Un laser industriel en action. Lumibird est une des convictions du S2 pour Portzamparc. (crédit photo : Adobe Stock )
Après un premier semestre positif mais heurté pour les valeurs moyennes, Portzamparc reste constructif sur le segment. Sa nouvelle liste Convictions pour le second semestre rassemble huit dossiers, de 2CRSi à SEB.
Le réveil des petites et moyennes capitalisations françaises se confirme, même s'il reste fragile. Dans sa liste Convictions Mid & Small Caps pour le second semestre 2026, publiée le 10 juillet, Portzamparc souligne que le mouvement de rattrapage amorcé en 2025 s'est poursuivi au premier semestre, avec du retour de collecte en début d'année, davantage de volumes et des performances redevenues positives.
Le tableau n'est toutefois pas totalement linéaire. Les analystes rappellent que les dernières semaines ont nettement pesé sur la performance depuis le début de l'année et que la cote française continue de s'appauvrir, entre retraits réguliers et faible nombre d'introductions en Bourse. Autrement dit, le segment va mieux, mais il reste sélectif, moins profond qu'il ne l'a été, et très dépendant de la qualité des dossiers.
Un segment encore décoté face aux grandes valeurs
Depuis le début de l'année, le CAC 40 grimpe de 2,17% quand le CAC Mid & Small ne progresse que de 0,44%. A noter, la bonne santé des biotechs avec un indice Next Biotech qui grimpe de 9% faisant presque aussi bien... que le S&P 500 (+10,2%). Le volumes, eux sont plutôt bien orientés, avec un pic à près de 600 millions d'euros en mai dernier.
L'argument de valorisation reste au coeur du raisonnement de Portzamparc. Selon les calculs du bureau d'analyse, les valeurs moyennes demeurent environ 20% moins chères que les grandes capitalisations sur la base des ratios de valorisation 2026 et 2027. Le CAC Mid & Small affiche notamment des multiples médians inférieurs à ceux du CAC 40, aussi bien en valeur d'entreprise rapportée à l'Ebitda qu'en valeur d'entreprise rapportée à l'Ebit.
Portzamparc met aussi en avant un rebond attendu des bénéfices sur une base de comparaison devenue plus favorable. Le marché des opérations financières constitue un autre soutien potentiel, avec une reprise des offres publiques à Paris et une prime moyenne de 43% sur les opérations recensées depuis le début de l'année. À l'inverse, les introductions en Bourse restent peu nombreuses, même si certaines opérations récentes ont livré de très fortes performances.
Une première liste 2026 très largement gagnante
La société de Bourse arrive avec un historique favorable. Sa précédente liste de convictions, bâtie pour le premier semestre 2026, a fortement surperformé son indice de référence. Entre le 11 décembre 2025 et le 9 juillet 2026, elle affiche une performance de 26,4%, contre 3,4% pour le CAC Mid & Small.
Cette progression a été très concentrée, mais elle n'en est pas moins significative. Portzamparc souligne notamment les très fortes contributions de certains dossiers (Broadpeak, Lumibrid et surtout 2CRSI), ce qui illustre aussi une caractéristique propre aux small et mid caps : dans un univers moins liquide, la sélection de valeurs prime souvent sur l'exposition générale au marché.
Huit valeurs pour le second semestre
Pour la deuxième partie de l'année, la liste Convictions S2 2026 comprend huit valeurs : 2CRSi, Broadpeak, Genfit, GL Events, Linedata, Lumibird, Nanobiotix et SEB. Toutes sont assorties d'une recommandation à l'achat dans la note de Portzamparc.
2CRSi reste le dossier le plus offensif de la sélection. Le spécialiste des serveurs et solutions informatiques haute performance est porté par une dynamique de très forte croissance depuis son recentrage sur son métier historique. L'objectif de cours ressort à 59,30 euros, soit un potentiel de hausse de 86% par rapport au cours du 9 juillet. Les analystes mettent en avant la valorisation encore abordable, le flux de nouvelles attendu autour de plusieurs grands contrats et l'amélioration progressive du mix. Les principaux risques identifiés portent sur la variabilité de la marge brute, les pénuries de composants et la communication financière.
Broadpeak est présenté comme un éditeur à redécouvrir. Le groupe fournit des solutions logicielles destinées au streaming vidéo, notamment autour des réseaux de diffusion de contenu, de l'enregistrement et de l'intégration dynamique de publicités. Portzamparc insiste sur la montée en puissance des revenus récurrents, sur la fin du surinvestissement en recherche et développement et sur le retour attendu à une rentabilité durable à partir de 2026. L'objectif de cours est fixé à 5,40 euros, soit un potentiel de 116%. La faible liquidité du titre et un chiffre d'affaires du deuxième trimestre attendu en forte décroissance constituent les principaux points de vigilance.
