Vue du siège de la BCE, à Francfort (Crédits: BCE)
Commentaires de Michael Krautzberger, CIO Public Markets chez AllianzGI, en amont de la réunion de la BCE du 10 septembre 2026
- Nous prévoyons que la Banque centrale européenne procédera à une deuxième hausse des taux lors de sa réunion du 10 septembre, portant le taux de dépôt à 2,5%.
- Des prévisions de croissance et d'inflation plus élevées pourraient laisser entrevoir de nouvelles hausses, mais un cycle de resserrement agressif reste peu probable pour l'instant.
- Cela confirme la tendance mondiale à un raffermissement des courbes de rendement, y compris dans la zone euro, en raison de bons résultats en matière de croissance nominale et d'une offre obligataire plus importante.
Lors de la réunion du 10 septembre, nous nous attendons à ce que la Banque centrale européenne procède à la deuxième hausse des taux de cette année, largement anticipée et clairement annoncée, portant le taux de dépôt à 2,5%.
Dans les projections trimestrielles qui accompagneront cette décision, la BCE devrait relever ses prévisions de croissance du PIB de 0,1 point de pourcentage, à 0,9% pour 2026 et 1,3% pour 2027, reflétant la résilience récente de l'économie et l'amélioration des enquêtes de confiance prospectives.
Les prévisions d'inflation globale pourraient reculer de 0,2 point de pourcentage à 2,8% pour 2026 (l'inflation sous-jacente restant inchangée à 2,5%), avant de remonter de 0,3 point de pourcentage à 2,6% pour 2027 (l'inflation sous-jacente restant à 2,5%), car la croissance plus forte, la forte hausse des prix du gaz et la faiblesse de l'euro se répercutent plus lentement qu'une flambée des prix du pétrole.
Ces révisions reflationnistes pourraient déclencher un nouveau durcissement du ton de la communication de la BCE, qui a évolué en trois étapes :
- Dans un premier temps, les hausses de taux visaient à ancrer les anticipations d'inflation à la suite du choc iranien («hausses préventives»).
- Plus récemment, la résilience de l'économie a laissé entendre que le taux neutre s'était peut-être élevé à 2,5%, ce qui signifie que le maintien des taux inchangés constitue en soi une forme d'assouplissement ; la hausse de juin était déjà considérée comme «solide dans tous les scénarios».
- De nouvelles hausses après septembre nécessiteraient probablement une accélération de l'inflation tirée par la demande pour que la BCE estime qu'une politique restrictive est nécessaire.
La présidente Lagarde soulignera que la BCE reste tributaire des données et qu'elle prendra ses décisions réunion par réunion, sans s'engager sur une trajectoire spécifique des taux. Mais la combinaison de prévisions reflationnistes et d'une fonction de réaction vigilante suggère que le seuil pour de nouvelles hausses au-delà de septembre est bas ; nous estimons qu'une nouvelle hausse de 25 points de base en décembre est probable.
Malgré une inflation globale élevée et une croissance résiliente, les hausses de taux de la BCE pourraient être anticipées de manière quelque peu agressive par rapport à celles des autres grandes banques centrales. Cela favorise une courbe des taux plus pentue dans la zone euro, en raison du degré de hausses déjà anticipé sur les échéances courtes, de meilleurs résultats en matière de croissance nominale et d'une offre obligataire plus importante. Les Bunds allemands à 30 ans devraient continuer à progresser au quatrième trimestre 2026, mais à mesure que nous approchons des 4%, les titres obligataires paraissent de nouveau beaucoup plus attractifs pour les investisseurs à long terme.
Compte tenu de l'ampleur de l'anticipation des marchés, nous prévoyons une réaction limitée du marché à une hausse des taux en septembre. D'un point de vue global, nous sommes positionnés en faveur d'une courbe des taux européenne plus pentue.
Cet objectif est atteint à la fois explicitement, via une position de pentification de la courbe des taux allemande 2 ans/30 ans, mais aussi implicitement, en surpondérant les Bunds à court terme par rapport aux Trésors américains à court terme, tout en surpondérant simultanément les UK Treasuries à 30 ans par rapport aux Bunds allemands à 30 ans.
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