* Impact fiscal d'un milliard d'euros
* Des inquiétudes persistent
* L'action chute de 4,5%
par Christoph Steitz
FRANCFORT, 1er octobre (Reuters) - Thyssenkrupp TKAG.DE a
défendu lundi son projet de scission face aux doutes de certains
analystes, qui se demandent si cette initiative, qui entraînera
une charge fiscale d'un milliard d'euros, est suffisamment
ambitieuse.
Le conglomérat allemand a annoncé la semaine dernière son
intention de se muer en deux entités cotées, l'une, Thyssenkrupp
Industrials, concentrée sur les biens d'équipement (ascenseurs,
équipements automobiles et ingénierie industrielle) et l'autre,
Thyssenkrupp Materials, reprenant le reste des actifs du groupe,
dont les 50% dans la future coentreprise sidérurgique avec Tata
TISC.NS et la construction navale.
Le président du directoire de Thyssenkrupp, Guido Kerkhoff,
confirmé dimanche pour un mandat de cinq ans, a déclaré aux
analystes que la nouvelle structure réduirait la complexité et
apporterait plus de transparence pour les actionnaires.
Certains analystes estiment cependant que Thyssenkrupp
Industrials restera une entité complexe.
"Finalement, nous sommes passés d'un grand conglomérat à
deux plus petits conglomérats", a déclaré Cedar Ekblom, analyste
chez Bank of America Merrill Lynch.
"TK Industrials a trois divisions, qui sont toutes des
entreprises de biens d'équipement, mais en fin de compte, ce
sont des entreprises très différentes avec des marchés finaux
très différents."
Guido Kerkhoff a pour sa part insisté sur l'importance des
liens entre ces divisions.
"Il y a de la colle entre les trois", a-t-il déclaré. "Elles
dépendent toutes des mêmes grandes tendances dans le monde.
Elles dépendent toutes des compétences en matière d'ingénierie
et de service partout dans les entreprises."
L'action Thyssenkrupp a fini en repli de 4,51% à 20,76 euros
à la Bourse de Francfort, plus mauvaise performance de l'indice
Dax-30 .GDAXI et troisième plus forte baisse de l'indice
FTSEuroFirst 300 .FTEU3 .
SCISSION SUR LE MODÈLE D'E.ON
La scission de Thyssenkrupp constitue la plus importante
réorganisation du conglomérat allemand depuis le rapprochement
entre Thyssen et Krupp il y a 20 ans.
Elle représente aussi une grande victoire pour les fonds
activistes Cevian et Elliott. Ces derniers réclament depuis des
années des mesures concrètes de simplification de la structure
du groupe, dont les activités vont de la construction navale à
la conception et à l'entretien de sites industriels en passant
par les ascenseurs, afin d'en améliorer les performances
opérationnelles.
Les analystes soulignent cependant qu'une stratégie pour
l'activité du groupe reste nécessaire, malgré sa réorganisation
structurelle.
La scission de Thyssenkrupp est bâtie sur le modèle d'E.ON
EONGn.DE et d'Uniper dans lequel le premier a conservé une
participation minoritaire qui a fini par être cédée au
finlandais Fortum FORTUM.HE .
Il est prévu que Thyssenkrupp Materials procède rapidement à
la vente de sa participation minoritaire dans Thyssenkrupp
Industrials qu'il détiendra à l'issue de la scission.
"Le plus tôt sera le mieux", a déclaré Guido Kerkhoff.
"Thyssenkrupp Materials est viable sans la participation
dans Thyssenkrupp Industrials", a-t-il ajouté.
Les actionnaires doivent encore se prononcer sur cette
scission, censée intervenir début 2019.
(Claude Chendjou pour le service français, édité par Bertrand
Boucey)
Thyssenkrupp défend sa scission face aux sceptiques
information fournie par Reuters 01/10/2018 à 20:13
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