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Marchés : « l'alignement des planètes » est-il une illusion en Europe ? (Myria AM)
Boursorama13/11/2015 à 14:27

Les espoirs autour de la BCE ont relancé les disours autour du fameux ''alignement des planètes'' favorable à la zone euro. Mythe ou réalité ?

Sur les marchés, on entend de nouveau parler d'un « alignement des planètes » favorable à l'économie de la zone euro. Nicolas Lasry, gérant chez Myria AM, s'interroge sur les éventuelles illusions qui entourent ce concept.

Ce matin même, Hubert Tassin du Cercle des analystes indépendants expliquait sur Boursorama que « le meilleur est à venir » sur les marchés grâce au nouvel « alignement des planètes » en Europe (taux d'intérêts bas, pétrole bon marché, euro faible favorisant les exportations).

Myria AM examine en détails ce postulat, alors que les espoirs de début d'année vis-à-vis de ces mêmes éléments favorables étaient tombés à l'eau cet été.

Espoirs déçus par le passé

Nicolas Lasry rappelle en effet : « Début 2015, les investisseurs étaient plein d'espoirs quant à une amélioration sensible des résultats des entreprises européennes. Ils anticipaient l'impact très favorable de l'« alignement des planètes » dans les comptes des entreprises cotées ».

Or, les données sont restées mitigées au dernier trimestre. « Selon les données publiées par Bloomberg, au cours du 3e trimestre, les chiffres d'affaires cumulés des entreprises membres de l'indice [européen] Stoxx 600 ont baissé de 6.5% et les bénéfices par actions de 21.5% en glissement annuel. Certes, ces chiffres incluent une baisse de plus de 52% des bénéfices des sociétés membres du secteur pétrolier et l'effondrement des bénéfices de Volkswagen, mais même retraités de ces éléments spécifiques les bénéfices consolidés sont en décroissance ».

Ainsi, « L'alignement des planètes n'a manifestement pas été suffisant pour que les entreprises européennes retrouvent massivement le chemin de la croissance », résume le gérant.

L'euro et le pétrole faible n'ont pas été suffisants jusqu'à présent

L'effet théoriquement bénéfique de l'affaiblissement de l'euro face aux autres devises est relativisé par Myria AM : « La baisse de l'euro, favorable aux sociétés exportatrices, n'a pas été suffisante pour compenser le ralentissement de la demande mondiale, notamment en Chine (...). En outre, la chute des devises émergentes face à l'euro (Real, Livre Turque) s'est accentuée cet été, induisant un effet de change négatif sur les bénéfices, ce qui n'était pas anticipé début 2015 ».

L'« effet pétrole » peine par ailleurs à se transmettre dans la croissance des économies développées : « les effets bénéfiques de la baisse des prix du pétrole qui devaient réduire les coûts des entreprises et relancer le pouvoir d'achat des ménages ne sont pas flagrants (...). La consommation des ménages reste atone, comme l'attestent les dirigeants de Publicis et de TF1 qui n'entrevoient pas de rebond des dépenses publicitaires d'ici à la fin de l'année, ce qui est souvent un indicateur avancé de la reprise de la consommation », ajoute Nicolas Lasry.

Enfin, « les effets multiplicateurs du QE [quantitative easing, plan de relance monétaire] sur la demande industrielle ne sont pas encore au rendez-vous », affirme le gérant, qui reconnaît néanmoins que « certaines entreprises et secteurs retrouvent le chemin de la croissance sur le marché européen, notamment dans le secteur automobile où la reprise des ventes européennes est visible après 5 ans de contraction ».

Tout n'est pas à jeter pour autant

Pour autant, même si la recette n'a pas encore été très concluante en Europe, Myria AM estime que « la baisse simultanée de l'euro, du pétrole et des taux d'intérêts qui se maintiennent depuis plusieurs mois à des niveaux bas devrait peu à peu bénéficier aux entreprises ».

« Le QE n'a débuté que depuis 6 mois, et il n'est pas étonnant que ses effets bénéfiques ne se manifestent pas encore dans les comptes des entreprises. Si l'on se réfère au marché nord-américain, il a fallu attendre plus d'un an pour que les effets du premier QE initié en novembre 2008 se ressentent », affirme la société de gestion.

Myria AM insiste sur le fait que l'absence de décollage économique de la zone euro cet été tient en partie à la mauvaise conjoncture mondiale. L'augmentation des exportations européennes dues à l'euro faible est en effet « conditionnée à la bonne tenue de la demande extérieure ». Attention toutefois à ne pas employer cet argument abusivement : à titre d'exemple, le Japon applique une politique monétaire extrêmement accommodante depuis plus de 20 ans sans que la croissance redécolle significativement dans le pays. La conjoncture mondiale de court terme n'est donc pas toujours en cause.

Une chose est sûre : en Bourse, pour que les cours se maintiennent à leur niveau actuel et puissent encore progresser, il va falloir que l'amélioration des publications d'entreprises s'observe véritablement, et sans tarder. « En effet, la hausse des marchés actions a été nourrie par les discours très accommandants des banques centrales, notamment de la BCE qui a, le 22 octobre dernier, dévoilé son intention d'intensifier le QE, et non par les fondamentaux économiques des sociétés cotées », termine Myria AM.

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

9 commentaires

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  • mlemonn4
    13 novembre15:36

    La grande manipulation des marchés continue, cela se vérifie tous les jours; les bras séculiers, les mêmes banskters qui ont provoqué la crise financière, la crise économique et aujorud'hui la crise sociale, continuent de s'amuser dans l'impunité la plus totale; nos gouvernnats sont impuissants soit par incompétence soit par intérêts, il ne peut y avoir d'autres explications. La prochaine crise financière ne devrait pas tarder à arriver tellement la défiance est à son plus haut niveau !

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