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CAC 40 : Le cri d'un citoyen européen face à la soumission :

17 oct. 2026 10:11

Bonjour à tous !

Nous marchons sur une ligne de crête, entre deux abîmes : celui d’une guerre qui s’éternise et celui d’une paix obtenue au prix de la soumission d’un peuple à la force d’un autre. Face à ce dilemme, nos dirigeants ont une responsabilité immense. Ils doivent éviter l’embrasement général, préserver la sécurité des Européens et rechercher une paix durable. Mais ils doivent également comprendre une vérité fondamentale : la paix ne consiste pas à demander à la victime de l’agression de capituler pour épargner à l’agresseur le coût de ses actes.
Tandis que les peuples européens aspirent légitimement à vivre en paix, à travailler dignement et à préserver l’avenir de leurs enfants, une autre question devrait nous préoccuper : quel monde laisserons-nous à ces enfants si nous acceptons qu’une puissance militaire puisse envahir son voisin, annexer son territoire et imposer sa volonté par les armes sans subir de résistance ?
Le véritable risque n’est pas seulement de trop aider l’Ukraine. Il est aussi de ne pas l’aider suffisamment, de laisser la force remplacer le droit et de découvrir, trop tard, que la faiblesse face à une agression n’achète pas nécessairement la paix.
Il est donc temps de regarder les faits en face, sans naïveté, sans russophobie, mais sans complaisance non plus envers le pouvoir de Vladimir Poutine.

I. Le grand décalage : des peuples qui veulent la paix, un dirigeant qui a choisi la guerre
Personne de raisonnable ne souhaite voir les jeunes Européens mourir sur un champ de bataille. Personne ne devrait considérer une guerre comme une solution souhaitable. Mais il existe une différence fondamentale entre vouloir la paix et accepter n’importe quelle paix, quelles qu’en soient les conditions.
Le 24 février 2022, Vladimir Poutine a lancé une invasion militaire à grande échelle de l’Ukraine. Des troupes russes ont franchi les frontières d’un État souverain, des missiles ont frappé ses villes et des soldats ont tenté de s’emparer de sa capitale.
Ce ne sont ni Bruxelles, ni Paris, ni Washington qui ont envoyé ces colonnes blindées sur Kiev. C’est le pouvoir russe qui a pris cette décision.
L’Assemblée générale des Nations unies a adopté, le 2 mars 2022, une résolution condamnant l’agression russe et exigeant le retrait des forces russes du territoire ukrainien. Le résultat du vote fut sans ambiguïté : 141 États ont voté pour, contre 5. Ce n’est donc pas simplement une lecture occidentale des événements, mais une condamnation internationale massive.
Alors, posons la question autrement : si un pays européen était envahi demain, faudrait-il lui conseiller de déposer les armes au motif que son adversaire possède davantage de missiles et une puissance nucléaire ?
Si la réponse est non pour nous, pourquoi devrait-elle être différente pour les Ukrainiens ?
L’Ukraine ne demande pas aux Européens de mourir à sa place. Elle demande des moyens de défendre son territoire : des systèmes antiaériens pour protéger ses villes, des munitions pour repousser les attaques, des équipements pour préserver ses infrastructures et une aide économique pour éviter que son État ne s'effondre.
L’assistance militaire à l’Ukraine n’est pas synonyme d’une volonté de guerre contre la Russie. Elle peut, au contraire, contribuer à empêcher qu’un agresseur ne soit récompensé pour avoir déclenché une guerre.
Bien entendu, cette aide doit être contrôlée, adaptée aux objectifs poursuivis et accompagnée d’une stratégie diplomatique. Elle ne doit pas devenir un chèque en blanc ni une promesse irréfléchie d’escalade.
Mais entre l’intervention directe des armées européennes et l’abandon pur et simple de l’Ukraine, il existe une voie : aider un pays agressé à se défendre tout en maintenant ouverts les canaux diplomatiques.
Ce n’est pas jouer avec le feu. C’est tenter d’empêcher que celui qui l’a allumé ne puisse l’étendre à sa guise.
II. L’absurdité économique : pourquoi envahir l’Ukraine si l’on prétend ne pas vouloir conquérir ?

