle : celle de la crise des dettes souveraines.

L’Histoire est un juge impitoyable qui ne varie jamais ses sentences. Qu’il s’agisse de Rome, de l’Empire espagnol, de la monarchie française de 1789 ou de la Grande-Bretagne au sortir des guerres mondiales, les empires ne meurent jamais d’abord sur les champs de bataille. Ils s’effondrent toujours par la fiscalité au sens large : lorsque l’État, devenu prédateur et impuissant, détruit sa base productive par l’impôt, épuise la confiance dans sa monnaie et s’enferme dans une spirale d’endettement où l’on emprunte désormais uniquement pour payer les intérêts des dettes passées.

Nous y sommes. La fiscalité confiscatoire française a atteint son point de rendement décroissant, et la montagne de dette publique n’est plus une variable d’ajustement : elle est devenue le tombeau de notre souveraineté.

III. L’effet domino : pourquoi la France ne peut pas tomber officiellement

Pourquoi Wall Street et les grands argentiers internationaux ont-ils intimé l’ordre implicite de ne pas toucher à la France aujourd’hui ? La réponse tient en une réaction en chaîne mécanique que personne, dans les banques centrales, n’a les moyens d’arrêter.

La France n’est pas la Grèce de 2010. Elle est la clé de voûte politique et le deuxième pilier financier de la zone euro. Si vous dégradez la France à son niveau réel de faillite latente, vous déclenchez la vente forcée de ses obligations par les grands fonds institutionnels mondiaux dont les statuts interdisent de détenir des actifs dégradés. En quelques heures, les taux d’intérêt français s’envolent, le service de la dette devient instantanément insoutenable et Paris fait défaut.

Or, la suite de l’équation est d’une simplicité biblique : si la France tombe, la zone euro vole en éclats et l’Europe entière tombe avec elle. Et si le bloc européen, avec ses milliers de milliards de dettes croisées dans le bilan des banques américaines et asiatiques, s’effondre, c’est le système financier mondial tout entier qui tombe gravement malade et entre en convulsion systémique. Voilà l’unique raison de la clémence de Moody’s : ils n’ont pas voulu sauver la France, ils ont voulu éviter d’allumer eux-mêmes la mèche du krach obligataire mondial.

IV. Le calme trompeur avant la tempête

Ceux qui applaudissent aujourd’hui ce sursis me font penser à cet homme qui tombe du cinquantième étage d’un immeuble et qui, en passant devant le vingtième, se répète avec un sourire béat : « Jusqu’ici, tout va bien. »

En refusant de nommer la faillite par peur de la précipiter, les gardiens du temple financier ne résolvent rien ; ils ne font que comprimer davantage le ressort de la catastrophe. On ne guérit pas un cancer de la dette en cassant le thermomètre des agences de notation.

Ce faux répit accordé par Moody’s est le signal ultime pour tout citoyen et tout épargnant lucide : le système est désormais si fragile qu’il ne supporte même plus la vérité des chiffres. Mais la gravité économique, contrairement aux agences de notation, ne fait jamais de diplomatie. Et lorsque le réel finira par défoncer la porte que l’on tente désespérément de maintenir fermée à coups de tampons complaisants, l’onde de choc n’en sera que plus dévastatrice.

Bien à vous

26 réponses

  • 24 octobre 2026 06:58

    La France a reçu des avertissements du FMI et de la BCE.
    Le gouvernement va faire passer le PLF et PLFSS au 49.3 et ordonnances.
    Moody's doit être au courant. 🤔​
    Ama rallye de fin d'année après la victoire des démocrates aux US. 😉


  • 24 octobre 2026 08:21

    Peu etre tout simplement qu'il vaut mieux tenir avec ce gouvernement ci... qu'avec des
    extrèmes qui l'une veut s'at.ta°quer à nos institutions et l'autre ne pas payer notre dette...

    La politique du pire les marchés n'ont jamais aimé...

    Jeter de l'huile sur le feu c'est tout ce que l'on sait faire personne ne cherche une solution
    pour s'en sortir et pourtant il y a du boulot...


