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Volkswagen: Le patron face à la colère des salariés alors qu'une restructuration se profile
information fournie par Reuters 25/08/2026 à 15:59
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Le PDG de Volkswagen Oliver Blume

Le PDG de Volkswagen Oliver Blume

Plus de 10.000 salariés de Volkswagen se sont ‌rassemblés mardi au siège du constructeur automobile à Wolfsburg, certains huant le président du directoire Oliver Blume alors qu’il les ​appelait à l'unité pour soutenir une restructuration qui pourrait entraîner jusqu’à 50.000 suppressions de postes, selon des sources présentes à la réunion.

S'exprimant au siège de Volkswagen pour la première fois depuis que des détails ont filtré concernant d'éventuelles suppressions d'emplois ​et fermetures d'usines, Oliver Blume a déclaré aux salariés que "tout le monde doit s'impliquer", tandis que les responsables syndicaux ont averti que la confiance envers la ​direction avait été ébranlée.

Le plan d'Oliver Blume, qui doublerait environ ⁠l’ampleur des restructurations actuelles, n’a pas obtenu en juillet le soutien nécessaire du conseil de surveillance. Le conseil ‌doit se réunir à nouveau le 4 septembre, selon les sources proches du dossier.

BLUME ACCUEILLI SOUS LES HUÉES

"Notre plan pour l’avenir constitue le plus vaste programme de transformation de l’histoire de notre ​entreprise. Pour le mener à bien, chacun ‌doit désormais se mobiliser", a-t-il déclaré dans la halle 11 de Wolfsburg, première étape ⁠de la tournée qu’il a prévue cette semaine dans les usines Volkswagen.

Son discours a été accueilli par des huées, selon une source. Des pancartes proclamaient notamment "Nos emplois ne sont pas des ajustements de bilan" et "Le respect n’est pas négociable".

La représentante ⁠des salariés, Daniela Cavallo, ‌a estimé que la confiance envers la direction, "et particulièrement envers Oliver Blume", avait été "entachée", tout en ⁠précisant qu’elle n’était "pas encore irrémédiablement rompue".

Confronté à la concurrence chinoise, au recul de ses bénéfices en Chine et au ‌coût des droits de douane américains, Volkswagen fait aussi face à une baisse de sa rentabilité et ⁠à une surcapacité coûteuse en Europe.

Dans son discours aux salariés, dont des extraits ont ⁠été diffusés par l’entreprise, Oliver ‌Blume a souligné que les 50.000 suppressions de postes correspondaient à un scénario théorique visant à aligner les coûts du ​groupe sur ceux de ses concurrents. Aucune décision n’a été ‌prise sur les fermetures d’usines, a-t-il ajouté, qualifiant celles-ci de "dernier recours, et le plus coûteux".

Il avait précédemment indiqué que le secteur de la défense ​ou certains modèles destinés au marché chinois pourraient contribuer à résorber la surcapacité des usines allemandes.

La direction n’a toutefois annoncé aucune avancée, alors que la production doit cesser dès l’an prochain à Osnabrück. Quatre autres usines – Emden, Zwickau, ⁠Neckarsulm et Hanovre – n’ont plus de perspectives au-delà de 2030.

UN PLAN ALTERNATIF

Les représentants des salariés de Volkswagen et le Land de Basse-Saxe, deuxième actionnaire du constructeur, ont par ailleurs élaboré des propositions alternatives de redressement qu’ils prévoient de présenter lors d’une réunion du conseil de surveillance la semaine prochaine, selon trois sources proches du dossier.

Les porte-parole du conseil de surveillance de Volkswagen, du comité d’entreprise et du Land de Basse-Saxe ont refusé de commenter ces informations.

(Reportage Rachel More, version française ​Elena Smirnova, édité par Augustin Turpin)

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