( AFP / RONNY HARTMANN )
Le premier groupe d'armement allemand Rheinmetall a promis jeudi un essor de son activité et des commandes dans les prochains mois, après avoir enregistré au premier trimestre une croissance nettement en dessous de ses objectifs annuels, néanmoins maintenus.
"Une nette accélération de la croissance (des ventes) est attendue au deuxième trimestre", selon Rheinmetall, qui pointe que le premier trimestre 2025 (la base de comparaison) avait été particulièrement solide grâce à des "effets d'anticipation", selon un communiqué.
Pour 2026, le groupe de Düsseldorf (ouest) table toujours sur une croissance annuelle de ses ventes comprise entre 40 et 45%, comme il l'a indiqué lundi soir lors de la divulgation de résultats préliminaires.
"Globalement, nous sommes sur la bonne voie pour atteindre nos objectifs annuels ambitieux", a promis Armin Papperger, président du directoire du groupe, dans le communiqué.
Vers 13H00 GMT, l'action Rheinmetall chutait néanmoins de 3,27% à la Bourse de Francfort, entraînant à lui seul l'indice Dax dans le rouge.
De janvier à mars, le résultat opérationnel du fabricant de munitions, d'artillerie et de véhicules militaires a progressé de 17% sur un an, à 224 millions d'euros, moins qu'attendu par le consensus sondé par Factset.
Le chiffre d'affaires a augmenté de 8%, à 1,94 milliard d'euros, alors que les analystes anticipaient 2,2 milliards.
En plein essor depuis le début de la guerre en Ukraine, le fabricant d'armement tire parti de la forte hausse des budgets de défense en Europe face à la menace russe et de l'instabilité mondiale croissante.
Au premier trimestre, les ventes dans les branches principales - armes et munitions d'une part, véhicules d'autre part - ont faiblement progressé, tandis que les systèmes numériques et de défense aérienne ont été plus dynamiques.
Par ailleurs, les prises de commandes se sont établies à 4,9 milliards d'euros au premier trimestre, 55% de moins que le niveau "exceptionnel" atteint au premier trimestre 2025.
"Nous tablons sur des commandes de grande ampleur dans le domaine naval et dans les véhicules" au deuxième trimestre, pour un total de 20 milliards d'euros, a indiqué M. Papperger en conférence de résultats.
Le contrat le plus important sera "certainement" celui des frégates F126, en cours de négociation avec le ministère de la défense, avance le patron.
Rheinmetall exige de Berlin plus de 10 milliards d'euros pour prendre en main ce dossier brûlant, initialement confié au constructeur néerlandais Damen Naval en 2020 mais sans cesse repoussé.
Pour élargir ses activités dans le domaine maritime, un objectif central de 2026, le groupe a indiqué mercredi avoir soumis une offre non contraignante pour acquérir le chantier naval German Naval Yards basé à Kiel.
Il se positionne ainsi face à TKMS, la branche maritime du conglomérat Thyssenkrupp.
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