Les marchés américains ont terminé la semaine sur une nouvelle séance de forte baisse, toujours pénalisés par les inquiétudes concernant le financement des investissements dans l'intelligence artificielle et la poursuite des dégagements dans les semi-conducteurs. La remontée du pétrole au-dessus des 100 USD le baril a également ravivé les craintes inflationnistes, tandis que les investisseurs ont continué de privilégier les secteurs défensifs. Dans ce contexte, le S&P 500 a terminé en baisse de 1,09% à 7 659,4 points, le Nasdaq 100 a plongé de 2,50% à 29 187,5 points, tandis que le Dow Jones a limité ses pertes à 0,34%, à 52 002,4 points.
La défiance envers l'IA continue de gagner du terrain à Wall Street, où les investisseurs semblent désormais davantage préoccupés par la rentabilité des investissements que par les promesses de croissance du secteur. Les dégagements touchent désormais pratiquement toute la chaîne de valeur, des fabricants de puces aux fournisseurs d'infrastructures et aux éditeurs de logiciels. Micron (-6%), AMD (-6%) et Intel (-6%) essuient de lourdes pertes, tandis que Nvidia (-1%) limite les dégâts. L'indice SOX de Philadelphie vient ainsi d'enchaîner huit séances consécutives de baisse, une série noire inédite depuis 2008.
Les inquiétudes se concentrent particulièrement sur les fournisseurs d'infrastructures cloud, dont les investissements colossaux et le recours croissant à l'endettement commencent à susciter de sérieuses interrogations sur la solidité de leur modèle économique. CoreWeave (-12%) poursuit sa dégringolade après que Morningstar a ramené son objectif de cours de 115 à 108 USD, mettant en garde contre les risques liés à l'alourdissement des coûts de financement. Nebius (-12%) subit le même sort, tandis que les ventes gagnent les logiciels et la cybersécurité, avec Palantir (-7%), CrowdStrike (-7%) et Snowflake (-8%) également malmenés.
La correction n'épargne pas non plus les mastodontes technologiques, avec Meta (-4%), Microsoft (-2%) et Tesla (-2%) qui entraînent les services de communication (-2,9%) et la technologie (-2,6%) en queue du S&P 500. Le mouvement dépasse d'ailleurs largement le seul univers de l'IA, puisque le Russell 2000 abandonne également environ 1,6%, signe que les investisseurs réduisent plus généralement leur exposition au risque.
Cette défiance profite néanmoins à certains secteurs jusqu'ici moins prisés, à commencer par l'énergie ( 2,3%), qui prend la tête du S&P 500 alors que le WTI franchit de nouveau le seuil des 100 USD le baril. Les investisseurs trouvent également refuge dans les services aux collectivités ( 1,4%) et les biens de consommation courante ( 1,2%), tandis que les financières ( 0,2%) parviennent à préserver leurs gains.
Sur le front monétaire, la détente des rendements obligataires au cours de la semaine (16 points de base pour le taux à 10 ans US) témoigne également de cette prudence, les Treasuries retrouvant leur attrait de valeur refuge malgré les mauvaises surprises inflationnistes des derniers jours. Le président de la Fed, Kevin Warsh, s'est toutefois gardé de donner une orientation claire sur une éventuelle hausse des taux en octobre, estimant que les derniers chiffres d'inflation ne remettaient pas fondamentalement en cause son diagnostic sur l'économie américaine.
La semaine prochaine pourrait apporter de nouveaux éléments de réponse sur la solidité du pari technologique, avec les publications trimestrielles de Meta, Tesla, Netflix et Texas Instruments, auxquelles s'ajouteront celles de Procter & Gamble, GE Aerospace et SAP. Les premières estimations des indices PMI d'octobre permettront également de prendre le pouls de l'activité économique, alors que la remontée des coûts énergétiques et le durcissement des conditions financières compliquent les perspectives de croissance.
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