  • 24 octobre 2026 08:21

    Un des signes de la proximité du krach est l'incapacité à voir la réalité en face


  • 24 octobre 2026 10:47

    Un des pays fondateurs de la monnaie unique qui ne respecte pas ses propres règles


  • 24 octobre 2026 18:11

    déjà ça évite les commentaires de méluche et marine.................c'est déjà pas si mal, ........................................la politique c'est important;................................la preuve; la situation actuelle est le résultat des politiques menées


  • 24 octobre 2026 18:17
    24 octobre 2026 10:47

    Un des pays fondateurs de la monnaie unique qui ne respecte pas ses propres règles

    l'allemagne n'a pas respecté les règle pendant longtemps............................ étonnant mais vrai................................ la Commission européenne surveille les excédents via la Procédure concernant les déséquilibres macroéconomiques (PDM). .....................................;;Un excédent commercial ou courant excessivement élevé (par exemple, si un pays exporte massivement sans investir ni consommer à l'échelle nationale, comme l'Allemagne par le passé) est analysé comme un déséquilibre potentiel pouvant nuire à la dynamique de croissance de ses voisins de l'UE........................... je me demande qui sont les voisins dont il est question


  • 24 octobre 2026 20:13

    J'ai bien peur que vous ayez raison.


  • 24 octobre 2026 20:18

    Félicitation pour ce remarquable exposé...


  • 24 octobre 2026 21:47

    Donc, Sympho, t'es en vade ?


  • 25 octobre 2026 08:22

    Merci à tous pour vos retours lucides, et merci Cire888 et @6ril77. Comme le souligne très justement LamarrB, le déni collectif est historiquement le meilleur indicateur avancé d'un accident systémique.

    @Hurricane et maryka : Le passage en force budgétaire par 49.3 ou l'espoir que le statu quo politique suffise à rassurer les marchés ne sont que des emplâtres sur une jambe de bois. On ne résout pas une crise de solvabilité par des artifices de procédure parlementaire, ni en priant pour que le voisin américain nous sauve la mise.

    Quant à mon lecteur le plus assidu qui, à 21h44 sur un autre fil, jurait ne jamais lire mes textes « trop longs », mais que je retrouve trois minutes plus tard à 21h47 au bas de celui-ci pour me demander si je suis « en vade » : je suis flatté d'avoir provoqué chez vous une guérison aussi miraculeuse de la lecture rapide !

    Mais rassurez-vous : confondre une analyse sur la chute des dettes souveraines avec une vulgaire prise de position spéculative à la petite semaine sur le CAC 40, c'est regarder par le trou de la serrure pendant que les murs de la maison se fissurent. Lorsque la crise obligataire entrera dans sa phase aiguë et que la monnaie elle-même sera en jeu, la question ne sera pas de savoir qui avait pris un short le vendredi soir, mais qui aura su mettre son patrimoine réel à l'abri de la tempête.


  • 25 octobre 2026 08:38

    Qu'est ce que le " patrimoine réel " ? Obligations , bourses , immobilier , tout s'effondre ... que resterait il ? A part son logement en propriété propre ? Quelle monnaie ( s) ? Pour faire les courses ..
    Qui pour éviter désordres et donc pillages y compris à domicile ( s) ?


  • 25 octobre 2026 08:43
    25 octobre 2026 08:22

    Merci à tous pour vos retours lucides, et merci Cire888 et @6ril77. Comme le souligne très justement LamarrB, le déni collectif est historiquement le meilleur indicateur avancé d'un accident systémique.

    @Hurricane et maryka : Le passage en force budgétaire par 49.3 ou l'espoir que le statu quo politique suffise à rassurer les marchés ne sont que des emplâtres sur une jambe de bois. On ne résout pas une crise de solvabilité par des artifices de procédure parlementaire, ni en priant pour que le voisin américain nous sauve la mise.

    Quant à mon lecteur le plus assidu qui, à 21h44 sur un autre fil, jurait ne jamais lire mes textes « trop longs », mais que je retrouve trois minutes plus tard à 21h47 au bas de celui-ci pour me demander si je suis « en vade » : je suis flatté d'avoir provoqué chez vous une guérison aussi miraculeuse de la lecture rapide !

