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Nouvelle réduction de l’actif exposé aux risques de marché
information fournie par Les sélections de Roland LASKINE 02/10/2026 à 14:03

Un trader vu de dos (Crédits: Adobe Stock)

Un trader vu de dos (Crédits: Adobe Stock)

Le 2 octobre 2026

Le seuil des 5% sur le rendement de la dette française à 10 ans, que nous craignons pour la fin de l'année, a été frôlé ce jeudi. Lors de cette séance totalement folle, les taux d'intérêt ont franchi dans la matinée le niveau impensable, il y a encore quelques semaines, de 4,9629% sur l'OAT à échéance 2036.  Les taux se sont légèrement détendus pour revenir autour de 4,9% en fin de journée, mais nous sommes sur un plus haut depuis 2002. Autre sujet de préoccupation, l'écart de rémunération entre les emprunts français et allemands mesurant la cote de confiance des investisseurs à l'égard de ces deux pays est momentanément monté hier à 133 points de base, un niveau, là aussi, historiquement élevé.

laskine

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Face à cet épisode d'extrême volatilité, nous avons décidé de protéger les performances acquises en renforçant une nouvelle fois la part des liquidités au sein des portefeuilles. Ce jeudi, nous avons en effet porté le leur niveau autour de 50% en moyenne de l'actif investi, ce qui correspond à une configuration ultra-défensive, tout à fait inhabituelle. La semaine dernière, nous avions fait remarquer que la France n'est pas le seul pays à être confronté à de fortes tensions sur le marché obligataire. Outre-Rhin, le Bund de même échéance a dépassé les 3,5%. Que dire de l'envolée du taux des obligations américaines à 10 ans à 5,32% ?

L'emballement des rémunérations sur le marché obligataire est un phénomène mondial, à la fois dû à la hausse des besoins de financement des emprunteurs publics et, de façon plus singulière, à la sollicitation de plus en plus forte des géants de l'IA, dont les ressources propres ne suffisent plus à couvrir leurs énormes besoins d'investissement. La France se trouve, hélas, prise dans ce maelstrom au plus mauvais moment. Nous sommes le pays le plus endetté de la zone euro, nos finances publiques semblent échapper à tout contrôle. Alors que nous n'avons pas su mettre en place les réformes structurelles qui s'imposaient quand la croissance était encore là, nous sommes confrontés à une situation budgétaire lourdement dégradée à quelques mois de l'élection présidentielle. Une période peu propice à la mise en place de mesures d'austérité, par définition impopulaires. Les détenteurs de capitaux l'ont bien compris, ils sont fondés à exiger une prime de risque toujours plus élevée pour nous faire profiter de leurs largesses.

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Le lien entre un marché obligataire dégradé et la mauvaise tenue des actions n'est plus à démontrer. Dans ce genre de situation, la Bourse a même tendance à sur-réagir. Dans un souci de protection, nous avons donc passé tous nos portefeuilles au peigne fin, quitte à sacrifier une bonne partie des positions prises sur les plus belles valeurs françaises, nonobstant l'excellence de leurs performances opérationnelles.

Dans le portefeuille Défensif, nous nous sommes une nouvelle fois résolus à prendre de généreux bénéfices sur de nombreux fleurons de la cote parisienne : vente de 25 actions L'Oréal, 150 Axa, 70 GTT, 30 Schneider Electric, 600 Engie et 500 Orange. Avec un gain limité à seulement 3,4% depuis le début de l'année, le Défensif, dépourvu de valeurs technologiques, enregistre la plus mauvaise performance de nos quatre portefeuilles PEA. Nous faisons certes mieux que le CAC 40 qui, à la clôture de jeudi, piquait du nez de près de 4% sur la même période, mais l'orientation très conservatrice des choix de gestion que nous maintenons de façon traditionnelle sur ce portefeuille n'a pas produit les meilleurs résultats.

Ce n'est pas le cas des trois autres portefeuilles.  Notamment de l'Offensif, très axé sur les valeurs de la « tech » européennes et l'énergie, qui conserve toute son avance avec une progression de plus de 24% depuis le 1er janvier. Nos récents arbitrages destinés à préserver nos performances ont porté leurs fruits. Cette semaine, nous avons ainsi réduit une nouvelle fois les positions en cédant 50 actions Euronext, 15 Safran, 300 Dassault Systèmes et 250 Vallourec. Par ailleurs, nous n'avons pas hésité à nous couper un bras sur les actions des banques néerlandaises ABN Amro (150 actions vendues à perte sur les 300 achetées le 22 septembre) et ING Group (100 cédées sur 300 acquises la semaine passée). Nous pensions que ces deux établissements financiers pourraient tirer le meilleur parti de la hausse des taux d'intérêt qui se profile en Europe, avec un impact positif sur la marge sur prêts. Cependant, les tensions sont telles qu'elles font peser de vrais risques sur l'ensemble du secteur bancaire.

La sélection d'ETF Monde éligibles au PEA bénéficie également des arbitrages réalisés ces derniers temps. Après avoir liquidé, à la mi-janvier, la quasi-totalité des positions prises sur le tracker Amundi CAC 40, il nous restait une cinquantaine de parts que nous avons cédées cette semaine, afin de totalement nous soustraire de la sous-performance de l'indice de référence de la Bourse de Paris. Nous avons également liquidé, avec une belle plus-value à la clé, la totalité de la position détenue sur l'ETF Amundi Stoxx 600 Insurance, qui a commencé à pâtir de la hausse générale des taux d'intérêt dans la zone euro. Enfin, par pure prudence, nous avons pris la totalité de nos profits sur l'ETF Amundi Emerging ESG Transition, avec une plus-value conséquente. Les marchés émergents étant très sensibles à une dégradation de la tendance générale, il nous est apparu opportun de sécuriser nos gains. Depuis le début de l'année, notre sélection d'ETF Monde ressort en progression de 7,08%, faisant ressortir une surperformance de près de 11 points de pourcentage sur la moyenne du marché français. La sélection ISR/PEA réalise un score similaire avec un gain de 6,12% sur la même période.

Quelle stratégie face aux inquiétudes liées à la hausse des taux d'intérêt ? Tout d'abord, nous vous devons une explication : vous avez sans doute remarqué que depuis près d'un mois nous ne sommes pas parvenus à suivre les recommandations énoncées dans les conclusions stratégiques de nos différents points hebdomadaires. Dès la rentrée de septembre, nous n'avons eu de cesse de multiplier les messages de prudence, mais nous gardions à chaque fois l'espoir de pouvoir revenir à l'achat la semaine suivante. La dégradation régulière de la tendance à la Bourse de Paris ne nous a pas donné le loisir de jouer la moindre velléité de rebond de la cote française. Nous avons au contraire, à chaque fois, choisi de conserver le cap de la prudence initialement tracé. Aujourd'hui, avec 50% de liquidités en moyenne dans les portefeuilles, il nous semble que l'actif investi est suffisamment protégé. Allez au-delà reviendrait à nous mettre en rang de bataille pour affronter une crise financière de grande ampleur. Nous n'en sommes pas là ! Nous ne désespérons donc pas de nous redéployer, dans les semaines à venir, sur la cote européenne qui regorge de très belles valeurs.

Bonne lecture et bon week-end à tous,

Roland Laskine

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