Revenons à cet argument qui revient sans cesse : la Russie n’aurait aucun intérêt à envahir l’Europe, et l’idée d’une menace russe contre d’autres pays serait donc une invention destinée à justifier les budgets militaires.
La première partie mérite d’être entendue : personne ne peut affirmer sérieusement que Vladimir Poutine a nécessairement décidé de conquérir toute l’Europe. Il faut distinguer les faits établis des scénarios possibles. Une attaque russe contre un pays de l’OTAN ne constitue pas une certitude.
Mais la conclusion ne suit pas.
L’argument économique est-il vraiment suffisant pour expliquer les décisions des dirigeants ? L’Histoire démontre précisément le contraire. Des États ont engagé des guerres qui leur ont coûté des fortunes, détruit leurs échanges commerciaux et appauvri leur population, parce que leurs dirigeants poursuivaient des objectifs territoriaux, impériaux, idéologiques ou politiques.
La guerre n’est pas toujours une opération rentable pour un pays. Elle peut néanmoins sembler utile à un pouvoir qui privilégie sa domination régionale, son prestige ou sa conception de la sécurité au détriment de la prospérité de ses citoyens.
Dans le cas ukrainien, les déclarations et les actes de Vladimir Poutine sont particulièrement révélateurs. Avant même l’invasion de 2022, la Russie avait annexé la Crimée en 2014 et soutenu militairement les séparatistes du Donbass. En février 2022, le Kremlin ne s’est pas contenté de défendre une frontière : il a lancé une offensive sur plusieurs axes, dont celui de Kiev.
Dans son essai de juillet 2021 consacré à l’unité historique des Russes et des Ukrainiens, Poutine contestait déjà largement la séparation historique et politique des deux peuples. Cette vision ne prouve pas, à elle seule, un projet de conquête de l’Europe entière. Elle éclaire néanmoins une conception impériale dans laquelle l’indépendance de l’Ukraine est traitée comme un problème à résoudre plutôt que comme un choix souverain à respecter.
Et voilà le cœur du sujet : l’Ukraine n’a pas à démontrer qu’elle constitue un intérêt économique pour Moscou. Elle a le droit d’exister comme État indépendant, que son voisin y trouve ou non un avantage stratégique.
Quant à l’Europe, son intérêt n’est pas de provoquer une guerre avec la Russie. Il est de rendre une agression contre ses voisins moins susceptible de réussir.
Dépenser pour la défense peut coûter cher. Mais laisser un État se faire démembrer parce qu’il est moins puissant coûte également quelque chose : la crédibilité des frontières, la confiance entre alliés et la sécurité des pays qui pourraient devenir les prochaines cibles d’une politique de coercition.
Nous n’avons pas besoin d’affirmer que Moscou envahira nécessairement demain la Pologne, les pays baltes ou la Finlande pour comprendre l’intérêt de la dissuasion. Il suffit de constater qu’une victoire obtenue par la force pourrait encourager de nouvelles pressions et affaiblir la sécurité de l’ensemble du continent.
La prudence ne consiste donc pas à nier les risques. Elle consiste à les évaluer sans les exagérer et à s’y préparer sans provoquer inutilement l’adversaire.

