L'élection législative anticipée au Japon, les nouvelles données sur l'économie américaine, la saison des résultats d'entreprises qui se poursuit et les craintes renouvelées concernant l'intelligence artificielle (IA) laissent présager une nouvelle semaine mouvementée pour les investisseurs.
Tour d'horizon des perspectives de marché dans les jours à venir :
1/ VOTE CRUCIAL AU JAPON
Le Japon se rend aux urnes dimanche et la Première ministre, Sanae Takaichi, espère que ce scrutin lui donnera un mandat plus fort pour tenir ses promesses d'augmenter les dépenses.
Les sondages indiquent que le Parti libéral-démocrate (PLD) de la Première ministre devrait obtenir la majorité à la Chambre basse, ce qui permettrait à Sanae Takaichi d'étendre comme promis les mesures de relance, au risque d'accentuer les inquiétudes concernant la situation financière du Japon et de faire encore grimper les rendements des obligations d'État.
Les inquiétudes budgétaires ont déclenché une vague de vente effrénée sur les marchés des devises et des obligations.
Les récentes turbulences de la devise japonaise ont par ailleurs soulevé des soupçons d'intervention conjointe du Japon et des États-Unis sur les taux de change afin de freiner sa dépréciation.
2/ GAGNANTS ET PERDANTS L'intelligence artificielle restera sans aucun doute l'un des points les plus surveillés par les investisseurs dans les prochains jours.
Le groupe américain Cisco Systems CSCO.O et l'Allemand Siemens Energy CRDI.MI , qui ont tous deux profité de l'essor de l'IA de différentes manières, publieront leurs résultats mercredi.
Cela se produira dans un contexte pour le moins particulier, les craintes concernant l'IA refaisant surface avec force depuis quelques jours.
Barclays affirme, par exemple, que le secteur connaît une "dispersion extrême" ou, en d'autres termes, que le marché fait de plus en plus la distinction entre les gagnants et les perdants de l'IA.
La sensibilité des entreprises aux changements induits par cette technologie, qu'elles en tirent profit ou en subissent les conséquences négatives, se reflète clairement dans les actions des sociétés de logiciels et d'analyse de données, qui se sont effondrées cette semaine à mesure que les investisseurs ont pris conscience de la menace existentielle que représentent les modèles d'IA de plus en plus efficaces.
Les entreprises qui contribuent au développement de centres de données dédiés à l'IA ont en revanche obtenu de meilleures performances, mais, face au risque d'éclatement d'une bulle et avec des marchés proches de leurs records, la prudence s'impose.
3/ L'EMPLOI ET L'INFLATION ATTENDUS
La publication de deux indicateurs économiques de premier plan devrait permettre aux investisseurs d'obtenir une vision actualisée de l'état de l'économie américaine, après un léger retard dans le calendrier lié à un nouveau mais court "shutdown" de l'administration fédérale.
Le rapport sur l'emploi non-agricole aux Etats-Unis pour janvier, dont la publication était initialement prévue ce vendredi, sera dévoilé le 11 février et devrait faire état d'une hausse de 70.000 créations de postes en janvier, selon un sondage Reuters.
Ces données sont d'autant plus attendues que la Réserve fédérale (Fed) a fait état de signes de stabilisation du marché du travail en maintenant ses taux d'intérêt inchangés le mois dernier, interrompant ainsi son cycle d'assouplissement monétaire.
Deux jours plus tard, les investisseurs recevront l'indice des prix à la consommation du mois de janvier, l'un des indicateurs les plus suivis pour évaluer les tendances de l'inflation, et donc de la politique monétaire.
Ces données sont publiées alors que les investisseurs évaluent encore l'impact de la candidature de Kevin Warsh au poste de futur président de la Fed.
L'ancien gouverneur de la banque centrale pourrait prendre ses fonctions à temps pour la réunion de juin, au cours de laquelle les opérateurs anticipent une baisse des taux d'intérêt.
4/ MUNICH, UN AN APRÈS
La Conférence sur la sécurité de Munich débute jeudi, alors que le souvenir de l'édition 2025 est encore frais dans les mémoires.
Les critiques du vice-président américain J.D. Vance à l'encontre des démocraties européennes avaient alors servi à préparer le terrain pour un bouleversement majeur de l'ordre international qui se poursuit un an plus tard.
Les dossiers géopolitiques brûlants ne manquent pas pour cette édition, de l'Iran à l'Ukraine en passant par le Groenland, tandis que les questions relatives au rôle futur de l'Otan restent à l'ordre du jour.
Mais la réunion semble s'étendre cette fois au-delà de son cadre habituel.
La Banque centrale européenne (BCE) travaille à élargir l'accès à la liquidité en euros à davantage de pays, dans le cadre des efforts visant à renforcer le rôle international de la monnaie unique, ont dit des sources à Reuters.
L'annonce devrait vraisemblablement venir de la présidente de la BCE, Christine Lagarde, qui ouvrira le 14 février une table ronde sur les interdépendances commerciales lors de la conférence.
5/ LES ANNÉES FASTES SONT-ELLES RÉVOLUES?
Les actions des banques européennes ont figuré parmi les plus performantes au cours des 12 derniers mois .SX7P avec un gain de plus de 60%, grâce à une rentabilité accrue, un faible taux de défaut de paiement et une distribution massive de liquidités aux actionnaires.
Les groupes britanniques Barclays BARC.L et Natwest
NWG.L , ainsi que l'italienne UniCredit CRDI.MI , publieront leurs résultats pour l'exercice 2025 dans les prochains jours, après les chiffres globalement solides de Deutsche Bank
DBKGn.DE et BNP Paribas BNPP.PA .
Les analystes préviennent toutefois que cette période faste ne peut durer, surtout si les économies européennes ralentissent. La banque espagnole BBVA BBVA.MC a vu le cours de ses actions chuter de 7% jeudi après avoir alloué 19% de liquidités supplémentaires à la constitution de provisions pour pertes sur prêts au quatrième trimestre.
Outre les perspectives financières, les investisseurs recherchent des signes indiquant que les dirigeants du secteur sont disposés à investir davantage leurs excédents de capitaux dans des acquisitions.
La banque espagnole Santander SAN.MC vient de faire un pas dans cette direction en annonçant l'acquisition de la banque américaine Webster Financial pour 12,2 milliards de dollars.
WBS.N .
(Compilé par Dhara Ranasinghe, graphes de Sumanta Sen ; version française Diana Mandia, édité par Kate Entringer)

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