    Mais rassurez-vous : confondre une analyse sur la chute des dettes souveraines avec une vulgaire prise de position spéculative à la petite semaine sur le CAC 40, c'est regarder par le trou de la serrure pendant que les murs de la maison se fissurent. Lorsque la crise obligataire entrera dans sa phase aiguë et que la monnaie elle-même sera en jeu, la question ne sera pas de savoir qui avait pris un short le vendredi soir, mais qui aura su mettre son patrimoine réel à l'abri de la tempête.

    Bien sûr que je te lis, mon Symphonounet.
    Mais étant limité intellectuellement, je n'ai pas d'avis sur tout.

    Donc, comment as-tu mis ton patrimoine à l'abri ?

    Qui voteras-tu lors de la prochaine présidentielle ?


  • 25 octobre 2026 08:45

    Symph0 Je confirme en tout point. Je pense aussi que la soudaineté de la hausse des taux des OAT FR, pour une bonne partie spéculative (mais qui n'enlève rien aux réalités, au contraire), n'est encore entré dans le logiciel des agences. Pour au moins deux raisons :

    Moody's s'accorde un délais... le temps pour les agences et les acheteurs internationaux de dettes souveraines de préparer leurs stratégies obligataires, qui sont par définition sur du temps longs.

    Ces acteurs, cruciaux, laissent aussi aux institutions européennes le temps politique de préparer leurs décisions, qui seront lourdes pour la France, la zone euro, et la monnaie unique... Cette monnaie qui a été notre protecteur, mais également notre carcan. Sans elle, nous aurions dejà dévalué le France à, au moins, deux reprises. Maintenir la FR dans ce système ne fait que retarder l'évidence : on ne produit plus rien, sauf des emplois publics, des dépenses, des dettes, des crises sociales.


  • 25 octobre 2026 08:57

    GlobalCo : Analyse chirurgicale. Vous mettez le doigt sur le secret de Polichinelle des salles de marchés : ce sursis n'est pas fait pour protéger l'épargnant français, mais pour offrir une fenêtre de liquidité aux grands institutionnels étrangers afin qu'ils puissent alléger leurs portefeuilles d'OAT avant que la musique ne s'arrête. Quant au carcan de la monnaie unique, il transforme effectivement une crise monétaire classique (qui se réglait autrefois par la dévaluation) en crise de solvabilité pure.

    @loto78 et a.zorglu (ravi de voir mon « Symphonounet » définitivement réconcilié avec la lecture !) : Vous posez tous les deux la seule question pragmatique qui vaille : comment se mettre à l'abri quand tout vacille ?

    D'abord, en comprenant la différence fondamentale entre une richesse papier (une créance sur un État ou une banque, comme un fonds en euros d'assurance-vie bourré d'OAT ou un compte bancaire) et un actif réel. Lorsqu'un État fait face à une crise de dette souveraine, il s'attaque toujours en priorité à ce qui est liquide, traçable et immobile : l'épargne obligataire (via l'inflation, la répudiation ou le blocage de type Loi Sapin 2) et l'immobilier locatif (par la fiscalité confiscatoire et le blocage des loyers).

    Se protéger, c'est donc sortir de la promesse étatique : détenir des actifs tangibles, mobiles, internationaux et décorrélés de la survie budgétaire de Bercy (les métaux précieux physiques hors système bancaire, les actions de grandes entreprises mondiales capables de répercuter l'inflation et produisant des biens vitaux, la diversification géographique et monétaire hors zone euro, sans oublier son propre capital de compétences).

    Quant à savoir pour qui je voterai à la prochaine présidentielle : c'est bien mal me connaître que de croire que j'attends un sauveur providentiel dans l'isoloir. Qu'ils soient de droite, de gauche ou du centre, aucun politicien n'a le pouvoir d'abroger les lois de l'arithmétique. Face à un mur de dette de plus de 3 200 milliards d'euros, le prochain locataire de l'Élysée, quel que soit son nom, ne sera pas un chef d'État : ce sera le syndic de faillite.