Genfit offre, selon Portzamparc, un modèle désormais plus dérisqué. La biotech bénéficie des revenus liés à Iqirvo, dont les analystes saluent la bonne dynamique commerciale, mais aussi du potentiel de sa franchise diagnostic autour de NIS4 et NIS2+. La société disposerait d'une visibilité financière au-delà de 2028 et pourrait atteindre l'équilibre dès 2026 selon les hypothèses de Portzamparc. L'objectif de cours s'établit à 18,60 euros, pour un potentiel de 35%. Les risques portent notamment sur un ralentissement du déploiement d'Iqirvo, la signature d'un accrord moins favorable qu'attendu sur NIS4 ou un non-remboursement en Europe.
GL Events reste porté par un momentum commercial jugé solide. Le spécialiste de l'ingénierie et de la logistique événementielle, également présent dans la gestion de sites et l'organisation de salons, devrait profiter en 2026 de nombreux grands événements internationaux, dont les Jeux olympiques de Milan-Cortina, les Asian Games d'Aichi-Nagoya, le World Urban Forum ou encore la COP17 Désertification. Portzamparc apprécie aussi la consolidation des marges et un endettement jugé maîtrisé. L'objectif de cours ressort à 38 euros, soit un potentiel de 19%. Le bureau d'analyse surveille toutefois l'endettement net et la reprise toujours difficile de certains salons, notamment en Chine.
Linedata est un pari de rebond. L'éditeur de progiciels et prestataire de services, très présent dans l'asset management et les crédits et financements, a été pénalisé par une cyberattaque en août 2025, avec un impact sur le chiffre d'affaires, les résultats et les prises de commandes. Portzamparc anticipe un retour progressif à la normale, avec un rebond au troisième trimestre 2026 et une croissance positive sur l'année. Linedata est aussi qualifiée de machine à cash peu valorisée, avec plus de 25 millions d'euros de cash généré par an selon la note. L'objectif de cours est fixé à 55 euros, soit un potentiel de 30%. Attention toutefois, sur le timing du retour à une croissance pérenne
Lumibird combine redressement opérationnel et hypothèse stratégique. Le spécialiste mondial du laser bénéficie, selon Portzamparc, de planètes alignées dans la photonique, avec une accélération attendue portée par l'ensemble des métiers : medtech, défense et spatial, industrie et scientifique, environnement, topographie et sécurité. Le bureau d'analyse estime par ailleurs qu'une cession du médical reste d'actualité. L'objectif de cours ressort à 33,10 euros, soit un potentiel de 22%. Les principaux risques cités concernent la vitesse de recovery de la division ETS, la confirmation du rattrapage dans le médical et une saisonnalité importante de l'activité.
Nanobiotix est retenu pour son calendrier clinique et réglementaire. La biotech développe des nanoparticules de dioxyde d'hafnium destinées à renforcer les effets de la radiothérapie. Portzamparc met en avant la proximité de l'autorisation de mise sur le marché de NBTXR3 dans les cancers de la tête et du cou (essai clinqiue NANORAY-312), ainsi que 200 millions de dollars de milestones potentiels à horizon 12 à 36 mois. Le partenariat avec Janssen est également présenté comme un élément de dérisquage, les coûts de développement de NBTXR3 étant pris en charge par le partenaire. L'objectif de cours est de 56 euros, soit un potentiel de 64%. L'aléa clinique et réglementaire demeure toutefois le risque central sur le dossier, avec la pression sur les prix aux Etats-Unis et en Europe.
SEB, enfin, constitue la valeur de redressement la plus grand public de la sélection. Le numéro un mondial du petit équipement domestique a confirmé une inflexion au premier trimestre, avec un chiffre d'affaires en hausse organique de 2,7% et un résultat opérationnel d'activité en progression de 44% selon Portzamparc. Le plan Rebond est jugé en avance de phase, avec 200 millions d'euros d'économies visées en rythme annuel à fin 2027. L'objectif de cours ressort à 99 euros, soit un potentiel de 112%. Le bureau d'analyse souligne néanmoins les risques liés à un marché chinois très promotionnel, à l'offensive de SharkNinja en Europe et aux effets de change sur certaines devises émergentes.
Une liste à forte dispersion
Au total, la sélection de Portzamparc fait apparaître des profils très différents. Certaines valeurs, comme 2CRSi, Broadpeak ou Nanobiotix, présentent un potentiel de revalorisation élevé, mais avec une part de risque importante. D'autres, comme GL Events, Linedata, Lumibird ou SEB, reposent davantage sur une amélioration opérationnelle, une valorisation jugée trop basse ou un possible catalyseur capitalistique.
Cette dispersion reflète assez bien l'état actuel du marché des valeurs moyennes. Le segment n'est plus seulement une histoire de rebond mécanique après plusieurs années difficiles. Il redevient un terrain de sélection, où les catalyseurs doivent être identifiés valeur par valeur, et où la liquidité, la visibilité des résultats et la qualité du bilan demeurent essentielles.
LG, avec l'aide de l'IA (Copilot)
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