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Semaine noire pour les grandes places mondiales

Boursorama21/08/2015 à 18:49

De nombreux indicateurs décevants, notamment en Chine, ont de nouveau poussé les marchés à la baisse cette semaine.

Les grands indices boursiers ont connu une semaine très négative du 17 au 21 août. En France, le CAC40 a perdu 6,57% en cinq séances, avec notamment une séance de vendredi en chute de 3,19%. Plusieurs sujets ont simultanément inquiété les investisseurs. Retour sur une semaine sous tension.

L’été est rarement de tout repos pour les investisseurs, et l’année 2015 démontre une fois de plus ce constat. L’indice parisien a chuté de 6,57% cette semaine, une chute hebdomadaire qui ne s’était plus vue depuis décembre 2014, période alors marquée par la chute du pétrole et de l’économie russe.

Les investisseurs sont restés nerveux toute la semaine. La dynamique baissière, déjà entamée la semaine précédente avec la dévaluation surprise du yuan, s’est nettement accentuée ces derniers jours.

Les volumes sont restés relativement modérés, alors qu’un certain nombre d’investisseurs sont restés loin de leur poste en cette troisième semaine d’août.

La semaine a été caractérisée par une accumulation d’indicateurs économiques décevants, nourrissant la défiance des investisseurs.

Une semaine allant de mal en pis

Lundi, le PIB japonais est ressorti en baisse significative au second trimestre (-1,6% en rythme annualisé), un chiffre ayant rappelé aux investisseurs les fragilités de l’économie nipponne où la consommation ne se relève toujours pas depuis la hausse de TVA décidée il y a plus d’un an. Surtout, l’indice d’activité industrielle Empire State aux Etats-Unis est ressorti à son plus bas niveau depuis 2009, surprenant les investisseurs qui peinaient à s’expliquer la raison réelle de cette baisse conjoncturelle.

Mardi, un indice a montré que les prix de l’immobilier continuaient leur contraction en Chine, alimentant les inquiétudes sur l’économie du pays. Ces craintes se sont amplifiées dans les séances suivantes.

Mercredi, les stocks de pétrole américains sont ressortis à un niveau plus haut qu’attendu, reflétant une fois de plus de déséquilibre entre une offre toujours plus abondante, et une demande dont les perspectives deviennent incertaines à court terme. La Chine étant le premier importateur de pétrole au monde, les difficultés chinoises ont participé à la poursuite de la chute des prix de l’or noir.

Jeudi, les marchés européens ont réagi dès le début de séance au compte-rendu du FOMC (organe en charge de la politique monétaire américaine) publié mercredi soir aux Etats-Unis. Le compte-rendu a été jugé très ambigu, laissant les investisseurs dans l’inconnu vis-à-vis d’une possible hausse du taux directeur de la Fed en septembre. Il semble de plus en plus probable que cette hausse des taux soit repoussée à décembre au lieu de septembre, mais cette perspective n’a pas permis de rassurer les investisseurs, qui s’inquiétaient également d’une rechute de la bourse de Shanghai observée pendant la nuit.

Vendredi, l’indice PMI d’activité industrielle du mois d’août en Chine a mis plus que jamais le feu aux poudres, en s’affichant à un niveau encore plus bas que celui anticipé par le consensus des analystes, pourtant déjà très prudents dans leurs prévisions.

Conjonction de facteurs

La conjonction de ces facteurs, souvent liés les uns aux autres, a entraîné l’ensemble des places financières mondiales dans une spirale baissière très marquée, notamment en fin de semaine. Le cœur des inquiétudes s’est indéniablement concentré sur la Chine, dont les investisseurs perçoivent plus que jamais les faiblesses.

Le doute sur l’économie chinoise n’est pas nouveau : cela fait depuis la mi-juin que la Chine est surveillée avec attention. Le pays a connu un krach boursier en juin-juillet, difficilement jugulé par les autorités chinoises malgré l’emploi de mesures drastiques. Ce krach faisait suite à une progression déraisonnable des indices chinois en 12 mois. Depuis juillet, ce sont désormais les indicateurs d’activité industrielle qui ne cessent d’inquiéter en Chine.

Comme nous l’expliquions jeudi, il semble encore difficile d’estimer dans quelle mesure ce ralentissement chinois est susceptible, ou non, d'impacter à moyen terme les autres économies mondiales, mais ce risque semble être pris en compte avec de plus en plus de sérieux par les investisseurs.

La baisse du pétrole laisse par ailleurs craindre une recrudescence des risques déflationnistes, notamment en Europe. L’inflation reste encore très proche de 0% en zone euro, et ressort négative dans presque la moitié des pays-membres malgré le plan de relance de la BCE. Ce dernier semble peiner à véritablement contrer ce risque déflationniste et relancer la croissance comme cela était espéré en début d’année.

Malgré cette accumulation de facteurs négatifs, Jean-Louis Mourier d’Aurel BGC expliquait vendredi matin dans nos colonnes que « le potentiel de baisse reste limité » sur les grands indices boursiers. Ce potentiel était estimé entre 3% et 5% par l'économiste. L’indice CAC40 a néanmoins eu le temps de perdre environ 2,5% entre la publication de cette réaction et la clôture de la dernière séance de la semaine. Jean-Louis Mourier rejetait en tout cas l’idée que les indices européens puissent connaître un véritable krach dans les jours à venir. Affaire à suivre.

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

Retrouvez les principaux articles de la semaine :

- Les marchés européens terminent en ordre dispersé à cause de l'industrie américaine décevante (lundi)

- Chine et Japon : les incertitudes économiques continuent de pénaliser les marchés (mercredi)

- Le pétrole poursuit son inexorable chute, la barre des 40 dollars est surveillée (jeudi)

- Chute des marchés européens dans un contexte d'accumulation des doutes (jeudi)

- Inquiétudes sur les marchés : "le potentiel de baisse reste limité" (Jean-Louis Mourier) (vendredi)

Retrouvez tous les articles de la rédaction de Boursorama dans la rubrique dédiée.

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