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REPORTAGE-Le lanceur Ariane, ou l'Europe qui marche
Reuters30/04/2019 à 11:28

    * Un succès stimulé par l'Union européenne
    * Premier vol d'Ariane 6 en 2020
    * L'espace est en ébullition avec de nouvelles ambitions
    * ArianeGroup plaide pour des vols habités européens

    par Yves Clarisse
    VERNON, Eure/LES MUREAUX, Yvelines, 30 avril (Reuters) - "Ce
que vous avez devant vous, ce n'est pas un moteur, c'est
l'Europe", dit Philippe Girard, responsable propulsion liquide
d'ArianeGroup, devant le moteur Vulcain qui équipe la fusée
Ariane 5 et qui, dans une version légèrement modifiée, enverra
dès 2020 le nouveau lanceur Ariane 6 sur orbite.
    Avant d'ajouter, à moins d'un mois des élections européennes
du 26 mai : "Et c'est l'Europe qui marche."
    Dans l'immense domaine de Vernon (Eure), 130 hectares de
zone boisée qui permettent notamment d'essayer les moteurs dans
un bruit d'enfer pour éviter les mauvaises surprises au moment
des lancements à Kourou (Guyane), Philippe Girard explique que
la chambre de combustion du Vulcain est fabriquée en Allemagne
et la turbo-pompe en France. "Nous n'avons jamais fait des
chambres de combustion et les Allemands n'ont jamais fait des
turbo-pompes", a-t-il expliqué à quelques journalistes.
    Le succès d'ArianeGroup, co-entreprise détenue à parts
égales par Airbus  AIR.PA  et Safran  SAF.PA , est souvent cité
en exemple, tout comme celui d'Airbus, par les souverainistes
dont la présidente du Front national Marine Le Pen, comme la
preuve que la simple coopération intergouvernementale est aussi
efficace que la grosse machine de l'Union européenne.
    Pour le nouveau PDG du groupe, André-Hubert Roussel, c'est
méconnaître le fait que c'est l'Union européenne et ses budgets
qui financent aussi la constellation Galileo de satellites de
géo-positionnement et l'ambition spatiale européenne.
    "Il y a une prise de conscience européenne", dit-il dans ses
installations des Mureaux (Yvelines), en évoquant le fait que la
Commission européenne a proposé de consacrer à l'espace 16
milliards d'euros de 2021 à 2027, contre 10 milliards engagés
dans les "perspectives financières" pluriannuelles en cours.
    "Il y a un risque de décrochage si l'Europe ne se dote pas
d'une ambition et de moyens pour servir cette ambition."
    
    L'ESPACE EN ÉBULLITION
    Pour le PDG de ce groupe qui emploie 9.000 personnes et est
maître d'oeuvre du programme Ariane 6 pour le compte de l'Agence
spatiale européenne (ESA), l'espace est en effet en ébullition. 
    L'émergence du lanceur privé et réutilisable SpaceX de
l'Américain Elon Musk, directeur général de Tesla  TSLA.O ,
l'arrivée sur le marché de Jeff Bezos, le fondateur et PDG
d'Amazon  AMZN.O , la volonté affichée par Donald Trump
d'envoyer des hommes sur Mars, qui inondera de subventions les
groupes américains, l'irruption des Chinois et des Indiens, qui
ont montré leur capacité à détruire un satellite en orbite, et
l'explosion des services devraient selon André-Hubert Roussel
inciter l'Europe à préserver son "autonomie stratégique".
    L'année 2018, qui a connu un record mondial avec quelque 120
lancements de fusées, a montré à quel point les Etats-Unis (35
lancements), la Chine (39) étaient montés en puissance par
rapport à l'Europe (11 lancements), essentiellement en raison de
l'envoi dans l'espace de satellites militaires.
    "Les vieux acteurs comme nous sont potentiellement
disruptés", estime le PDG d'ArianeGroup, même s'il insiste sur
le fait qu'Ariane est le leader des lancements sur le secteur
"ouvert", c'est-à-dire commercial, et que les 11 lancements
effectués en 2018 correspondent aux besoins européens.
    
    A L'HORIZONTALE
    Pour mieux résister à la concurrence mondiale, ArianeGroup
compte notamment sur la construction de l'Europe de la défense,
désormais dotée d'un fonds, et plaide pour que l'Europe se dote
d'une "ambition d'exploration", d'abord vers la lune.
    "Il n'y a qu'en Europe qu'on demande aux lanceurs de se
financer sur le commercial", dit Gilles Debas, directeur des
services de lancement d'Ariane 6, en précisant que le poids de
la commande publique pèse 500 millions d'euros par an pour
Ariane et 5 milliards de dollars aux Etats-Unis. "Il faut
remettre les vols habités sur la carte européenne."
    Mais pour l'instant, aux Mureaux comme à Vernon, tous les
regards sont tournés vers le premier lancement d'Ariane 6 en
juillet 2020, après plus de cent lancements réussis par Ariane 5
dont les derniers exemplaires sont en cours de montage.
    Aux Mureaux, un site situé le long de la Seine qui fut
choisi il y a cent ans par l'Aérospatiale pour construire des
hydravions grâce à la proximité d'une longue ligne droite du
fleuve, partent par bateau les pièces des fusées, direction Le
Havre avant de se diriger vers la Guyane à bord du Colibri.
    Dans un immense hangar flambant neuf construit pour
assembler à l'horizontale les pièces des Ariane 6 - celles des
Ariane 5 le sont à la verticale, compliquant la manipulation et
obligeant à construire des usines beaucoup plus hautes -, les
machines ultra-modernes sont en train d'être montées.
    "SpaceX fait tout à l'horizontale, on était en retard", dit
le concepteur de l'espace, Cédric Guillaume.
    On trouve notamment dans cette usine un immense outil de
"technosoudage par friction-malaxage" qui permet de créer les
énormes réservoirs contenant l'hydrogène et l'oxygène propulsant
les moteurs d'Ariane 6, avec une qualité de soudure sans égale.
    L'Ariane 6, qui sera capable de lancer un ou deux gros
satellites aussi bien que des constellations comme Galileo ou
OneWeb, et est le fruit de la coopération industrielle de 13
pays, contre 12 pour Ariane 5, pourra éventuellement amorcer le
virage de la réutilisation, comme le fait SpaceX.
    Et à Vernon, on prépare déjà le moteur Prometheus qui, à
l'horizon 2030, doit permettre de répondre à tous les besoins -
y compris la réutilisation - tout en permettant une réduction
des coûts d'un facteur 10, à un million d'euros par moteur,
grâce à l'impression de ses éléments en 3D.

 (Edité par Danielle Rouquié)
 

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