* L'indépendance de Scor est la clé de son succès-Kessler
* Covéa manque d'expérience à l'étranger et dans la
réassurance-Kessler
(Actualisé avec conférence analystes, précisions, commentaire,
cours)
par Inti Landauro
PARIS, 5 septembre (Reuters) - Le PDG du réassureur Scor
SCOR.PA , Denis Kessler, a justifié mercredi son rejet de
l'offre d'achat émanant de l'assureur mutualiste Covéa par la
nécessité pour son groupe de rester indépendant et coté au nom
de sa performance.
Scor a rejeté la semaine dernière une offre amicale de
Covéa (GMF, MAAF et MMA) qui le valorise autour de 8,2 milliards
d'euros. Covéa en a pris acte, tout en réaffirmant son intérêt
pour une offre amicale.
Denis Kessler a déclaré que le fait d'être une entreprise
indépendante, sans actionnaire de contrôle, a justement permis à
Scor de rebondir plus rapidement après la crise sévère qu'a
connue le secteur de l'assurance dans le sillage des attentats
du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.
Il a ajouté que sa capacité à gérer plus directement les
risques était déterminante sur le long terme pour conquérir de
nouveaux clients et conserver les anciens.
"(C'est) la recette secrète", a déclaré le PDG de Scor au
cours d'une journée investisseurs à Paris. "Nous devons rendre
des comptes pour tout ce que nous faisons."
Denis Kessler a également insisté sur le fait qu'en tant
qu'entreprise globale, Scor a besoin d'actionnaires globaux,
impliquant ainsi qu'un rachat par Covéa, vu la forte exposition
de l'assureur à la France, ne constitue pas le bon scénario.
Ces propos visent à convaincre les actionnaires de Scor de
soutenir le PDG dans son rejet de l'offre de Covéa. PDG du
réassureur depuis 2002, Denis Kessler peut inscrire à son bilan
un bond de 340% du cours de l'action Scor depuis 2009.
L'annonce mardi de l'existence d'une offre de Covéa a fait
flamber l'action du réassureur de 9,5%. Mercredi, le titre Scor
reperd 2,7% en début d'après-midi.
Au cours de la présentation aux analystes, programmée de
longue date, Denis Kessler a déclaré s'attendre à une croissance
annuelle de 5% à 7% des primes brutes émises du groupe en 2018
et 2019, et à ce que celles-ci dépassent la barre des 15
milliards d'euros cette année.
Au vu de ces prévisions, Panos Koffa, analyste chez Kepler
Cheuvreux, a dit maintenir sa recommandation à l'achat sur la
valeur. "Les fondamentaux sains du groupe demeurent, selon moi,
la principale raison d'investir dans Scor."
Le groupe a également fait savoir que tous les membres de
son conseil d'administration avaient voté contre l'offre de
Covéa, à l'exception de Thierry Derez, PDG de Covéa et lui-même
administrateur car l'assureur est le principal actionnaire de
Scor avec 8,22% du capital. Il a dû s'abstenir du débat pour ne
pas être accusé de conflit d'intérêt.
Outre un désaccord sur la valeur de l'opération, Denis
Kessler a également pointé du doigt le manque d'expérience de
Covéa hors des frontières françaises et dans le secteur de la
réassurance.
Aucun commentaire n'a pu être obtenu mercredi auprès de
l'assureur.
La présentation de Scor: https://bit.ly/2Nd1c3R
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La présentation: https://bit.ly/2Nd1c3R
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(Inti Landauro et Gilles Guillaume, édité par Jean-Michel
Bélot)
Scor-Kessler brandit l'argument de l'indépendance face à Covéa
information fournie par Reuters 05/09/2018 à 14:02
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