Malgré l'espoir d'une désescalade entre les Etats-Unis et l'Iran, les Bourses européennes évoluent en ordre dispersé, 90 minutes après l'ouverture de la séance ce mercredi. Le CAC 40 est bien parti pour enregistrer une troisième séance consécutive de hausse. L'indice phare parisien gagne 0,16% à 8 167,99 points. Londres avance de 0,30%. En revanche, Francfort et Amsterdam perdent respectivement 0,18% et 0,10%.
Un dialogue américano-iranien en dents de scie
Ce climat d'optimisme sur les marchés financiers est aussitôt alimenté par les récents rebondissements géopolitiques. Donald Trump a annoncé mardi que Washington avait renoué le dialogue avec Téhéran afin de trouver une issue favorable au conflit au Moyen-Orient. Lors d'un point presse aux côtés du président ukrainien Volodymyr Zelensky, le président américain a indiqué que les échanges avec l'Iran étaient interrompus depuis juin, à la suite de l'échec d'un protocole d'accord. "C'est une rencontre qui a duré trois heures", a précisé le POTUS, en évoquant une "très bonne" réunion et en assurant qu'une autre discussion était prévue "dans un futur très proche".
Pourtant, Trump s'était montré virulent la veille envers Téhéran devant l'Assemblée générale des Nations unies à New York. "L'Iran est le premier soutien du terrorisme. Pendant plus de 50 ans, Téhéran a joué au gros dur au Moyen-Orient mais c'est fini. Le programme nucléaire iranien a été anéanti. Avec moi, l'Iran n'aura jamais l'arme nucléaire."
L'enjeu stratégique du détroit d'Ormuz et la réponse internationale
En dépit de cette offensive du chef d'Etat américain, les initiatives pour enrayer la crise se multiplient. Ce mercredi, ce sera au tour du président iranien Massoud Pezeshkian de s'exprimer mercredi devant cette même assemblée générale des Nations unies, ont annoncé les médias iraniens Irna et Irib. Les marchés seront attentifs aux nouveaux signes de détente dans ce conflit américano-iranien.
Hier, un haut responsable iranien a rapporté à Reuters que l'Iran serait prêt à rouvrir le détroit d'Ormuz d'ici sept jours sous réserve que les Etats-Unis allègent la pression militaire et lèvent leur blocus sur les ports iraniens.
Cette perspective de réouverture est capitale pour l'économie mondiale. Dans un entretien accordé à la chaîne américaine ABC News, Emmanuel Macron s'est entretenu avec Donald Trump au sujet de cette voie maritime par laquelle transite près de 20% des hydrocarbures mondiaux. Le président français a déclaré que le "principal objectif" de sa rencontre avec son homologue américain était de "trouver le bon accord pour garantir la réouverture" du détroit d'Ormuz, dont la situation a été "probablement sous-estimée". Le chef d'Etat français se dit prêt à engager plus de moyens pour assurer cette réouverture. Par ailleurs, il n'a pas manqué de tancer Trump et son gouvernement américain : "bombarder un pays pour provoquer un changement de régime" n'était "pas une bonne option, parce que cela ne fonctionne pas".
Pétrole : nouvelle dynamique positive
Dans ce contexte géopolitique très mouvementé, les cours du pétrole restent pour l'instant toujours sous le seuil des 100 dollars. En baisse la veille, le baril de Brent de la mer du Nord se reprend, progressant de 1,16% à 99,69 USD après 10h30. Pareil pour le WTI américain qui avance de 0,40% à 91,18 USD au lendemain de son repli.
France : le secteur privé repart à la hausse en septembre
Outre les évolutions du dossier du conflit au Moyen-Orient et ses répercussions sur l'énergie, les investisseurs digèrent la publication de nombreuses données sur l'activité privée en France et en zone euro.
Dans l'Hexagone, l'économie donne des signes de redressement. Selon des données préliminaires de S&P Global, l'activité a en effet renoué avec la croissance en septembre. Dans le détail, l'indice PMI des services a nettement accéléré pour s'installer à 51,4 points, dépassant largement la donnée précédente (48 points) ainsi que les prévisions (48,3 points). En repassant au-dessus du seuil des 50 points (qui sépare la contraction de l'expansion), le secteur des services retrouve la croissance et évolue à un niveau inédit depuis 10 mois. Cependant, l'indice PMI manufacturier a toutefois reculé un peu plus que prévu en passant de 51,1 à 50,3 points, contre une estimation à 50,9 points. Il revient sur un plus bas de deux mois. Au final, l'indice PMI Composite qui fait la synthèse entre ces deux secteurs est passé de 48,5 à 51,2 points et affiche une croissance à son rythme le plus élevé depuis 25 mois.
En zone euro, la croissance de l'activité atteint un sommet de près de trois ans et demi en septembre. L'indice PMI Flash composite S&P Global s'est redressé de 52 en août à 53,1, signalant ainsi une troisième hausse mensuelle consécutive de l'activité du secteur privé de la région, et la plus forte croissance depuis près de trois ans et demi. La croissance a affiché un rythme soutenu dans les deux secteurs étudiés, les taux d'expansion s'étant redressés à des sommets de 55 mois dans l'industrie manufacturière et de 10 mois dans le secteur des services. Précisément, dans les services, l'indice PMI flash ressort à 53 en septembre, après 51,6 en août, soit un sommet de 10 mois. Celui mesurant l'activité dans l'industrie manufacturière est en revanche resté stable à 52,7, comme en août, laissant entrevoir un taux de croissance inchangé.
BNP Paribas optimiste dans ses prévisions
Dans l'actualité des sociétés cotées, BNP Paribas ( 0,73%) figure parmi les plus fortes hausses du CAC 40 ce matin. Le titre du géant bancaire est soutenu par ses perspectives favorables qu'il a évoquées à l'occasion de la conférence financière de Bank of America hier. Le groupe confirme être en bonne voie pour enregistrer une croissance à deux chiffres de son BPA entre 2025 et 2028, "portée par des revenus en forte croissance, l'amélioration de son efficacité opérationnelle ainsi que par une gestion disciplinée du risque et de l'allocation du capital".
Air Liquide ( 0,6%) s'affiche en légère progression après l'ouverture des marchés. Avant une journée investisseurs programmée le 5 octobre, Deutsche Bank a confirmé sa recommandation à acheter sur le titre du spécialiste des gaz industriels, et relevé sa cible de cours de 190 à 192 euros. Air Liquide est considérée par la banque allemande comme une valeur de croissance régulière de la plus haute qualité.
En outre, Airbus a été sélectionné par la Direction générale de l'armement (DGA), via sa filiale Airbus Cybersecurity SAS, pour le contrat PARACOM, d'une durée de 25 ans. Celui-ci couvre l'étude, la réalisation de prototypes, la production et le maintien en condition opérationnelle de passerelles de cybersécurité.
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