Dans son rapport du mois d'octobre, l'Opep anticipe désormais un ralentissement de la croissance de la consommation mondiale de pétrole pour l'année 2026. Celle-ci devrait progresser de 200 000 barils par jour en glissement annuel contre 400 000 barils espérés précédemment, dans un contexte de tensions géopolitiques intenses au Moyen-Orient.
Dans le détail, la contraction au sein de la zone OCDE devrait s'avèrer plus accentuée que prévu avec un recul estimé à 200 000 barils par jour contre un repli de 100 000 barils par jour anticipé précédemment. Hors OCDE, la croissance de la consommation devrait aussi ralentir. Elle est désormais attendue à 400 000 barils par jour contre 500 000 barils par jour annoncés antérieurement.
Un net redressement de la demande projeté pour 2027
Pour 2027, la demande mondiale devrait accélérer et augmenter d'environ 2,6 millions de barils par jour (mb/j) en rythme annuel, suite à une révision à la hausse de 200 000 barils par jour par rapport à l'estimation du mois dernier. La progression est estimée à environ 500 000 barils par jour pour l'OCDE contre 400 000 barils par jour précédemment et près de 2 millions de barils par jour pour les pays non-OCDE contre 1,9 millions de barils espérés auparavant.
Offre et production : stabilité de l'offre hors alliance et hausse mensuelle de la DoC
En outre, dans ce rapport, l'Opep indique que la production de liquides issue des pays participants à la Déclaration de Coopération (non-DoC)* devrait augmenter d'environ 600 000 barils par jour en 2026 sur un an. Cette prévision reste inchangée par rapport au mois dernier. Les principaux moteurs de cette croissance seront le Brésil, les États-Unis, le Canada et l'Argentine. Pour 2027, la croissance non-DoC devrait se maintenir à environ 600 000 barils par jour (inchangée), portée principalement par le Qatar, le Canada, le Brésil et l'Argentine.
De leur côté, les liquides de gaz naturel (LGN) et les liquides non conventionnels des pays participants à la DoC devraient augmenter d'environ 100 000 barils par jour en glissement annuel pour atteindre une moyenne de 8,8 mb/j en 2026, puis progresser d'environ 100 000 barils par jour supplémentaires en 2027 sur un an pour s'établir à 8,9 mb/j.
Par ailleurs, en septembre, la production de pétrole brut des pays de la DoC a progressé de 900 000 barils par jour en glissement mensuel pour s'élever à environ 39,07 mb/j, selon les sources secondaires disponibles.
Raffinage : des performances régionales très contrastées
Dans ce rapport, l'Opep a aussi partagé des informations sur les marges de raffinage. L'Organisation des pays exportateurs de pétrole observe des performances contrastées en septembre selon les principaux hubs commerciaux :
- US Gulf Coast (USGC) : Les marges ont poursuivi leur dynamique haussière, soutenues par un renforcement des spreads de craquage (crack spreads) sur les carburants de transport. Les distillats moyens ont été particulièrement fermes sous l'effet de la tension sur le marché du bassin Atlantique, d'une solide demande à l'exportation et d'une baisse de l'offre due aux maintenances de raffineries dans l'hémisphère Nord.
- Rotterdam : Les marges ont reculé, la faiblesse observée sur le haut et le bas du baril (top and bottom of the barrel) ayant plus que compensé les gains enregistrés sur les distillats moyens.
- Singapour : Les marges se sont effondrées jusqu'à passer en territoire négatif, sous la pression de la hausse des prix des matières premières (feedstock) et du coût du fret.
* La Non-DoC : Il s'agit des pays ou des zones de production de pétrole et de liquides qui ne sont liés par aucun quota de production ou accord de limitation coordonné avec l'alliance OPEP .
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