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Trump 2025, paradis boursier à New York ?
information fournie par Le Cercle des économistes 06/01/2025 à 08:08

Jean-Paul Betbèze
Jean-Paul Betbèze

Jean-Paul Betbèze

JPBetbèze

économiste

http://www.jpbetbeze.com/

En 2024, le Cac 40 a perdu 2% et gagné 23% sur cinq ans, le Dow Jones gagné 13% sur un an et 49% sur cinq, le Nasdaq 30% sur un an et 144% sur cinq. (crédit : SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)

En 2024, le Cac 40 a perdu 2% et gagné 23% sur cinq ans, le Dow Jones gagné 13% sur un an et 49% sur cinq, le Nasdaq 30% sur un an et 144% sur cinq. (crédit : SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)

Le retour de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis créé un appel d'air dans le milieu de la finance. De nombreux capitaux ont déjà quitté l'Europe et le mouvement est loin d'être terminé selon Jean-Paul Betbeze.

MAGA : Make Actionnaires Great in America ! On aura reconnu une adaptation, très boursière et francisée, du slogan de Donald Trump : MAGA, Make America Great Again. Une adaptation qui ne trahit pas le fond de sa pensée : le commerce prime sur la finance, qui prime sur l'économie, et sur le reste. Il faut donc le financer, si américain.

Avec Trump, la promesse sera ainsi faite aux grandes entreprises, licornes et startups, de croître et gagner plus, avec moins de soucis administratifs et d'impôts, avec plus de protections par rapport aux concurrents jugés antiaméricains, si et seulement si elles viennent se faire coter à New York et mieux encore s'y installer. Les entreprises françaises y retrouveront ArcelorMittal, Sanofi, Criteo, STMicroelectronics et Total, qui pense y avoir son principal lieu de cotation, avant Paris.

Internationalisation du capitalisme

L'attraction de New-York ne cesse de croître : une liquidité mondiale, couplée au goût du risque des investisseurs. TotalEnergies cherche 10 milliards de dollars pour exploiter du gaz et du pétrole au Suriname : pas de problème. Il ne rencontrera pas à Wall Street trop d'écologistes opposés au pétrole, ni une surtaxe (dite temporaire et exceptionnelle), s'il décide de s'y installer.

Ce qui se passe là-bas illustre l'internationalisation du capitalisme, avec la concentration et la polarisation du capital qui obéissent à de très puissants aimants. Ce sont toujours les mêmes, et les meilleurs : liquidité de la place, notoriété, solidité de la monnaie, compétences juridiques, fiscalité attirante, acceptation du capitalisme. Ajoutons deux éléments qui creusent encore l'écart : un Président Trump plus business qu'aucun de ses prédécesseurs et une révolution technologique qui requiert plus d'ingénieurs, de protections et de ressources que jamais, dont Elon Musk est l'incarnation. Duo excessif peut-être, unique à coup sûr !

Les Bourses le disent : en 2024, le Cac 40 a perdu 2% et gagné 23% sur cinq ans, le Dow Jones gagné 13% sur un an et 49% sur cinq, le Nasdaq 30% sur un an et 144% sur cinq. Il y a, dans ce Nasdaq, ce qui explique presque tout : Apple, première capitalisation du monde avec 3.850 milliards de dollars, Nvidia, deuxième pour 3.400, Microsoft pour 3.100, Amazon pour 2.400, Broadcom pour 1.800 et Meta pour 1.600, sans oublier Tesla pour 1.270 !

On y trouve les nouveaux fleurons des ‘'Sept magnifiques'', encensés un temps par la presse financière pour leur fulgurante ascension. ‘'Un temps'' c'est le mot, tant les palmarès boursiers y changent à vive allure. Nous ne sommes plus dans les années 1960-1970 des Nifty Fifty, ces ‘'Cinquante Pimpantes'' qu'il fallait acheter… et garder. La vague portante devait suffire pour s'enrichir. Impossible maintenant : s'endormir, c'est mourir. Ainsi, les ‘'vieilles'' GAFAM du début de la révolution technologique mondiale de la communication ont fait une place à Nvidia : deuxième, sur deux ans. Et viennent NATU : Netflix, Airbnb, Tesla et Uber. Ce sont les nouveaux cinémas, hôtels, autos et taxis, métamorphosés par Internet : beaucoup moins de Gaumont, Hilton, BMW et de taxis locaux.

Des investisseurs "au parfum"

En Europe, on regarde, inquiets et taxeurs, ces nouveaux venus qui évincent nos produits de luxe, montres et berlines. On critique ces intrus, leur pouvoir monopolistique, les informations qu'ils amassent sur nous, au risque de nos libertés, sans oublier les profits qu'ils font et rapatrient aux USA !

Mais les investisseurs ‘'sont au parfum'' : ils vont à New York chercher des titres qui surperforment ceux d'ici, tandis que des fonds gérés aux États-Unis font ici leurs emplettes, où les titres sont moins chers. Ainsi, selon la Banque de France, au 31 décembre 2024, 18 des 35 sociétés françaises du CAC 40 étaient détenues par des non‑résidents à plus de 50%, 11 entre 30% et 50%, et 6 à moins de 30%. Symétriquement, les instances de direction reçoivent ici plus de dirigeants étrangers : 1/10 en 2015, 3/10 maintenant.

Question : comment créer un paradis boursier ici ?

7 commentaires

  • 12 janvier 09:56

    Les EU sont creuset de l'innovation, la France et l'Europe celui des impôts et des réglementations notamment écologistes qui étouffent l'activité et l'élan innovant. Les normes écologistes ont tué l'industrie chimique et pharmaceutique, l'industrie lourde, l'automobile, le bâtiment et le logement, etc. C'est la source la plus grave du déclin économique, social, et politique.


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