Un écran affiche des informations sur les marchés financiers à la Bourse de Londres
par Claude Chendjou
Wall Street est attendue en hausse jeudi à l'ouverture et les Bourses européennes, hormis Francfort, progressent également à la mi-séance malgré une aggravation des tensions au Moyen-Orient, les investisseurs restant concentrés sur l'évolution de la politique monétaire au lendemain de la décision de la Réserve fédérale américaine (Fed) et à l'approche de celles de la Banque d'Angleterre (BoE) et de la Banque du Japon (BoJ).
La saison des résultats d'entreprises se poursuit par ailleurs, notamment dans les nouvelles technologies, au lendemain de la publication des comptes trimestriels de Microsoft et de Meta, tandis que ceux d'Apple et d'Amazon sont attendus après la clôture de Wall Street. Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en hausse de 0,25% pour le Dow Jones, de 0,45% pour le Standard & Poor's 500 et de 0,93% pour le Nasdaq au lendemain d'une séance dans le rouge.
À Paris, le CAC 40 gagne 0,82% à 8.476,97 points vers 10h30 GMT. À Francfort, le Dax recule de 0,17%, pénalisé notamment par Adidas et le compartiment de la consommation. A Londres, le FTSE prend 0,16%.
L'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 progresse de 0,27% et l'EuroStoxx 50 de la zone euro de 0,64%. Le Stoxx 600, porté par les ressources de base, l'industrie et la finance, avance de 0,33%
Sur le plan géopolitique, les Etats-Unis ont annoncé avoir frappé des dizaines de cibles des Gardiens de la révolution islamique en Iran dans la nuit de mercredi à jeudi, notamment des centres de commandement militaires et des installations de drones, en réponse à des tirs de missiles balistiques de Téhéran contre les forces américaines au Moyen-Orient.
Cette intensification d'une guerre entamée il y a cinq mois et qui s'étend désormais au-delà de ses principaux fronts, embrasant d'autres pays de la région, ne semble pas inquiéter les investisseurs, au-delà du renchérissement des cours du pétrole.
En témoigne le recul des indices de la volatilité avec un VIX américain retombé sous la barre des 20 points (-4,16%), tandis que son équivalent sur l'Eurostoxx 50 s'affiche à environ 18 points.
Le marché analyse plutôt la décision de la Fed de laisser à nouveau l'objectif de taux des "fed funds" à son niveau actuel, dans une fourchette de 3,50% à 3,75%, malgré la reprise des hostilités entre les Etats-Unis et l'Iran. Son président, Kevin Warsh, a cependant réaffirmé l'engagement indéfectible de la banque centrale à ramener l'inflation à 2%, sans plus de précisions.
Après la Fed, la BoE doit rendre à 11h00 GMT sa décision de politique monétaire et un statu quo sur les coûts d'emprunt est attendu avec un taux directeur principal maintenu à 3,75%. La BoJ se prononcera vendredi et devrait elle aussi opter pour un taux directeur principal inchangé, à 1,0%.
En attendant ces annonces de politique monétaire, une nouvelle salve de résultats d'entreprises anime les échanges en Europe et devrait influer sur l'ouverture de Wall Street.
Un bond de près de 8% est attendu sur l'action Microsoft, le groupe ayant dépassé les attentes de Wall Street concernant la croissance trimestrielle de son chiffre d'affaires lié à l'informatique dématérialisée ("cloud").
Une chute de 8,5% est prévue sur le titre Meta, la maison mère de Facebook ayant fait état mercredi d'un effondrement de sa génération de trésorerie au deuxième trimestre.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
Apple et Amazon doivent publier leurs résultats respectifs jeudi après la cloche.
Microsoft bondit avant l'ouverture de Wall Street, l'essor du "cloud" et des perspectives de dépenses d'investissement modérées alimentant l'optimisme des investisseurs.
Meta s'effondre avant l'ouverture de la Bourse, les dépenses liées à l'IA pesant sur son flux de trésorerie disponible.
Qualcomm chute de 4,4% en avant-Bourse, le groupe anticipant un bénéfice trimestriel inférieur aux prévisions en raison notamment d'une baisse des ventes liées à Apple.
VALEURS EN EUROPE
Société générale grimpe de près de 6% après avoir dépassé les attentes au deuxième trimestre, l'activité de banque de détail compensant la banque d'investissement.
Renault recule de 0,40% malgré une forte hausse de son chiffre d'affaires au premier semestre. Le résultat net est cependant ressorti inférieur au consensus.
Stellantis cède 3,95% après un résultat d'exploitation trimestriel en dessous des attentes.
Airbus abandonne 1,54%, alors même que l'avionneur européen a publié des résultats trimestriels supérieurs aux attentes.
L'Oréal monte de 2,88%, le numéro un mondial de cosmétiques ayant annoncé des ventes supérieures aux attentes au titre du deuxième trimestre.
