Le président ukrainien Volodymyr Zelensky lors d'une conférence de presse en marge d'un sommet européen à Bruxelles, le 16 octobre 2026 ( AFP / Nicolas TUCAT )
Volodymyr Zelensky est arrivé mardi en Norvège pour des entretiens avec les émissaires américains afin, selon Oslo, de remettre la diplomatie "sur une voie plus constructive" à un moment de fortes crispations entre Kiev et Washington.
"Nous maintenons tous les contacts susceptibles d'aider à ramener la paix", a affirmé le président ukrainien dans un message publié sur les réseaux sociaux à son arrivée dans le pays scandinave.
Les relations entre l'Ukraine et les États-Unis se sont détériorées depuis que Donald Trump a conclu avec Vladimir Poutine un accord sur l'achat de diesel russe, et fustigé M. Zelensky en raison des attaques ukrainiennes contre des raffineries en Russie.
Le président ukrainien accuse les États-Unis de retarder à dessein la livraison prévue de missiles intercepteurs, essentiels pour se prémunir contre les tirs de missiles et drones russes, et qui font cruellement défaut à son armée.
Depuis Bombay, la capitale économique indienne, le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a rétorqué mardi que "rien n'est délibérément refusé" à l'Ukraine.
"Le président Zelensky a demandé à la Norvège et à la Finlande d'organiser une réunion dans le cadre des efforts diplomatiques en cours, à un moment critique pour l'Ukraine", a indiqué mardi le gouvernement norvégien.
Selon Oslo, M. Zelensky doit s'entretenir avec M. Witkoff et son collègue américain Jared Kushner - qui participera à distance - ainsi qu'avec le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre et le président finlandais Alexander Stubb.
"L'objectif est d'orienter les efforts diplomatiques sur une voie plus constructive", a déclaré M. Støre dans un communiqué. Les discussions devraient commencer dans l'après-midi et se poursuivre dans la soirée, a-t-il précisé à la presse.
Tensions avec Washington
En amont de la rencontre, M. Zelensky a dit avoir eu un échange "substantiel" avec M. Rubio sur Starlink et les livraisons de missiles intercepteurs.
Lundi, devant des sénateurs américains, il avait assuré que "le Pentagone retarde la livraison de missiles déjà payés" par les Européens et tarde aussi à autoriser le transfert de missiles provenant de leurs propres stocks.
Les missiles américains Patriot sont les seuls à pouvoir abattre les engins russes plus sophistiqués.
Les frappes menées par la Russie et l'Ukraine contre leurs infrastructures énergétiques respectives alimentent à Kiev les craintes d'un nouvel hiver rude.
Les discussions à Oslo réuniront l'Ukraine, les États-Unis et plusieurs pays européens (France, Royaume-Uni, Allemagne, Pologne) et de l'Otan qui "cherchent à développer une proposition de paix à présenter à la Russie", a rapporté lundi le média Axios, citant un responsable américain anonyme.
M. Witkoff doit ensuite se rendre en Russie "où il espère rencontrer le président Vladimir Poutine et lui présenter des idées", a ajouté ce responsable.
"Nous espérons qu'il sera possible d'organiser une rencontre dans un avenir très proche", a déclaré mardi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
Rencontre États-Unis, Russie et Chine ?
Donald Trump accuse Volodymyr Zelensky d'alimenter la flambée mondiale des prix du carburant en visant les raffineries russes, et estime qu'il n'œuvre pas à une fin du conflit.
"Honnêtement, je pense qu'il est temps que quelqu'un d'autre négocie au nom de l'Ukraine", a encore intimé lundi le président américain, qui s'est également dit prêt à rencontrer prochainement ses homologues russe et chinois.
"Je le ferais, pas tant pour l'Ukraine parce que, franchement, la Russie a été bien sur l'Ukraine. Ils n'ont pas fait grand-chose récemment", a-t-il déclaré devant la presse, disant vouloir aborder d'autres sujets comme la "dénucléarisation".
Selon M. Peskov, une rencontre a "effectivement été évoquée", les trois dirigeants étant attendus en Chine pour un sommet économique les 18 et 19 novembre.
M. Zelensky s'inquiète aussi de limitations dans le partage du renseignement américain - ce que Washington dément - et du fait que la connexion au réseau Starshield de SpaceX restait limitée sur certaines zones du front. Ces deux éléments sont essentiels pour l'armée ukrainienne.
Des frappes russes ont fait au moins six morts dans la région de Kiev et à Kramatorsk, importante ville de l'est de l'Ukraine proche de la ligne de front, ont annoncé mardi les autorités.
Quatre personnes ont aussi péri dans d'autres frappes nocturnes russes, selon les autorités.

2 commentaires
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer