(Répétition d'une dépêche transmise vendredi, avec actualisation Venezuela/Opep+)
Après une année 2025 chahutée mais globalement positive pour les marchés d'actions, les investisseurs entrent dans le vif du sujet pour 2026 avec le raid américain au cours du week-end contre le Venezuela et l'arrestation du président Nicolas Maduro, ainsi que la publication dans les prochains jours du rapport sur l'emploi américain.
Tour d'horizon des perspectives de marchés dans les jours à venir :
1 / LE MARCHÉ DU TRAVAIL À LA LOUPE
Toujours très attendu, le prochain rapport mensuel sur l'emploi aux Etats-Unis sera publié le vendredi 9 janvier.
Les inquiétudes concernant le ralentissement du marché du travail ont incité la Réserve fédérale (Fed) à réduire ses taux de 175 points de base au total en 2024 et 2025.
Les investisseurs s'attendent à un nouvel assouplissement en 2026, même si les responsables de la Fed apparaissent profondément divisés sur la façon de naviguer entre la faiblesse du marché du travail et une inflation qui persiste à se maintenir au-delà de l'objectif de 2% de la banque centrale.
Les économistes interrogés par Reuters anticipent des créations d'emplois de l'ordre de 55.000 en décembre, après 64.000 en novembre.
2 / CHOC AU VENEZUELA ET TENSIONS SUR LE PÉTROLE
L'arrestation du président vénézuélien Nicolas Maduro a suscité pour l'heure une réaction modérée des marchés mais certains investisseurs estiment que le risque géopolitique pour cette année pourrait avoir été sous-estimé alors que Donald Trump a menacé de mener de nouvelles actions, notamment contre la
Colombie
et le Mexique.
"Cela nous rappelle que les risques géopolitiques dépassent largement le simple cadre des droits de douane", souligne Vishnu Varathan, responsable de la recherche macroéconomique pour l'Asie hors Japon chez Mizuho Securities.
Lundi, les obligations d'État vénézuéliennes, en défaut de paiement depuis 2017, sont en forte hausse.
Parallèlement, les principaux producteurs de pétrole réunis sous l'appellation Opep+ (membres de l'Opep et leurs alliés)
sont convenus dimanche
de maintenir une production pétrolière stable.
Une telle décision intervient sur fond de craintes d'une surabondance de l'offre et alors que les prix du pétrole ont chuté de plus de 15% l'an dernier.
Un délégué de l'organisation a indiqué que celle-ci n'avait pas abordé dimanche le sujet du Venezuela lors de sa brève réunion en ligne. La prochaine est prévue le 1er février.
3/ ÇA BRILLE TOUJOURS
Avec les records successifs de l'or et l'argent, les métaux précieux continuent de briller, soutenus notamment par les tensions géopolitiques persistantes.
Si l'ampleur du mouvement d'achats alimente le risque d'une correction, le rallye sur ces actifs a encore du carburant.
L'or, qui a signé l'an dernier sa meilleure performance en 46 ans, conserve son statut de valeur refuge et de protection des portefeuilles face aux craintes géopolitiques et aux inquiétudes sur une bulle boursière liée à l'IA.
Des facteurs de risque existent néanmoins: selon des acteurs de marché, la décision des Etats-Unis concernant d'éventuels droits de douane sur les importations américaines de minéraux critiques pourrait intervenir en janvier.
Par ailleurs, la volatilité pourrait être de mise avec le rééquilibrage des indices de matières premières attendu à compter de jeudi.
4/ REBOND DES IPO
Les banquiers d'affaires s'attendent à une année de rebond pour les introductions en Bourse (IPO) après les signes de reprise observés fin 2025.
La valeur globale des IPO en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique est tombée à 27 milliards de dollars l'année dernière, contre 32,6 milliards de dollars en 2024, mais des transactions plus importantes et la perspective d'autres à venir ont alimenté les espoirs d'une reprise des introductions en bourse en Europe.
Entre-temps, la Chine connaît déjà une frénésie d'IPO liée aux secteurs de l'IA et des semi-conducteurs. A Hong Kong, le fabricant de puces d'IA Biren a grimpé de 76% pour son premier jour de cotation vendredi.
(Rédigé par Polina Devitt, Naomi Rovnick, Charlie Conchie et Alex Lawler à Londres, avec Lewis Krauskopf à New York, infographies Pasit Kongkunakornkul, compilé par Karin Strohecker; version française Blandine Hénault)

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