Une station-service à Montélimar, dans le sud de la France, le 8 mai 2026 ( AFP / Alex MARTIN )
Les Bourses européennes ont reculé mardi, prises dans la spirale de la hausse du pétrole, des indices d'inflation, du coup d'arrêt de la tech, le tout sur fond d'impasse au Moyen-Orient.
"La situation au Proche-Orient demeure sans issue, et il ne reste donc qu’à espérer de nouvelles tentatives de médiation de la part d’autres États", observe Andreas Lipkow de CMC Markets à Francfort, où le DAX a fortement reculé (-1,62%), entraîné dans sa chute par le premier réassureur mondial, Munich Re (-6,09%).
Le bénéfice net de Munich Re a augmenté nettement au premier trimestre, mais en dessous du consensus des analystes. Toujours à Francfort, le géant industriel allemand Bayer, qui a annoncé mardi un doublement de son bénéfice net au premier trimestre, a bondi de 3,67%.
A Paris, l'indice du CAC 40 est repassé sous le seuil des 8.000 points (-0,95% à 7.980 points) au terme d'une quatrième journée baissière d'affilée.
Londres a flirté avec son point d'équilibre (-0,04%) grâce à la bonne tenue des pétrolières Shell (+0,96%) et BP (+1,41%) qui profitent du maintien des deux références du brut au-dessus des 100 dollars le baril. Milan a aussi reculé (-1,36%).
Souvent indifférente au conflit États-Unis/Iran, même Wall Street a mis un bémol à ses records, avec ses trois indices en recul à 16H15 GMT: Nasdaq (-1,50%), S&P 500 (-0,80%) et Dow Jones (-0,37%).
C'est le Nasdaq, l'indice des valeurs technologiques, qui reculait le plus fortement, entraîné par l’essoufflement des "sept magnifiques" de la tech à l'exception de Meta et Apple: Alphabet (-0,65%), Nvidia (-0,99%), Microsoft (-1,04%), Amazon (-1,72%), et Tesla (-4,26%).
La journée a été marquée par un flux d'informations qui convergent vers un point: aucune ne gonfle le moral des investisseurs.
Le pouvoir iranien a écarté mardi l'idée d'amender ses propositions pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient. La veille, Donald Trump avait jugé que le document envoyé par Téhéran était bon "à mettre à la poubelle".
Peu avant que ne retentisse la cloche à New York, le verdict était tombé: l'inflation pointe au plus haut aux États-Unis depuis trois ans: 3,8% sur un an en avril.
Le pétrole bien calé au-dessus des 100 dollars
A 16H15 GMT, les deux références mondiales du brut continuaient de progresser. Le Brent de la mer du nord s'échangeait à 107.59 dollars (+3,24%). Le WTI valait 101,39 dollars le baril (+3,39%).
"Il est possible que le pétrole continue de monter, encore et encore, jusqu’à atteindre 120 dollars le baril", a estimé Fawad Razaqzada, analyste de marché pour Forex.com.
D'autres analystes veulent cependant garder espoir, pour ne pas paniquer les investisseurs.
"A quatre dollars le gallon (aux États-Unis), la pression politique devient forte pour l'administration américaine. Les marchés continuent donc de privilégier une désescalade rapide et un accord avant les grandes échéances électorales", a observé Antoine Andreani, responsable de la recherche pour XTB France, dans une référence aux élections intermédiaires de novembre aux États-Unis.
Les taux d'emprunt du Royaume-Uni s'envolent
L'emballement de l'inflation aux États-Unis "renforce le scénario selon lequel la future politique monétaire de la Fed penchera davantage vers une hausse de taux que vers une baisse", d'après Christophe Boucher, Directeur des investissements de ABN AMRO.
"Toutefois, une hausse de taux nous paraît encore peu probable", ajoute-t-il.
Sur le marché obligataire, la journée était aussi marquée par la nervosité.
En Grande-Bretagne, le rendement du "Gilt" à 10 ans atteignait 5,10%, après le revers du parti travailliste au pouvoir aux dernières élections locales. Les appels à la démission du Premier ministre Keir Starmer se sont multipliés lundi.
"Le marché obligataire réagit non seulement à l'éventuel départ de Starmer, mais aussi à l'identité possible de son successeur", a résumé Kathleen Brook, directrice de recherche pour le courtier XTB.
En Europe continentale, les rendement du Bund allemand à dix ans continuait de monter (3,10% contre 3,03% la veille), tout comme son équivalent français (3,74% contre 3,65% la veille).
Les créanciers qui prêtent de l'argent aux États anticipent ainsi des risques d'inflation de nature à réduire la valeur réelle de leurs titres de créance.

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