III. La fabrique du mensonge : quand un pouvoir autoritaire désigne un ennemi pour justifier ses ambitions
Il est toujours commode, pour un dirigeant, de présenter ses propres décisions comme des réponses forcées aux provocations des autres.
C’est précisément le récit que Vladimir Poutine a développé : la Russie serait encerclée, menacée par l’OTAN, humiliée par l’Occident et contrainte d’intervenir pour défendre sa sécurité.
Il serait pourtant absurde de nier que la Russie possède des intérêts de sécurité légitimes. L’élargissement de l’OTAN, l’effondrement de l’ordre européen issu de la guerre froide et la détérioration des relations entre Moscou et les capitales occidentales méritent une analyse sérieuse. Les erreurs diplomatiques occidentales peuvent être discutées, et certaines ont pu aggraver les tensions.
Mais reconnaître ces difficultés ne revient pas à donner à la Russie un droit de veto sur les choix politiques de ses voisins.
L’Ukraine est un État souverain. Elle n’appartient ni à Moscou ni à Washington. Elle a le droit de choisir ses orientations politiques et ses partenariats, sous réserve de ses obligations internationales. La Russie peut contester ces choix par la diplomatie, négocier des garanties de sécurité et rechercher des accords. Elle ne peut pas légitimement imposer sa volonté par une invasion.
La Charte des Nations unies interdit le recours à la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un autre État. C’est précisément pour empêcher le retour d’une politique de conquête que cette règle existe.
Quant au qualificatif de dictateur appliqué à Vladimir Poutine, il ne repose pas simplement sur une hostilité personnelle envers le président russe.
Un pays peut organiser des élections sans offrir une véritable compétition démocratique. Lorsque les opposants sont empêchés de concourir librement, que les médias sont étroitement contrôlés, que la justice manque d’indépendance et que la contestation politique expose à la répression, le vote ne suffit plus à garantir la démocratie.
Freedom House, dans son évaluation de la Russie en 2026, classe le pays parmi les régimes « non libres » et attribue au pays 12 points sur 100 pour les libertés politiques et civiles. L'organisation décrit une concentration du pouvoir autour de Poutine, des institutions soumises au pouvoir exécutif et une répression accrue de la dissidence depuis l'invasion de l'Ukraine.
Les opposants emprisonnés, les médias indépendants entravés et les citoyens poursuivis pour avoir contesté la guerre ne sont pas des détails secondaires. Ils montrent que le Kremlin cherche aussi à contrôler la manière dont sa propre population peut comprendre et discuter le conflit.
Il faut néanmoins faire une distinction essentielle : le peuple russe n’est pas Vladimir Poutine. Tous les Russes ne soutiennent pas cette guerre, et aucun peuple ne doit être collectivement rendu responsable des décisions de son gouvernement.
Mais précisément, aider l’Ukraine ne signifie pas haïr la Russie. Cela signifie refuser qu’un pouvoir autoritaire puisse décider du destin d’un autre peuple par la force.
L’argument du bouc émissaire fonctionne dans les deux sens. Nos dirigeants peuvent instrumentaliser la menace russe pour obtenir des crédits militaires ou détourner l’attention de leurs propres échecs. Le Kremlin peut, lui aussi, instrumentaliser la menace occidentale pour justifier ses ambitions, renforcer le contrôle intérieur et présenter toute opposition comme une trahison.
La réponse à la propagande ne consiste pas à adopter mécaniquement le récit d’un camp contre celui de l’autre. Elle consiste à examiner les actes, les documents, les décisions et les responsabilités.
Et, sur un point central, les faits sont clairs : c’est la Russie qui a lancé l’invasion à grande échelle de février 2022.
IV. La trahison diplomatique : comprendre les accords de Minsk sans réécrire l’Histoire
Il faut ici accepter de regarder les arguments les plus gênants pour la position que nous défendons.
Oui, la guerre dans le Donbass a commencé en 2014. Oui, les accords de Minsk n’ont pas permis de parvenir à une paix durable. Oui, les dirigeants occidentaux ont reconnu que ces accords avaient également donné à l’Ukraine du temps pour se renforcer.
Angela Merkel a déclaré, dans un entretien publié par Die Zeit en décembre 2022, que l’accord de Minsk avait été une tentative de donner du temps à l’Ukraine, temps dont celle-ci avait profité pour devenir plus forte. François Hollande a également expliqué que les accords avaient permis à l’Ukraine de se moderniser et de se démocratiser.
Ces déclarations méritent d’être examinées honnêtement. Elles révèlent que la diplomatie européenne n’était pas étrangère aux calculs stratégiques et que les accords de paix n’étaient pas exempts d’arrière-pensées.
Mais en déduire que l’invasion russe de 2022 était légitime ou inévitable constitue un saut logique.
Un accord de cessez-le-feu peut servir à arrêter les combats, à réduire les pertes humaines et à créer les conditions d’une négociation, tout en donnant aux parties le temps de renforcer leurs positions. Cela ne signifie pas nécessairement que son objectif était fictif. La diplomatie et la stratégie militaire coexistent souvent, parfois de manière inconfortable.
Surtout, le fait qu’un pays se prépare à défendre son territoire ne donne pas à son voisin le droit de l’envahir.
Imaginons qu’un pays voisin menace régulièrement nos frontières. Nous chercherions à renforcer nos défenses, à obtenir des garanties et à préparer notre armée. Serait-il alors légitime que ce voisin nous attaque au motif que notre préparation militaire démontrerait nos intentions hostiles ?
Ce raisonnement transformerait toute mesure défensive en justification potentielle d’une agression. Il reviendrait à accorder un droit d’attaque préventive à toutes les grandes puissances contre les pays qu’elles jugeraient trop proches de leurs adversaires.
C’est précisément le monde que le droit international cherche à éviter.
