Le groupe de communication s'inscrit en nette baisse vendredi, après la publication de résultats semestriels marqués par un recul du chiffre d'affaires et du bénéfice net sur un an. Peu après l'ouverture des marchés, le titre décrochait de plus de 5%, essuyant la deuxième plus forte baisse de l'indice SBF 120.
Si le groupe a réalisé certains progrès dans la maîtrise de ses coûts, les performances de Gameloft ont notamment déçu.
AlphaValue relève par ailleurs que Vivendi n'a, une nouvelle fois, pas communiqué directement sur sa valeur nette d'actif (NAV). Selon les estimations du bureau d'études, celle-ci aurait néanmoins progressé d'environ 200 millions d'euros par rapport à la période précédente, pour atteindre près de 3,1 milliards d'euros. Cette amélioration aurait toutefois été en partie effacée depuis par la réaction du marché aux résultats mitigés d'Universal Music Group (UMG), publiés en juillet.
Du côté des activités opérationnelles, Gameloft a affiché une performance contrastée. Au deuxième trimestre, son chiffre d'affaires a reculé de 12,9% en données organiques, à 64 millions d'euros. Sur l'ensemble du premier semestre, son EBITA s'est en revanche amélioré de 1 million d'euros, pour atteindre 9 millions.
Les coûts corporate ont, pour leur part, fortement augmenté, passant à 52 millions d'euros, soit une détérioration de 14 millions sur un an. Sur ce montant, 21 millions d'euros sont toutefois liés au plan de rupture conventionnelle collective mis en oeuvre par le groupe.
Les résultats ont bénéficié de la contribution des sociétés mises en équivalence, qui s'est élevée à 75 millions d'euros, en baisse de 5 millions sur un an. UMG a également contribué à hauteur de 62 millions d'euros à l'EBITA, un montant stable sur un an. AlphaValue se montre toutefois critique sur la présentation de cette contribution, estimant qu'elle tend à masquer le fait que Vivendi afficherait actuellement un EBITA négatif compte tenu de sa structure de coûts. Au total, le bénéfice net du groupe a reculé de 7% sur un an, à 28 millions d'euros.
La situation financière s'est également légèrement dégradée. La dette nette est passée de 1,55 milliard à 1,59 milliard d'euros, hors prêt de 450 millions d'euros accordé à Lagardère. Cette évolution s'explique notamment par les investissements réalisés dans V Collection et Prisma Group, malgré l'encaissement de 92 millions d'euros de dividendes au premier semestre, dont 51 millions provenant d'UMG.
Dans ce contexte, AlphaValue anticipait une réaction légèrement négative du marché, principalement en raison des performances mitigées de Gameloft. Le prochain catalyseur majeur pour le titre devrait désormais être l'évolution du dossier européen concernant une éventuelle amende liée à l'acquisition de Lagardère.
Sur le front judiciaire, Bolloré a récemment obtenu gain de cause devant la Cour d'appel de Paris, qui a estimé qu'il n'existait pas de contrôle de fait de Vivendi. Cette décision écarte ainsi l'hypothèse d'une obligation pour Bolloré de racheter les titres détenus par les actionnaires minoritaires de Vivendi.
AlphaValue maintient finalement une opinion prudente sur le titre. Selon le bureau d'études, la décote actuelle de Vivendi par rapport à sa valeur nette d'actif ne constitue pas une marge de sécurité suffisante pour compenser les inquiétudes persistantes en matière de gouvernance.
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