[Je suis l'auteur de ce texte]
Bonjour à tous !
Pendant que nos commentateurs de salon s’époumonent sur l’écume des jours, une mutation souterraine et autrement plus redoutable s’opère sous nos yeux. La France traverse une crise de violence d’une intensité inédite, mais le véritable danger ne réside pas uniquement dans les vitrines brisées du week-end dernier. Il se cache dans la mécanique invisible qui anime désormais ces mouvements. Pour qui refuse la cécité volontaire et prend la peine d’observer les réseaux sociaux au microscope, là où les radars officiels peinent à tracer les déplacements fluides des groupes d’ultra-gauche et de la délinquance de droit commun, un phénomène nouveau et glaçant vient d’apparaître : la jonction des territoires.
I. Le signal faible que personne ne veut voir : l’axe Marseille-Paris
Les images et les flux numériques ne mentent pas. Ce que nous observons aujourd’hui, c’est la montée d’éléments de la délinquance marseillaise vers la capitale pour venir prêter main-forte, jouer du coup de poing et participer à la curée du pillage.
Pour l’observateur superficiel, ce n’est qu’un fait divers de plus dans le grand désordre national. Pour quiconque possède un minimum de culture stratégique et d’analyse du réel, c’est le franchissement d’un seuil critique. Jusqu’à présent, une règle tacite régissait l’écosystème criminel français : la délinquance parisienne et la délinquance marseillaise évoluaient dans deux sphères distinctes. Elles avaient leurs propres codes, leurs propres méthodes, leurs propres logiques territoriales, et surtout, elles ne se mélangeaient pas sur le terrain de l’émeute urbaine ou de la guérilla politique. Ce cloisonnement géographique était, par défaut, notre meilleure assurance-vie contre un embrasement coordonné. Cette digue vient de sauter.
II. La loi du marché appliquée au crime : transfert de compétences et mutualisation
Or, vous savez très bien ce qu’il se passe lorsque deux écosystèmes jusqu’alors séparés entrent en fusion, n’est-ce pas ? Il se produit exactement la même chose que dans le monde de l’entreprise ou dans la vie d’un citoyen respectueux des lois qui cherche à développer son activité : un transfert de compétences et une mutualisation des moyens.
Le crime organisé et la subversion violente obéissent aux lois les plus froides du pragmatisme économique. Lorsque les réseaux militants d’ultra-gauche, passés maîtres dans l’art du sabotage logistique, du contournement de la surveillance et de la guérilla urbaine, frayent sur le même pavé que des contingents de droit commun venus du Sud et de la région parisienne, le brassage n’est jamais neutre. Il crée un véritable salon professionnel à ciel ouvert.
D’un côté, une délinquance francilienne hyper-mobile, rompue aux razzias éclairs et à la maîtrise de la topographie du pouvoir ; de l’autre, une criminalité marseillaise marquée par une culture de l’armement lourd, une brutalité décomplexée et une logistique portuaire rodée aux grands trafics internationaux. Mettez ces deux mondes dans le même chaudron, ajoutez-y le vernis tactique des groupes radicaux qui servent d’idiots utiles en fixant les forces de l’ordre, et observez la synergie opérer. On échange des contacts, on compare les méthodes, on identifie des fournisseurs, on unifie les réseaux de recel et de blanchiment.
III. Nourrir l’hydre : le coup d’après du narcotrafic
Ne soyons pas naïfs : le pillage d’aujourd’hui n’est que l’accumulation primitive du capital criminel de demain. Ce rapprochement physique et opérationnel dans le chaos des rues parisiennes va directement nourrir la bête immonde qui dévore déjà la République de l’intérieur : l’hydre du narcotrafic.
En brisant l’isolement des bandes et en créant des solidarités de combat face à l’État, ces déplacements jettent les bases de véritables coentreprises criminelles nationales. Le transfert de compétences que nous voyons s’esquisser sous l’œil des smartphones aujourd’hui se traduira demain par l’importation à grande échelle des méthodes de règlements de comptes les plus sauvages au cœur même des métropoles encore épargnées, par l’optimisation des routes logistiques de la drogue et des armes, et par une capacité de sidération face à laquelle nos institutions semblent avoir toujours un train de retard.
IV. Regarder le problème d’après avant qu’il ne soit trop tard
Encore une fois, le drame de nos dirigeants et de nos commentateurs est leur incapacité chronique à penser le coup d’après. On compte les voitures brûlées le dimanche soir sans comprendre que l’essentiel s’est joué dans les carnets d’adresses qui se sont remplis le samedi après-midi.
Quand la violence politique offre le couvert à la grande délinquance, et que cette dernière en profite pour opérer sa propre fusion-acquisition à l’échelle du territoire national, nous ne sommes plus face à une simple crise d’ordre public. Nous assistons à la structuration méthodique d’un contre-pouvoir mafieux et insurrectionnel.
Regardez attentivement ce qui se trame sous le microscope aujourd’hui, car lorsque cette mutualisation des moyens aura produit ses pleins effets dans quelques mois, ceux qui auront refusé de voir viendront, une fois de plus, pleurer sur des conséquences qu’ils auront laissé germer par pure cécité intellectuelle.
Bien à vous
PS : Courage à l'équipe modération.