Le TGV de nouvelle génération à la gare de Lyon à Paris avant son premier voyage, le 6 novembre 2026 ( AFP / Thomas SAMSON )
Le train est parti à 9H56, avec deux ans et demi de retard mais pile à l'heure: le nouveau TGV de la SNCF a réalisé son premier service commercial vendredi, entre Paris et Marseille, avec une multitude d'innovations techniques pour accompagner la grande vitesse du XXIe siècle.
Avant de monter à bord pour ce voyage inaugural, le patron de la SNCF Jean Castex a salué un TGV "exceptionnel", "plus humain", sobre, économique et "de son temps".
Le ministre des Transports Philippe Tabarot, qui devait aussi prendre place à bord, a dû partir en raison d'un grave accident de bus scolaire dans l'Ain, où il s'est rendu immédiatement.
"C'est un grand jour pour une vraie réussite française", a déclaré le ministre avant de partir, en saluant Alstom, pris récemment dans une tourmente boursière, "une grande entreprise qui continue à innover et à progresser et dont on est très fier".
Le directeur général de la SNCF Jean Castex lors de l'inauguration du TGV de nouvelle génération reliant Paris à Marseille, à la gare de Lyon à Paris, le 6 novembre 2026 ( AFP / Thomas SAMSON )
S'élançant avec ses premiers passagers une semaine après un terrible accident de train en Espagne qui a causé la mort de 69 personnes, le nouveau TGV fabriqué par Alstom ne roulera pas plus vite que les rames les plus récentes en France, soit 320 km/h.
Ce TGV nouvelle version est le seul dans le monde à circuler à une telle vitesse avec deux étages.
Grâce à son nez effilé et un aérodynamisme renforcé, il promet de consommer 20 % de moins d'énergie en accueillant jusqu'à 20 % de passagers supplémentaires.
Un espace pour les personnes à mobilité réduite dans le nouveau TGV, à Paris, le 6 novembre 2026 ( AFP / Thomas SAMSON )
Les nouvelles rames remplaceront progressivement, sur 10 ans environ, le parc existant, dont les trains les plus anciens datent des années 90.
Sur les 160 exemplaires commandés par la SNCF pour plus de cinq milliards d'euros, 100 sont destinés au marché français, 15 aux liaisons France-Belgique, 30 au réseau Eurostar et une quinzaine au marché italien où la SNCF compte se développer.
Sur l'axe Paris-Marseille, il sera en concurrence avec le Frecciarossa (flèche rouge) de l'Italien Trenitalia, construit par Hitachi.
Retards
En 2020, lors de la présentation de la première cabine à l'usine Alstom de La Rochelle, un haut responsable de la SNCF avait espéré qu'il roulerait "pour les Jeux olympiques de Paris en 2024".
Mais les retards liés à la période du Covid-19 ont rapidement mis cet objectif hors de portée.
Après avoir atteint pour la première fois la vitesse de 320 km/heure le 14 septembre 2023, la SNCF et Alstom pariaient ensuite sur une mise en service en 2025, avant de la repousser encore à 2026 en raison de démêlés techniques et de l'ampleur des tests à valider.
"Ce TGV représente des années de recherche", a expliqué le directeur général d'Alstom Martin Sion vendredi matin. "Aucun projet industriel ne se construit sans obstacle."
Le PDG d'Alstom Martin Sion (à droite) lors de l'inauguration du TGV de nouvelle génération reliant Paris à Marseille, à la gare de Lyon à Paris, le 6 novembre 2026 ( AFP / Thomas SAMSON )
Le train peut passer de huit à neuf voitures et le nombre de première ou deuxième classes peut varier selon les destinations ou les saisons, élément jugé "stratégique" pour un train appelé à circuler pendant plusieurs décennies.
Batterie et stockage d'énergie
"Notre métier, c'est maîtriser la technologie et il répond à une urgence absolue: la sécurité", ajouté M. Sion, en rappelant que "110 millions de voyageurs dans le monde" prennent chaque jour un train ou un métro construit par Alstom.
Côté environnement, le train émet 50 % de CO2 de moins par voyageur que le premier TGV lancé en 1981. Il emploie 25 % de matériaux issus du recyclage et affiche un taux de recyclabilité de 97 %.
Le "Bistro", la voiture bar du nouveau TGV, à la gare de Lyon à Paris, le 6 novembre 2026 ( AFP / Thomas SAMSON )
Les milliers d'informations analysées en temps réel doivent lui permettre de recourir à une maintenance prédictive, ce qui raccourcit les temps d'immobilisation et réduit de 30 % les coûts d'entretien.
Les passagers en fauteuil roulant pourront embarquer sans assistance, même s'il y aura toujours des agents présents.
Une rame peut transporter jusqu'à 700 personnes, avec la promesse de plus de place pour les jambes, les bagages, plus d'espaces vélos, des sièges plus confortables et un wifi "au meilleur standard", mais toujours dépendant de la couverture des opérateurs mobiles.
Progrès majeur pour l'adaptation au réchauffement climatique: le TGV est doté d'une batterie de stockage d'énergie, ce qui lui permettra de poursuivre sa route jusqu'à la gare la plus proche en cas de rupture de caténaire à cause de la canicule, comme l'été dernier.

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