Bouygues s'envole de 6,20% après avoir fait état d'un chiffre d'affaires semestriel légèrement supérieur aux attentes.
Schneider Electric décolle de 8,04%, le fabricant français d'équipements électriques ayant relevé son objectif de croissance de l'Ebita 2026.
Bouygues bondit de 6,32% après un chiffre d'affaires semestriel légèrement supérieur aux attentes.
SCOR avance de 3,35%, touchant un record, après un résultat net au-dessus des attentes au titre du deuxième trimestre.
Adidas dévisse de 17,81%, en queue du Stoxx 600, les résultats inférieurs aux attentes venant ternir la révision à la hausse des prévisions de chiffre d'affaires.
Shell gagne près de 1%, son bénéfice net ayant plus que doublé au deuxième trimestre.
Campari progresse de 2,87%, le producteur italien de spiritueux ayant publié des résultats du premier semestre supérieurs aux attentes et relevé ses prévisions pour l'année grâce à un impact moindre des droits de douane.
BBVA s'octroie 3,02% après avoir agréablement surpris avec un nouveau programme de rachat d'actions suite à un bénéfice net trimestriel meilleur que prévu.
TAUX
Les rendements obligataires souverains aux Etats-Unis montent alors que les déclarations floues du président de la Fed ont laissé les investisseurs perplexes quant à la trajectoire des taux, les incitant à rechercher une assurance supplémentaire contre les risques d'inflation futurs.
Les mesures de marché des anticipations d'inflation ont bondi après la réunion de la Fed, poussant les swaps d'inflation à cinq ans à enregistrer la plus forte hausse en une séance depuis novembre 2024, à 2,4%.
Kevin Warsh a promis de contenir l'inflation, mais a refusé de donner la moindre indication sur les mesures que devrait prendre la banque centrale.
"Tenir des propos 'hawkish' (restrictifs) sans agir en conséquence nuit à la crédibilité de la Fed", explique Ed Yardeni, président de Yardeni Research, dans une note.
Le rendement des Treasuries à 30 ans a ainsi atteint jeudi son plus haut niveau en 19 ans, s'affichant à 5,239%, un sommet inédit depuis la mi-2007.
Celui a dix ans et à deux ans ressortent respectivement à 4,70%, en hausse de 7,9 points de base, et à 4,26%, en progression de trois points.
En zone euro, les rendements suivent la tendance avec un taux du Bund allemand à dix ans qui monte de 2,2 points de base, à 3,17%, et un deux ans qui se traite à 2,78%, en hausse d'environ deux points.
Le rendement du Gilt britannique à dix ans se tend également, à 5,04%, avant la décision de la Banque d'Angleterre.
CHANGES
Le dollar est pratiquement stable (-0,06%) face à un panier de devises internationales, se maintenant proche de son sommet d'un mois, après le statu quo sur les taux décidé par la Fed et les nouvelles frappes aériennes américaines contre l'Iran.
Le billet vert pourrait réagir davantage avec la publication de l'indice des dépenses de consommation des ménages aux Etats-Unis, attendu à 12h30 GMT. Les économistes prévoient que cet indice montrera un ralentissement des pressions inflationnistes en juin, à 3,7% sur un an, après +4,1% en mai, en raison de l'atténuation des coûts de l'énergie durant la brève détente entre l'Iran et les Etats-Unis.
L'euro est pratiquement inchangé (-0,01%), à 1,1464 dollar, après une statistique montant que l'économie du bloc a rebondi plus que prévu au deuxième trimestre grâce à l'IA et aux dépenses publiques.
La livre sterling s'échange à 1,3379 dollar (+0,07%), avant la décision à 11h00 GMT de la BoE.
Le yen se négocie autour de 163,5 pour un dollar, en légère baisse, à la veille de la décision de la Banque du Japon.
PÉTROLE
Le marché pétrolier se raffermit jeudi, pour la deuxième séance consécutive, alors que les Etats-Unis ont repris leurs frappes contre l'Iran, alimentant la crainte d'une perturbation des approvisionnements en brut.
Le Brent progresse de 0,73% à 91,40 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) monte de 0,10% à 84,52 dollars.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 30 JUILLET :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
DE 12h00 Inflation IPCH (flash) juillet +0,8% -0,2%
- sur un an +2,8% +2,4%
USA 12h30 PIB (1e estimation) T2 +2,1% +2,1%
USA 12h30 Inflation PCE juin -0,1% +0,4%
- sur un an +3,7% +4,1%
USA 12h30 Inscriptions hebdo. au sem. au 25 200.000 187.000
chômage juillet
(Rédigé par Claude Chendjou, avec la contribution de Tharuniyaa Lakshmi et Purvi Agarwal à Bangalore, édité par Sophie Louet)

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer