(Actualisé tout du long avec détails)
par Diana Mandia
Les rendements obligataires de la France grimpent lundi dans la matinée, après un week-end marqué par des violences et des pillages dans les rues des principales villes du pays, en marge des manifestations où se mêlaient revendications des lycéens et mécontentement face à la hausse du coût de la vie.
Le rendement de l'OAT à dix ans FR10YT=RR progresse de 7,2 points de base pour s'établir à 4,8529%, alors que son équivalent allemand de même échéance, n'affiche qu'une légère hausse.
L'écart avec le rendement des obligations d'État allemandes, un indicateur de marché de la prime de risque exigée par les investisseurs pour détenir de la dette française, se creuse à nouveau, pour s'établir à 142 points de base (pdb).
Il a atteint 145 pdb plus tôt lundi, son plus haut niveau depuis deux semaines, même s'il reste encore loin du pic de près de 160 points de base enregistré début octobre.
C'est également début octobre que le rendement des obligations françaises à 10 ans a atteint 4,99%, son plus haut niveau depuis 2002, les investisseurs se montrant méfiants face au gonflement inexorable de la dette du pays, dans un contexte de tensions généralisées sur les marchés des taux dans le monde.
Les craintes d'instabilité politique viennent en effet s'ajouter à une situation financière déjà tendue, alors que l'Assemblée nationale débat actuellement d'un projet de budget pour 2027 dont l'avenir est incertain.
"Ce week-end ajoute une couche supplémentaire de risque politique pour les marchés", estiment les analystes de Deutsche Bank dans une note publiée lundi.
Les opérateurs surveillent tout particulièrement si les tensions sur le marché obligataire français pourraient entraîner des répercussions sur d'autres pays de la zone euro présentant un niveau d'endettement élevé, notamment l'Italie, où le rendement du titre à 10 ans IT10YT=RR prend 5,4 points de base lundi, à 4,5304%.
Les inquiétudes liées à la politique française pèsent sur les actions du CAC 40, l'indice phare de la Bourse de Paris, qui reculait de 1,26% à 08h29 GMT, et exercent une pression sur l'euro, qui s'affaiblit de 0,3% pour s'établir à 1,1205 dollar.
L'agence de notation Moody's actualisera par ailleurs vendredi la note de crédit de la France.
Les analystes de la Commerzbank soulignent toutefois qu'une dégradation de la note ne ferait que l'aligner Moody's sur les autres agences, de sorte que l'impact sur la dette souveraine française serait limité.
(Rédigé par Diana Mandiá; avec Amanda Cooper et Alun John ; édité par Benoit Van Overstraeten)

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