Sur un horizon long, la rentabilité moyenne du placement prend largement le pas sur le montant de capital mis de côté. Démonstration en chiffres...
Ce mois-ci, l'Allemagne a annoncé la mise en place d'un dispositif de capitalisation au profit des enfants âgés de 6 à 18 ans. A cette occasion, quelques chiffres n'ont pas manqué d'attirer l'attention. En ne versant que 10 euros par mois (durant 12 ans), l'Etat dit qu'il permettra aux bénéficiaires de disposer d'un capital de 53.000 euros à 65 ans. Autrement dit, 1.440 euros versés permettront d'obtenir presque 37 fois plus.
Il ne s'agit pas d'une erreur. Ce cas illustre simplement l'effet démultiplicateur que peut avoir la capitalisation dans le temps et que chacun peut mettre en pratique à son niveau.
100 euros par mois durant 40 ans
Prenons l'exemple d'un particulier mettant 100 euros de côté chaque mois durant l'essentiel de sa vie active, soit 40 ans. Son effort d'épargne total atteindra 48.000 euros, mais il aura bien plus à terme s'il place ce capital de manière pertinente.
Imaginons qu'il se contente d'un placement offrant 2% par an. Son capital à terme sera de près de 73.500 euros. S'il monte le curseur à 3,15% de rendement annuel moyen, il aura in fine 96.000 euros. Autrement dit, l'effet de la capitalisation sera aussi important que son effort d'épargne. Et s'il place son argent à 7%, c'est-à-dire au taux pris en exemple dans le cas allemand ? Son capital final après 40 ans approchera des 262.500 euros, soit plus de cinq fois la somme économisée.
Quel taux ambitionner ?
Ce petit exemple montre bien à quel point il est important de placer dans la durée et surtout d'aller chercher du rendement. Mais quel taux est-il raisonnable de prendre en considération pour obtenir un couple rendement/risque cohérent ?
Bien entendu, il serait stupide de mettre en risque un capital censé offrir un complément de retraite. Pour autant, il ne faut pas non plus oublier que plus le placement est long, plus il permet d'absorber les accidents de parcours. En d'autres termes, plus l'horizon est lointain, plus on peut se permettre d'aller vers des supports dynamiques comme les actions.
L'exemple du CAC 40
Dans ce schéma, les 7% pris en exemple par les Allemands sont loin d'apparaître absurdes. Une étude de Zonebourse parue la semaine dernière montre en effet que le CAC 40 (dividendes réinvestis) a rapporté en moyenne 7,83% par an depuis sa création... pour des durées d'investissement de seulement 10 ans.
Si on regarde un intervalle d'investissement plus long (30 ans entre fin 1995 et fin 2025), la performance annuelle moyenne passe même à 8,3%, malgré la bulle internet du début des années 2000 ou la crise de 2008.
Ne pas négliger l'inflation
Sur une période longue, la recherche de performance est d'autant plus judicieuse qu'elle doit aussi permettre de contrer l'érosion monétaire. Le pouvoir d'achat d'un capital donné ne sera en effet pas le même dans 40 ans qu'aujourd'hui. Mieux vaut en tenir compte pour éviter les désillusions.
Une inflation annuelle moyenne de 2% signifie par exemple qu'à terme, les prix auront été multipliés par plus de 2,2. En économisant 100 euros par mois pendant 40 ans à 3,15%, un épargnant aura bien 96.000 euros à terme. Toutefois, si l'inflation moyenne est de 2% par an, ce capital aura un pouvoir d'achat équivalent à 43.500 euros d'aujourd'hui. Avec un rendement annuel de 7%, le capital final de 262.500 euros offrira en revanche le même pouvoir d'achat que 119.000 euros actuels.
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