Les principales Bourses européennes sont attendues dans le rouge mardi à l'ouverture d'une séance qui sera principalement marquée par la publication des résultats des dernières enquêtes auprès des directeurs d'achat (PMI) sur l'activité du secteur privé dans la zone euro. Les contrats à terme suggèrent pour l'instant une baisse de plus de 0,7% pour le CAC 40 parisien en début de séance, le DAX de Francfort céderait lui autour de 1,1%, tout comme le FTSE à Londres.
Les grandes places européennes avaient fini sur une note globalement positive lundi, soutenues pour l'essentiel par les avancées diplomatiques au Moyen-Orient, mais le repli des valeurs technologiques hier soir à Wall Street devrait pénaliser la tendance dans l'attente des derniers indices d'activité PMI.
Si le Dow Jones parvenait à s'adjuger 0,3% à la clôture, le Nasdaq 100 - davantage exposé aux valeurs de croissance - abandonnait de son côté 0,2%, victime de prises de bénéfices suite à sa récente séquence haussière qui lui avait permis d'établir de nouveaux sommets historiques au début du mois.
Fin de cycle en vue pour la tech ?
Après plusieurs mois d'euphorie autour de l'intelligence artificielle, les traders semblent de nouveau s'interroger sur la pérennité des considérables investissements nécessaires au développement des infrastructures numériques.
Signe de ce coup de froid sur la "tech", SpaceX décrochait de plus de 16% au terme des échanges, affecté par le lancement de sa première émission obligataire, une opération de 20 milliards de dollars destinée à financer ses projets de croissance.
Les contrats à terme sur les indices américains traités en Asie suggèrent pour le moment une poursuite du recul à New York ce mardi, avec des pertes qui s'étagent actuellement entre 0,3% et 1,6%.
L'accalmie pétrolière va-t-elle à relancer la croissance en Europe ?
En Europe, les investisseurs surveilleront avec beaucoup d'attention, dans le courant de la matinée, la parution des indices PMI flash auprès des directeurs d'achat dans la zone euro, qui donneront une première indication des tendances d'activité en juin.
En mai, l'indice composite mesurant l'activité dans la région était ressorti en phase de contraction pour un deuxième mois de suite, laissant présager une légère contraction du PIB sur le deuxième trimestre.
Les nouvelles concernant la guerre au Moyen-Orient et le marché pétrolier ont été plus positives ces derniers temps, ce qui pourrait constituer le prélude à une amélioration du sentiment des acteurs économiques, voire à un redémarrage prudent de l'activité.
"La plupart des individus interrogés ont dû répondre après le protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran, mais il ne faut pas croire que le reflux des prix du pétrole va se traduire magiquement dans les statistiques économiques", tempèrent cependant les équipes de Danske Bank.
Aux inquiétudes sur la trajectoire économique en Europe s'ajoutent désormais des craintes sur l'évolution de la conjoncture aux Etats-Unis, où paraitra cet après-midi l'indice PMI compilé par S&P Global dans un contexte de remontée des tensions inflationnistes qui pèse sur la consommation.
Secousses sur les places asiatiques, les taux et les matières premières
A la Bourse de Tokyo, l'indice Nikkei décrochait de 2,6% mardi en toute fin de séance, victime lui aussi de prises de profits après ses gains récents, l'indice ayant pris pas loin de 40% depuis le début de l'année pour atteindre des plus hauts absolus.
La Bourse de Séoul a clôturé sur une chute de 8,1%, pénalisée par sa forte exposition aux valeurs technologiques.
Sur le marché obligataire, le rendement des Treasuries à dix ans, véritable référence pour les taux Outre-Atlantique, repasse au-dessus de la barre de 4,50% pour désormais s'afficher à 4,5090%, un niveau qui témoigne de la remontée des anticipations de resserrement monétaire de la part de la Réserve fédérale.
Le redressement des rendements obligataires américains contribue encore à la faiblesse de l'euro, qui reste sous pression sur le marché des changes. A 1,1425 face au dollar, la monnaie unique a touché dans la nuit un nouveau point bas depuis août 2025.
L'or cède 1,5% pour évoluer autour de 4 138,2 dollars l'once, en raison tout à la fois du virage monétaire qui s'annonce du côté de la Fed, du maintien d'un dollar fort et de l'apaisement des tensions géopolitiques, qui incitent les investisseurs à délaisser la valeur refuge au profit d'actifs de rendement.
Le marché pétrolier poursuit sa correction des deux semaines écoulées, alors que les investisseurs tentent d'évaluer l'impact de l'exemption de sanctions que Washington envisagerait d'accorder à l'Iran afin que le pays puisse de nouveau exporter son brut sur le marché mondial.
Le Brent lâche 1,5% à 76,8 dollars le baril pour retomber à un plus bas de trois mois tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) perd 1,3% à 72,9 dollars.
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