Je vais répondre globalement, car les derniers messages mélangent plusieurs sujets qui n’ont pas grand-chose à voir entre eux : options cotées, CFD, produits structurés bancaires, risque de contrepartie, subprimes et risque de baisse d’une action.
Première clarification : les options sur actions américaines dont je parle ici ne sont pas des CFD et ne sont pas des produits qu’une banque me vendrait en prenant automatiquement le pari inverse.
Ce sont des contrats standardisés, négociés sur des marchés d’options organisés. Une fois la transaction compensée, l’OCC s’interpose comme contrepartie centrale : elle devient acheteuse face à chaque vendeur et vendeuse face à chaque acheteur. Je ne suis donc pas engagé dans un duel personnel contre une banque selon le principe « pile je perds, face la banque gagne ».
Des banques, teneurs de marché, fonds et sociétés de trading peuvent évidemment participer à ces marchés. Mais cela ne signifie pas qu’ils conservent nécessairement un pari directionnel opposé au mien. Ils peuvent fournir de la liquidité, exécuter un ordre client, couvrir un portefeuille ou couvrir un produit structuré proposé par ailleurs. Leur exposition peut ensuite être couverte par des actions, d’autres options ou différents instruments.
Il existe bien des options de gré à gré et des produits structurés construits par des banques. Ce n’est pas le sujet ici. Assimiler une option cotée et compensée centralement à un CFD conclu directement avec un broker est donc incorrect.
Deuxième clarification : le véritable risque d’un put vendu cash-secured est beaucoup plus concret.
Le vendeur peut être obligé d’acheter 100 actions au strike alors que leur cours de marché est devenu inférieur. On retrouve donc essentiellement le risque classique d’un investisseur ayant acheté une action, puis subi une baisse.
La différence est que l’acheteur direct paie immédiatement le cours initial, alors que le vendeur du put choisit généralement un strike plus bas et perçoit une prime qui réduit encore son point mort économique.
Exemple volontairement simple :
- action à 100 USD ;
- achat direct de 100 actions : 10 000 USD ;
vs
- put vendu strike 80 USD ;
prime reçue : 2 USD par action (soit 200 usd/100 actions c'est à dire 1 contrat);
- point mort : 78 USD.
Si l’action tombe à zéro, la perte théorique de l’achat direct est de 10 000 USD. Celle du put vendu est de 7 800 USD. Dans cet exemple, le put n’ajoute donc pas un risque mystérieux à celui de l’action : son risque maximal est au contraire inférieur, grâce au strike plus bas et à la prime.
Cela ne veut pas dire que la vente de puts est sans risque. Une entreprise peut s’effondrer, le cours peut tomber très loin sous le strike et la prime ne procure qu’une protection limitée. Le danger vient surtout d’un mauvais sous-jacent, d’un nombre excessif de contrats, d’un recours excessif à la marge ou de l’incapacité à financer une assignation.
C’est pourquoi il faut regarder le strike, le point mort, le notionnel, la taille de position et la qualité du sous-jacent, plutôt que de résumer l’ensemble à un prétendu jeu de casino contre une banque.
Pour sortir de la théorie, voici les opérations réellement réalisées cette semaine.
Nouvelles ventes d’options, montants nets après commissions :
- ON put strike 70 : +559,20 USD
- NBIS put strike 120 : +378,94 USD
- ORCL put strike 85 : +318,96 USD
- CRWV put strike 50 : +208,96 USD
- TLT put strike 82 (2 contrats) : +158,61 USD
- SMR covered calls strike 10, (4 contrats) : +119,16 USD
Rachats effectués :
- NBIS put strike 140 : -21,05 USD
- FCX puts strike 45 (2 contrats) : -22,87 USD
Le solde des ventes et rachats de la semaine ressort ainsi à +1 699,91 USD après commissions.
Je précise immédiatement ce que ce chiffre représente et ce qu’il ne représente pas : Il s’agit du flux net résultant des primes encaissées et des rachats effectués durant la semaine. Ce n’est ni un rendement garanti, ni la P&L totale du portefeuille, ni nécessairement un bénéfice définitivement acquis sur toutes les positions. Plusieurs options restent ouvertes et peuvent encore être rachetées, expirer ou conduire à une assignation.
La semaine illustre simplement la mécanique réelle : vendre une prime sur des strikes que l’on accepte d’assumer, puis racheter certaines positions lorsque leur prix devient suffisamment faible.
Les options ne suppriment pas le risque. Elles permettent de le structurer autrement qu’un achat immédiat d’actions. Les qualifier indistinctement de casino ou de pari contre une banque ne décrit pas leur fonctionnement ; cela mélange simplement des produits et des mécanismes différents.
Je termine le développement d'un petit outil qui va permettre de mieux visualiser le risque d'achat au comptant de 100 actions vs la vente d'un put sur le même sous-jacent évidemment, il sera disponible sur mon site consacré aux Options prochainement (voir ma fiche membre Boursorama). Si certains veulent tester en avant-première, n'hésitez pas à me le faire savoir.
Bon WE à tous !