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Perquisition au siège parisien du réseau social "X", Musk convoqué-parquet
information fournie par Reuters 03/02/2026 à 23:30

Illustration des logos xAI et X

Illustration des logos xAI et X

Une perquisition a été menée mardi au siège parisien du réseau social "X", a fait savoir le parquet de Paris, qui annonce en outre la convocation d'Elon Musk, propriétaire de la plateforme depuis son rachat en 2022.

Cette opération ‍a été "diligentée dans les locaux français de X par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris" avec une unité spécialisée de la gendarmerie nationale et Europol, l'agence européenne de police criminelle, est-il précisé dans un bref message publié sur X.

Le parquet de Paris précise dans ce communiqué que ‌l'enquête visant "X" fait suite à deux signalements reçus en janvier 2025, et a été élargie depuis à d'autres signalements provoqués par le fonctionnement de Grok, l'assistant d'IA proposé par X.

Ce dernier est notamment accusé d'avoir "conduit à la diffusion de contenus négationnistes et de deepfakes à caractère sexuel".

"Parallèlement, ​des convocations aux fins d'auditions libres le 20 avril 2026 à Paris ont été envoyées à monsieur Elon Musk et à madame Linda ⁠Yaccarino, en leur qualité de gérant de fait et de droit de la plateforme X au moment des faits", selon le communiqué du parquet.

"Des salariés de la plateforme X sont également convoqués la semaine du 20 au 24 avril 2026 pour ⁠être entendus en qualité de témoin. Les auditions libres des ‍dirigeants doivent leur permettre d'exposer leur position sur les faits et le cas échéant les mesures de mise ⁠en conformité envisagées."

Une personne entendue en audition libre peut quitter à tout moment l'audition dont le statut diffère de la garde à vue. A l'issue de l'audition libre, la personne peut ressortir libre, être convoquée de nouveau ou placée en garde à vue.

Le réseau social a dénoncé mardi soir des perquisitions menées "dans ​le cadre d'une enquête pénale reposant sur des motivations politiques".

"Le parquet de Paris tente manifestement d'exercer une pression sur la direction générale de X aux Etats-Unis en visant notre entité française", était-il dit dans un communiqué.

"Les allégations ayant justifié cette perquisition sont infondées et X réfute catégoriquement avoir commis la moindre ⁠infraction", précise le communiqué. "Nous ne nous laisserons pas intimider par les mesures mises en oeuvre aujourd'hui par les autorités judiciaires françaises".

ENQUÊTE EN ​GRANDE-BRETAGNE

Le parquet dresse la liste des infractions pénales à l'origine des investigations : "complicité de détention d'images de mineurs présentant ​un caractère pédopornographique", "contestation de crime contre l'humanité", ​ou encore "administration d'une plateforme en ligne illicite en bande organisée".

Le député (Ensemble pour la République, EPR) Éric Bothorel, à l'origine du signalement, s'est félicité de la ​décision du parquet de Paris.

"En Europe et singulièrement en France, l'Etat de droit signifie ⁠que "nul n'est au-dessus des lois" et que la réglementation européenne, retranscrite dans le droit français, s'impose à toutes et tous", écrit-il dans une publication sur X.

La Commission européenne a dit être en relation avec la France dans le cadre de l'enquête ouverte par Paris.

Par ailleurs, le réseau social est également sous le coup d'une enquête de l'Autorité britannique chargée de la protection des données (ICO) concernant la collecte de données personnelles et la production d'images explicites de Grok, le chatbot d'intelligence artificielle ‌générative de X.

L'enquête vise xAI, l'entreprise exploitant l'outil, et X Internet Unlimited Company, entreprise basée à Dublin responsable du traitement des données de X dans l'Union européenne, annonce mardi l'organe.

L'ICO indique dans un communiqué que Grok a été utilisé pour générer des images explicites d'individus, notamment des enfants.

"La création et la diffusion présumées de telles données soulèvent de graves préoccupations au regard de la législation britannique sur la protection des données et présentent un risque de préjudice potentiel important pour le public."

L'Ofcom, le régulateur britannique des médias, a également annoncé mardi poursuivre son enquête sur X.

(Rédigé par Nicolas Delame et Zhifan Liu , édité ‌par Kate Entringer, Sophie Louet et Camille Raynaud)

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