(Zonebourse.com) - C'était le moment "monétaire" le plus attendu de la semaine et les attentes n'ont pas été déçues : Kevin Warsh a pris la parole à Jackson Hole et n'a pas mobilisé l'assistance pendant 10 minutes pour ne rien dire. La FED a des priorités et il semble bien que Kevin Warsh s'en tienne au plan dont il avait dessiné les contours lors de son audition devant les commissions bancaires du Congrès : il ne laissera pas les marchés s'accrocher au scénario d'une "inflation transitoire" comme en 2021, ce qui avait conduit en quelques mois les prix d'une pente de 2% annuelle à 8,5%, au seuil de l'hyperinflation.
Les taux obligataires américains se tendent vendredi et le scénario d'un resserrement de politique monétaire se renforce après les déclarations du président de la Réserve fédérale (Fed) à Jackson Hole au sujet de l'inflation.
Kevin Warsh a indiqué que les conditions de financement n'étaient pas restrictives actuellement et que les derniers chiffres de l'inflation ne montrent aucun signe d'une amélioration de la tendance d'ici l'automne, après une brève embellie en juin.
Dès la mi-juillet, la trajectoire des T-Bonds a démontré que la fête était finie (malgré un CPI et un PPI "encourageants"), le pétrole ayant repris une trajectoire ascendante quasi verticale entre le 6 et le 23 juillet.
Kevin Warsh ne laisse la place à aucune ambiguïté : "Nous devons être convaincus que l'inflation sous-jacente tend vers notre objectif et à une vitesse suffisante : il y a encore du travail."
Et ce travail de la FED devrait consister à relever les taux sans perdre de temps : le baromètre FedWatch du CME prend un coup de chaud et l'hypothèse d'une hausse de 25Pts mi-septembre fait d'un coup consensus à 60% (la probabilité d'un statu quo voit sa probabilité chuter à 40%).
C'est un renversement à 180° des anticipations en 24H, avec des proportions parfaitement identiques mais dans un sens opposé.
Du coup, le rendement des T-Bonds se tend de telle sorte que des sommets de plusieurs décennies sont de nouveau tutoyés : le T-Bond à 2 ans, le plus réactif aux options monétaires de la Fed, s'envole de 10 points à 4,34%, le "10 ans" rajoute 4 points de base, à 4,71% (les 4,75% ne sont plus très loin), le "30 ans" se montre un peu plus résilient mais prend 3Pts vers 5,203%, après avoir plafonné à 5,2130%.
En Europe, les investisseurs se sont convaincus en quelques seconds cet après-midi que la BCE ne pouvait pas faire autrement que d'imiter la FED lors de sa prochaine réunion : le rendement de nos OAT bondit de 5Pts à 4,217%, ainsi que les BTP italiens à 4,112%, le "Bund" suit avec 4Pts à 3,287% (sa pire marque de l'année 2026), ce qui comprime en 48H le "spread" avec nos OAT de -2Pts vers 83Pts.
Ce n'est que nos finances publique s'améliorent, c'est le fait que les opérateurs s'allègent sur les émissions en Euro, et les Bunds s'étaient montrés les plus résilients dans un contexte de taux manifestement négatif depuis le 5 août (leur rendement étant passé de 3,1% à 3,20% le 25 août alors que nos OAT étaient passées de 3,88% à 4,05% ( 17Pts).*
Outre-Manche, les "Gilts" font plutôt bonne figure avec seulement 3,8Pts à 5,0780%, contre 4,89% le 5 août (soit 18Pts, un écart comparable à nos OAT.
Enfin, mais ce n'est pas le plus anodin : le rendement du "10 ans" japonais a bondi ce matin de 5,2Pts vers 2,944%, égalant sa pire marque annuelle et historique (40 ans) du 18 août dernier.
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