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Vers un repli limité en Europe, mais Wall Street commence à se faire peur
information fournie par Zonebourse 24/06/2026 à 08:30

Les grandes Bourses européennes devraient poursuivre leur mouvement de repli mercredi matin, une nouvelle fois tirées vers le bas par la chute des valeurs vedettes technologiques américaines dont les déboires se multiplient et ne concernent plus simplement les puces ou l'IA. Environ 45 minutes avant l'ouverture, le contrat à terme sur le CAC 40 cède un peu plus de 0,1%, tout comme ceux sur le DAX et l'Euro STOXX 50, laissant entrevoir un début de journée dans le rouge.

La séance devrait démarrer en territoire négatif dans le sillage du décrochage de Wall Street, qui a surtout plié mardi sous le poids du secteur de la tech, dont l'indice de référence, le Nasdaq 100, a lâché près de 3,3%.

Toujours en première ligne, l'indice SOXX des semi-conducteurs a dévissé de 7,9%, alors même qu'il avait fini à un plus haut absolu la veille.

Aucun poids lourd technologique n'a cependant été épargné par ce mouvement de défiance généralisée à l'égard du secteur, grande star des marchés depuis deux ans, avec notamment un recul de plus de 4% du géant Nvidia, jusqu'ici la véritable locomotive du rally boursier en cours.

Ce revers conduit certains analystes à parler de prélude à une correction inévitable, notamment au vu de l'émergence de doutes concernant la soutenabilité des investissements colossaux réalisés dans l'IA.

Une vraie correction dans les tuyaux ?

"Il faut dire que l'environnement économique mondial s'est complexifié sous l'effet conjugué de trois grands facteurs : le retour des risques géopolitiques, la remontée des rendements des obligations du Trésor américain, et les incertitudes croissantes quant à l'évolution de l'inflation et de la politique monétaire de la Réserve fédérale", rappelle Rania Gule, analyste marchés chez XS.com.

"Je pense que la poussée du rendement du Trésor américain à 10 ans vers le seuil des 4,50% envoie un signal fort qu'il serait risqué d'ignorer", ajoute-t-elle.

"A mesure que les rendements obligataires progressent, ils offrent des alternatives de plus en plus attractives face aux actifs risqués, ce qui entraîne souvent un arbitrage des flux de capitaux au détriment des actions, qui touche en particulier les entreprises aux valorisations élevées", explique l'analyste.

De fait, les marchés ne semblent plus considérer l'inflation comme un phénomène seulement passager. Au contraire, les investisseurs semblent désormais désireux de réviser leur stratégie d'allocation d'actifs face à la probabilité grandissante d'une politique monétaire plus restrictive susceptible de s'installer dans la durée.

Pas sûr, dès lors, que la séquence de consolidation actuelle ne constitue qu'un petit passage à vide.

Les anticipations de taux suspendues aux chiffres du PCE

A ce titre, la publication, demain, de l'indice des prix PCE aux Etats-Unis - la mesure de l'inflation préférée de la Fed - devrait revêtir une importance toute particulière au vu du durcissement de ton adopté la semaine dernière par la banque centrale américaine à l'issue de sa réunion stratégique.

Si les données révèlent des pressions inflationnistes persistantes voire une accélération des prix, les marchés pourraient être contraints de réajuster à nouveau leurs anticipations de taux, un scénario qui risquerait de pousser les rendements obligataires encore plus haut et d'accentuer la pression qui s'exercce sur les valeurs technologiques.

En attendant, l'indice Ifo du climat des affaires en Allemagne - programmé dans le courant de la matinée - permettra de savoir si le protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran se répercute d'ores et déjà dans les perspectives des entreprises, l'horizon de court terme promettant moins d'incertitudes et des cours du pétrole plus bas, même si les répercussions du conflit au Moyen-Orient ne vont pas s'effacer d'un coup.

L'heure de vérité avec Micron

Mais c'est incontestablement Micron Technology, qui publiera ses résultats trimestriels ce soir après la clôture de la Bourse de New York, qui reste le plus attendu au tournant.

Si les analystes anticipent un nouveau trimestre de croissance explosive, porté par la forte demande des centres de données dédiés à l'IA, le marché attend surtout le groupe américain sur ses perspectives.

Bon nombre d'observateurs font remarquer que la récente envolée du titre, qui s'est envolé de 268% depuis le début de l'année, intègre déjà le scénario d'un cycle ultra-favorable sur les puces mémoire qui ne laisse pas beaucoup de marge d'erreur au fabricant.

L'euro toujours au tapis, le pétrole à des creux de trois mois

Sur le marché des changes, l'euro poursuit son recul face au dollar à la veille de la parution des chiffres de l'inflation PCE.

"Le point clé sera de savoir si le taux en glissement mensuel de l'inflation sous-jacente dépasse 0,2 % : si tel est le cas, le dollar américain disposera d'une marge de manoeuvre pour se raffermir davantage", soulignent les équipes d'UBP.

A 1,1375, soit un plancher depuis plus d'un an, la monnaie européenne affiche un repli de 0,1% contre le billet vert, ce qui porte à plus de 4,5% ses pertes sur cinq jours.

Du côté du pétrole, les contrats à terme sur le Brent évoluent encore en net repli. Le baril de mer du Nord cède actuellement 1% à 72,5 dollars pour revenir à des plus bas de trois mois, alors que investisseurs continuent de miser sur une normalisation prochaine du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, les dernières données indiquant déjà une augmentation du nombre de navires en transit.

1 commentaire

  • 09:27

    Un peu de sagesse ou la bulle va éclater ?


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