Projet d'avion de combat commun : Paris et Berlin tentent de "sauver la face"
Le projet d'avion de combat commun (programme FCAS - Future Combat Air System) constitue toujours un point d'achoppement entre Paris et Berlin. Ce matin, les équipes d'AlphaValue rapportent que les gouvernements allemand et français semblent désormais prêts à créer une entité juridique néerlandaise pour héberger le projet, "tout en affirmant en privé que ce projet est voué à l'échec".
Selon les analystes, cela permettrait de repousser l'échéance au-delà de mai 2027, date à laquelle la France aura un nouveau président et, potentiellement, de nouvelles orientations stratégiques. "En somme, une manoeuvre pour sauver la face", résume le broker.
Pour rappel, les difficultés d'avancement du projet sont liées à des divergences lourdes entre les partenaires industriels que sont Dassault Aviation et Airbus qui se disputent le leadership du projet.
De plus, Paris et Berlin n'ont pas les mêmes exigences quant au futur appareil de combat. La France a besoin d'un appareil capable d'emmener des têtes nucléaires tout en restant suffisamment léger pour pouvoir se poser sur un porte-avions, tandis que l'Allemagne privilégierait un appareil plus imposant, capable d'emmener davantage d'armements.
"Je le répète, Airbus ne souhaite pas collaborer avec Dassault. Je comprends cela, Airbus veut travailler seul [...]. Je ne sais pas s'il a reçu une demande de l'Allemagne qui aurait motivé ces déclarations, mais oui, ce projet est au point mort. C'est complexe", avait indiqué Eric Trappier, le dirigeant de Dassault Aviation, à l'occasion des résultats trimestriels du groupe.
De son côté, Guillaume Faury, dirigeant d'Airbus, avait reconnu la persistance de blocages, liés, selon lui, "à des attentes différentes entre les partenaires quant à la gouvernance et à la définition du leadership et de la coopération".
Ce matin, le titre Dassault Aviation est à l'équilibre, tandis qu'Airbus grappille 0,4%.
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