  • 25 octobre 2026 09:00
    25 octobre 2026 08:57

    GlobalCo : Analyse chirurgicale. Vous mettez le doigt sur le secret de Polichinelle des salles de marchés : ce sursis n'est pas fait pour protéger l'épargnant français, mais pour offrir une fenêtre de liquidité aux grands institutionnels étrangers afin qu'ils puissent alléger leurs portefeuilles d'OAT avant que la musique ne s'arrête. Quant au carcan de la monnaie unique, il transforme effectivement une crise monétaire classique (qui se réglait autrefois par la dévaluation) en crise de solvabilité pure.

    @loto78 et a.zorglu (ravi de voir mon « Symphonounet » définitivement réconcilié avec la lecture !) : Vous posez tous les deux la seule question pragmatique qui vaille : comment se mettre à l'abri quand tout vacille ?

    D'abord, en comprenant la différence fondamentale entre une richesse papier (une créance sur un État ou une banque, comme un fonds en euros d'assurance-vie bourré d'OAT ou un compte bancaire) et un actif réel. Lorsqu'un État fait face à une crise de dette souveraine, il s'attaque toujours en priorité à ce qui est liquide, traçable et immobile : l'épargne obligataire (via l'inflation, la répudiation ou le blocage de type Loi Sapin 2) et l'immobilier locatif (par la fiscalité confiscatoire et le blocage des loyers).

    Se protéger, c'est donc sortir de la promesse étatique : détenir des actifs tangibles, mobiles, internationaux et décorrélés de la survie budgétaire de Bercy (les métaux précieux physiques hors système bancaire, les actions de grandes entreprises mondiales capables de répercuter l'inflation et produisant des biens vitaux, la diversification géographique et monétaire hors zone euro, sans oublier son propre capital de compétences).

    Quant à savoir pour qui je voterai à la prochaine présidentielle : c'est bien mal me connaître que de croire que j'attends un sauveur providentiel dans l'isoloir. Qu'ils soient de droite, de gauche ou du centre, aucun politicien n'a le pouvoir d'abroger les lois de l'arithmétique. Face à un mur de dette de plus de 3 200 milliards d'euros, le prochain locataire de l'Élysée, quel que soit son nom, ne sera pas un chef d'État : ce sera le syndic de faillite.

    Je file à l'escalade mais te lis après.

    Effectivement, mon côté taquin prend certaines fois le dessus.


  • 25 octobre 2026 09:14

    Symph0 La prochaine présidente de la France en 2027 c'est la BCE.

    Déjà en 2012, le nouveau locataire de l’Élysée, qui, rétrospectivement, avait plutôt maintenu une trajectoire budgétaire correcte, avait dès le premier mois de son élection déclaré : "J'ai un ennemi, c'est la finance". Dès lors, quasiment, son sort était jeté politiquement puisqu'il ne fallait pas attendre de lui qu'il dépense de manière immodérée. La gauche dispendieuse l'a alors laminé, il n'intéressait plus personne.


  • 25 octobre 2026 09:15

    il parait que les agences sont des grand lecteurs de De Gaulle qui disait que les français sont des veaux ........
    Or on entend de plus en plus que l’épargne en France est de l'ordre de 9000 milliards , donc )à priori si on puise dedans , aucun pb pour les créanciers
    Surtout bien noter que les agences ne notent pas l"économie d'un pays , ils notent le risque pour les créanciers de ne pas être remboursé !
    Si on leur dit qu'on peut puiser dans les livrets d 'épargne rémunérés à moins de 2% , ils sont rassurés et même très contents de prêter à 5% .........
    Tout "parait" normal , suffit que les veaux ne s’aperçoivent pas de la chose , les médias sont là pour çà......

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  • 25 octobre 2026 09:24

    a.zorglu : Bonne grimpe ! Prenez de la hauteur sur la paroi, c'est le meilleur endroit pour observer le paysage avant l'orage.

    GlobalCo et caveat : En réunissant vos deux interventions, on obtient l'équation complète de notre tragédie nationale.

    Comme le dit parfaitement GlobalCo, la véritable présidence de 2027 siège déjà à Francfort. Le suffrage universel n'est plus qu'un théâtre d'ombres dès lors que la survie quotidienne du budget de l'État dépend du bon vouloir de la BCE à maintenir sous perfusion le marché de nos OAT.

    Et pourquoi les créanciers et les agences comme Moody's acceptent-ils encore de jouer le jeu malgré la faillite économique du pays ? caveat vient de livrer la réponse exacte, celle que personne n'ose formuler clairement au journal de 20 heures : une agence de notation ne note pas la prospérité d'un pays, elle note la capacité d'extraction fiscale de son État.

    Lorsque les émissaires de Bercy discutent à huis clos avec les analystes de Moody's ou de Standard & Poor's, quel est leur unique argument de vente ? Ce n'est ni notre croissance, ni notre balance commerciale, ni notre industrie. C'est le gigantesque stock d'épargne privée des Français (j'ai vérifié : plus de 6 000 milliards d'euros d'actifs financiers, près de 15 000 milliards en comptant le patrimoine immobilier).

    Le message envoyé aux marchés internationaux est d'un cynisme absolu : « Continuez à nous prêter sans crainte ; le jour où nous ne pourrons plus rouler la dette sur les marchés, nous avons sous la main l'une des populations les plus épargnantes et les plus dociles du monde pour servir de collatéral. »

    Voilà la vérité nue derrière le maintien de notre note : ce n'est pas l'État français qui est jugé solvable par Moody's, c'est votre patrimoine personnel qui a été mis en gage, sans votre signature, pour garantir la dette publique. Tant que l'épargnant français laissera son argent dormir dans les circuits fléchés par l'État à moins de 2 ou 3 % pour permettre au Trésor d'emprunter à 3,5 ou 4 %, le festin continuera. Le jour où il comprendra que c'est lui, la garantie du prêt, la pièce de théâtre s'arrêtera.

    Merci à tous pour l'enrichissement du post auquel vous avez contribué !


  • 25 octobre 2026 09:59
    25 octobre 2026 09:15

    il parait que les agences sont des grand lecteurs de De Gaulle qui disait que les français sont des veaux ........
    Or on entend de plus en plus que l’épargne en France est de l'ordre de 9000 milliards , donc )à priori si on puise dedans , aucun pb pour les créanciers
    Surtout bien noter que les agences ne notent pas l"économie d'un pays , ils notent le risque pour les créanciers de ne pas être remboursé !
    Si on leur dit qu'on peut puiser dans les livrets d 'épargne rémunérés à moins de 2% , ils sont rassurés et même très contents de prêter à 5% .........
    Tout "parait" normal , suffit que les veaux ne s’aperçoivent pas de la chose , les médias sont là pour çà......

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    reste quand même notre armement, une part d'airbus, notre nucléaire en renaissance de mort cérébrale (comme dirait certain) et le tourisme......................c'est pas fameux mais ce n'est pas tout à fait rien non plus !..................avoir voulu sauvé l'emploi sans investir dans l'industrie (emploi jeune, fonction publique pléthorique a été une lourde erreur, qui n'a pas desservi tout le monde........................................mais desservi notre compétitivité et nos service publique avec une politique aberrante de recherche d'économie inefficace (hôpital par exemple) de même pour la politique du logement qui pénalise une grande partie de la population.


  • 25 octobre 2026 12:36

    la banque de france a 300 milliards d'or dans ses coffres, mais vaut mieux les garder ! .......................la dette existe, mais des actifs appartenant à l'état existent aussi !.................................les ministères dans des algeco ou des immeubles de bureaux plus modestes seraient peut-être plus efficaces et le mobilier et l'immobilier que possède l'état est énorme.............


  • 25 octobre 2026 12:43
    25 octobre 2026 09:14

    Symph0 La prochaine présidente de la France en 2027 c'est la BCE.

    Déjà en 2012, le nouveau locataire de l’Élysée, qui, rétrospectivement, avait plutôt maintenu une trajectoire budgétaire correcte, avait dès le premier mois de son élection déclaré : "J'ai un ennemi, c'est la finance". Dès lors, quasiment, son sort était jeté politiquement puisqu'il ne fallait pas attendre de lui qu'il dépense de manière immodérée. La gauche dispendieuse l'a alors laminé, il n'intéressait plus personne.

    avec la loi macron el khomery hollande a baissé de fait les salaire du privé et pas qu'un peu..............(plus de revalorisation des salaires cadres tous les 3 ans par exemple dans la métallurgie ou l'informatique)...........c'est tout bénef pour les boites mais pas pour les retraites, ni pour les jeunes et salariés, ni pour les impôts !


  • 25 octobre 2026 16:43

    Ok merci SymphO
    mais si ça pète aux USA qui ont un déficit budgétaire supérieur à 50 000 milliards $ , quelles seront les répercutions ?


  • 25 octobre 2026 16:52

    Pareil au Japon : 6250 milliards $ .


  • 25 octobre 2026 17:07

    Tout à fait en phase, merci pour cet article pertinent


  • 25 octobre 2026 17:22

    Merci @Game_over ! Et merci à canddide et remele qui soulèvent deux points fondamentaux pour comprendre la suite du film.

    canddide : Attention à l'illusion optique des « actifs de l'État ». C'est la fable préférée de Bercy pour endormir les épargnants. Un État ne fait pas faillite parce qu'il manque de châteaux, de forêts ou de bureaux : il fait faillite par illiquidité, le jour où plus personne ne veut lui prêter de cash pour payer ses dépenses courantes du mois suivant.

    Vous ne pouvez pas vendre le musée du Louvre ou le ministère des Finances un mardi matin pour rembourser une échéance d'OAT le jeudi. Quant aux 2 436 tonnes d'or de la Banque de France (environ 300 milliards d'euros au cours actuel), même si nous commettions la folie historique de brader cet ultime trésor de souveraineté, cela ne représenterait même pas dix pour cent de notre dette et couvrirait à peine dix-huit mois de déficit ! Une fois l'or vendu et les ministères logés dans des Algeco, le gouffre structurel reste strictement le même l'année suivante.

    remele : Vous posez la question centrale du système mondial. Pourquoi la France et la zone euro sont-elles plus vulnérables à court terme que le Japon ou les États-Unis, pourtant lourdement endettés ? Pour trois raisons mécaniques :

    Le cas japonais : La dette du Japon est détenue à près de 90 % par les Japonais eux-mêmes et par la Banque du Japon, dans leur propre monnaie nationale. En France, plus de la moitié de notre dette publique est entre les mains de créanciers étrangers qui n'ont aucun état d'âme patriotique et qui couperont les vivres à la première secousse. De plus, le Japon paie déjà cette politique par l'effondrement historique du yen, qui appauvrit silencieusement sa population.

    Le privilège américain : Les États-Unis possèdent à la fois la monnaie de réserve mondiale (le dollar), l'armée qui la protège et leur propre banque centrale (la Fed) capable d'imprimer sans demander la permission à vingt-sept voisins. La France, elle, s'est endettée dans une monnaie qu'elle ne contrôle pas seule (l'euro), ce qui nous place techniquement dans la situation d'un pays émergent endetté en devise étrangère.

    La chronologie du choc : Dans une crise mondiale des dettes souveraines, la tempête frappe toujours de la périphérie vers le centre. Lorsque la panique saisira le Japon et l'Europe, où croyez-vous que les capitaux européens et asiatiques iront se réfugier dans un premier temps ? Vers le dollar américain et les actifs tangibles, par pur réflexe de survie.

    L'Europe et le Japon serviront de fusibles pour offrir un dernier sursis à Wall Street, avant que l'épicentre américain ne soit touché à son tour en fin de cycle. Voilà pourquoi notre horizon à nous, Européens, est beaucoup plus court que celui de Washington.


  • 25 octobre 2026 17:27

    Dans 5 ans voir moins , les robots humanoîdes ,l'AGI puis la Super Intelligence , prendront les choses en main pour le meilleur ou le pire .
    Mais sur quel support investir alors ?


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