Autre argument souvent avancé : l’Ukraine aurait menacé de se doter de l’arme nucléaire ou serait devenue un danger existentiel pour la Russie. Or, les déclarations faites à la conférence de Munich en février 2022, dans lesquelles Volodymyr Zelensky évoquait le mémorandum de Budapest et les garanties de sécurité de l’Ukraine, ne démontrent pas qu’un programme ukrainien d’armement nucléaire opérationnel était sur le point d’aboutir.
L’Ukraine avait renoncé à l’arsenal nucléaire hérité de l’Union soviétique et adhéré au traité de non-prolifération en tant qu’État non doté de l’arme nucléaire. Le mémorandum de Budapest de 1994 comportait notamment des assurances concernant son indépendance, sa souveraineté et ses frontières. L’annexion de la Crimée par la Russie en 2014 avait déjà gravement compromis ces engagements.
Enfin, il faut rappeler une réalité incontournable : en 2022, les forces russes ont attaqué depuis plusieurs directions, notamment depuis la Biélorussie vers Kiev. L’objectif militaire initial ne se limitait donc pas à protéger le Donbass ou à empêcher une adhésion future de l’Ukraine à l’OTAN.
Nous pouvons reconnaître les erreurs de l’Occident, les ambiguïtés de Minsk et les inquiétudes sécuritaires russes sans effacer la responsabilité du Kremlin.
La diplomatie aurait dû empêcher cette catastrophe. Elle doit encore servir à en sortir. Mais une paix durable ne peut être construite sur une falsification des responsabilités, ni sur le principe selon lequel la puissance militaire donne raison à celui qui l’emploie.
V. Le refus du suicide collectif : aider l’Ukraine pour rendre la paix possible
Nous, Européens, devons refuser deux formes d’irresponsabilité.
La première serait de croire qu’une escalade militaire incontrôlée, une confrontation directe avec la Russie ou des déclarations triomphalistes constituent une stratégie. La puissance nucléaire russe impose une prudence absolue. Il ne faut ni banaliser le risque d’escalade ni transformer l’aide à l’Ukraine en objectif illimité, détaché de toute stratégie politique.
La seconde serait de croire que la capitulation de l’Ukraine mettrait automatiquement fin aux dangers.
Une paix imposée par l’épuisement de la victime pourrait suspendre les combats sans résoudre le problème de fond : l’existence d’un pouvoir qui a démontré qu’il était prêt à modifier les frontières par la force.
Que se passerait-il si l’Ukraine était contrainte d’abandonner des territoires sans garanties crédibles de sécurité ? Qui pourrait assurer que les engagements futurs seraient respectés ? Et quel signal serait envoyé aux autres États tentés de régler leurs différends territoriaux par la guerre ?
Il n’existe aucune garantie qu’une victoire russe conduirait à une nouvelle invasion. Mais il n’existe pas davantage de garantie qu’elle conduirait à une paix stable. Il est donc légitime de considérer les conséquences à long terme, plutôt que de se limiter au soulagement immédiat que provoquerait l’arrêt des combats.
Aider l’Ukraine, ce n’est pas nécessairement vouloir la défaite totale de la Russie, encore moins la destruction de son État. C’est lui permettre de négocier sans être placée dans une situation où le seul choix serait de céder à toutes les exigences de Moscou.
Cette aide doit être accompagnée d’une diplomatie active, de garanties de sécurité crédibles, de mécanismes de contrôle et d’une définition claire des objectifs recherchés. Elle doit également être évaluée à l’aune de son efficacité, de son coût et des risques qu’elle entraîne.
Les contribuables européens ont le droit de demander des comptes. Ils ont le droit d’exiger que les dépenses soient transparentes, que les stocks militaires soient reconstitués et que les gouvernements expliquent leurs objectifs. Ils ont le droit de refuser toute promesse de guerre sans fin.
Mais ils doivent également comprendre que la défense de l’Ukraine participe à la défense d’un principe qui protège tous les pays européens : aucun État ne peut disposer de son voisin comme d’une propriété.
L’Europe n’a pas à choisir entre une guerre sans limite et une soumission sans condition. Elle doit travailler à une paix négociée, mais une paix qui repose sur des garanties crédibles, sur la sécurité des populations et sur le respect de la souveraineté ukrainienne.
Il ne s’agit pas de sacrifier l’avenir de nos enfants à une croisade idéologique. Il s’agit de leur éviter un avenir dans lequel les frontières ne seraient plus que des lignes provisoires, modifiables par les missiles et les chars des puissances les plus fortes.
La vraie question n’est donc pas : « Pourquoi aider l’Ukraine alors que nous voulons la paix ? » Elle est : « Comment parvenir à la paix sans récompenser l’agression et sans préparer la suivante ? »
Nous ne devons pas laisser la peur nucléaire dicter toutes nos décisions. La dissuasion exige du sang-froid, pas l’abandon de tout principe. Elle exige aussi de préserver des canaux de communication avec Moscou, de maintenir des garde-fous et de rechercher toute possibilité sérieuse de cessez-le-feu et de négociation.
Nous devons dire oui à la diplomatie, oui à la prudence, oui au contrôle des dépenses et oui à la recherche d’une issue négociée.
Mais nous devons également dire oui au droit des Ukrainiens de se défendre, oui à leur souveraineté et oui au principe selon lequel une invasion ne devient pas légitime simplement parce qu’elle est menée par une puissance nucléaire.
NON à l’escalade irréfléchie.
NON à la haine des peuples.
NON aux chèques en blanc et aux illusions militaires.
Mais NON également à la capitulation présentée comme une politique de paix, à l’effacement des responsabilités et à l’idée que les petites nations devraient accepter le sort que leur réservent les grandes.
La paix est indispensable. Mais elle doit être autre chose qu’un silence imposé par les armes.
Parce que la paix véritable ne consiste pas à donner raison au plus fort. Elle consiste à faire en sorte que le plus fort ne puisse pas décider seul du destin du plus faible.
Bien à vous.😘

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