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Le 27 mars 2026
Semaine de doutes et d'hésitations. Fallait-il y aller, au risque d'acheter trop tôt, ou continuer de faire preuve de prudence ? Dans le climat de confusion générale qui règne actuellement au Moyen-Orient, la plupart des experts financiers estiment qu'il n'est pas opportun de franchement sortir du bois. Nous partageons ce sentiment, mais nous ne nous sommes pas rangés à l'idée d'une immobilisation complète des positions au sein des portefeuilles. Ce jeudi, nous avons décidé de commencer à progressivement reconstituer certaines lignes de titres et, surtout, à initier de nouvelles positions sur des valeurs ayant beaucoup baissé.
Cette stratégie de retour aux initiatives est basée sur deux éléments déterminants. Le premier d'entre eux repose sur un bon « money management », qui nous permet de prendre aujourd'hui quelques risques sans crainte de décrocher par rapport aux indices. Les arbitrages auxquels nous avons procédé dès le début du conflit en Iran déclenché le 28 février dernier ont permis à nos portefeuilles de très bien résister à la baisse du CAC 40 (près de 10% de baisse au terme de quatre semaines d'affrontement). Comme le montre le graphique ci-dessous, nos deux portefeuilles PEA de détention d'actions en direct, l'Offensif et le Défensif, affichent des performances largement positives de respectivement 5,58% et 2,85% depuis le 1er janvier, alors que l'indice général de la Bourse de Paris est désormais bien ancré dans le rouge (-4,67% sur la même période). Comme nous n'avons cessé de l'expliquer, la guerre de l'Iran nécessitait de prendre des mesures de protection des portefeuilles énergiques, mais pas de procéder à une liquidation complète des positions. Même si les événements qui embrasent le Moyen-Orient sont d'une gravité exceptionnelle, l'expérience montre qu'il n'est jamais bon de totalement déshabiller les portefeuilles, pour la simple raison qu'il devient très difficile de prendre le train en marche une fois que la tendance s'inverse de façon positive. Tous les conflits géopolitiques de ces dernières années, notamment lors de la guerre en Ukraine déclenchée en février 2022, ont montré qu'après une phase aiguë de correction au cours des quatre premières semaines du conflit, les marchés ont bénéficié d'un violent rebond. Une hausse qu'il valait mieux ne pas rater. La remontée s'est ensuite faite de façon plus graduelle, avec d'inévitables trous d'air en cours de route. Le niveau de 50% de liquidités, auquel nous étions parvenus dans les portefeuilles, nous est apparu suffisant pour assurer un bon degré de protection de nos actifs, tout en nous mettant en bonne position pour profiter d'un rebond toujours envisageable.
Notre retour aux initiatives a également été motivé par une analyse de la situation n'interdisant pas d'espérer une sortie de crise dans les semaines à venir. Pour l'heure, il faut bien reconnaître que la situation reste désespérément confuse. L'espoir d'une désescalade rapide du conflit s'est évaporé en fin de semaine, avec le rejet par l'Iran du plan de paix présenté par l'administration Trump. Les diplomates iraniens ont fait savoir par voie de presse qu'ils entendent faire valoir la pleine souveraineté de Téhéran sur le détroit d'Ormuz. Ils demandent en outre des indemnités et des réparations de la part des Etats-Unis, tout en continuant de bombarder les installations énergétiques des monarchies du Golfe.
L'impasse paraît totale, mais les échanges se poursuivent entre les uns et les autres via le Pakistan et la Turquie. Nous ne sommes qu'au début des négociations. Pour l'instant, personne n'a intérêt à dévoiler ses cartes trop rapidement. Ces amorces de pourparlers constituent malgré des avancées qui ne peuvent être ignorées. On peut à ce titre constater que le prix du pétrole est sous tension autour de 109 dollars le baril, sans toutefois retrouver les plus hauts niveaux de près de 120 dollars approchés la semaine passée. Les marchés financiers plient, mais ne craquent pas totalement. Les plus bas atteints le 20 mars dernier sur le S&P 500 et l'EuroStoxx n'ont pas été enfoncés. Les taux d'intérêt restent tendus, à 3,75% pour les emprunts d'État français à 10 ans et à 4,36% pour le rendement des obligations fédérales de même durée aux Etats-Unis, mais les sommets récents n'ont là aussi pas été dépassés. Tous ces signaux faibles signifient que le pic de la crise est peut-être derrière nous.
Nos derniers arbitrages, les valeurs à surveiller. Dans le portefeuille Défensif, nous avons renforcé, ce jeudi, les positions sur Veolia Environnement, Schneider Electric et L'Oréal et ouvert une nouvelle ligne de 500 titres sur Getlink. Le gestionnaire du tunnel sous la Manche a fait état de résultats en hausse l'an dernier à un niveau supérieur aux attentes. La solidité du bilan et le maintien de perspectives d'activité toujours solides ont permis au conseil d'administration de proposer une forte amélioration de la rémunération servie aux actionnaires (le dividende sera porté à 0,80 euro par action, contre 0,58 euro au titre de l'exercice 2024). Sur l'Offensif, nous nous sommes montrés plus audacieux en ayant renforcé les positions sur STMicroelectronics (400 actions acquises jeudi) et, surtout, en ayant fait entrer deux nouvelles valeurs directement liées à la crise de l'énergie que nous traversons aujourd'hui. Il s'agit du fabricant allemand d'ondulateurs solaires, SMA Solar Technology AG, ayant fait état d'un recul de son niveau d'activité au cours du quatrième trimestre 2025, mais qui a vu son carnet de commandes nettement repartir à la hausse pour 2026. Dans le secteur pétrolier, il est un peu tard pour s'intéresser aux grands producteurs européens désormais très bien valorisés. Nous avons, en revanche, initié une première position sur le géant parapétrolier italien Saipem qui s'attend, lui aussi, à une forte reprise des commandes en 2026.
A noter, enfin, que ces différentes initiatives s'inscrivent dans une recherche d'opportunités purement tactique sur un marché devenu très volatile. Elles ne tiennent pas compte de l'impact négatif à plus long terme que pourrait avoir le maintien d'un prix de l'énergie à un niveau élevé susceptible de relancer les pressions inflationnistes et de peser sur la croissance mondiale, notamment en Europe en situation de forte vulnérabilité. Nous reviendrons sur ces éléments fondamentaux une fois que la visibilité sera améliorée sur la question cruciale de l'évolution du prix de l'énergie. Ce sera l'occasion de remettre à plat la stratégie menée sur notre sélection d'ETF Monde, qui sous-performe très nettement nos autres portefeuilles depuis le début de l'année (cf notre second graphique ci-joint).
Bonne lecture et bon week-end à tous,
Roland Laskine
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