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Les nuages s'amoncellent au-dessus du Moyen-Orient, les marchés baissent la tête
information fournie par Zonebourse 08/07/2026 à 18:02

Déclenchée par les Etats-Unis le 28 février, la guerre contre l'Iran avait finalement laissé place à un cessez-le-feu un peu incertain mais qui avait au moins le mérite de rassurer les marchés, comme l'a illustré le récent repli des cours pétroliers (-20% en un mois). Puis, à la surprise générale, Donald Trump a annoncé qu'il considérait le cessez-le-feu comme "terminé", tandis que son aviation a pilonné l'Iran au cours de la nuit.

Washington venait tout juste de souffler ses 250 bougies d'anniversaire quand Donald Trump a conduit une série d'attaques contre l'Iran au cours de la nuit, en réponse, dit-il, à des tirs effectués la veille par Téhéran contre des navires dans le détroit d'Ormuz.

La réponse iranienne ne s'est pas fait attendre et la République islamique a indiqué avoir frappé "85 cibles militaires américaines à Bahreïn et au Koweït à l'aide de missiles et de drones". Et la hache de guerre ne devrait pas être enterrée de sitôt, Trump ayant fait savoir dans l'après-midi que son armée frapperait "probablement" l'Iran au cours de la prochaine nuit... et qu'un nouveau blocus des navires iraniens pourrait être envisagé. Conséquence, le VIX repart en forte hausse ( 14%, vers 18,5).

Le nouveau point de friction entre les deux capitales semble surtout lié à la voie de navigation que doivent emprunter les navires dans le détroit : l'Iran conteste le passage le long des côtes d'Oman et souhaite que les bâtiments transitent par ses propres eaux afin de s'assurer un meilleur contrôle du passage.

Le pétrole reprend son ascension

Dans ces conditions, les cours de l'or noir repartent à la hausse, avec 5,63% pour le Brent, à 80,07 USD le baril, et 4,59% pour le WTI, à 75,69 USD.

Problème côté américain : la réserve stratégique de pétrole (SPR) est tombée à son niveau le plus bas depuis 1983, s'établissant à environ 325 millions de barils fin juin, et elle continue de diminuer.

"Washington utilise toujours ses réserves stratégiques pour contenir les prix à la pompe, mais sa marge de manoeuvre se réduit", analyse Frédéric Lorec, expert pétrole chez AlphaValue. Selon lui, le temps joue contre l'administration américaine : plus la situation perdure, moins celle-ci dispose d'outils pour réagir, d'autant que les élections de mi-mandat approchent. Finalement, "Washington pourrait finir par s'accommoder des exigences iraniennes concernant le détroit", avance le spécialiste.

A 16h30, les données publiées par l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) ont dévoilé que les stocks de pétrole brut aux Etats-Unis s'élevaient à 411,4 millions de barils lors de la semaine du 29 juin, signalant une hausse de 3 millions de barils par rapport à la semaine précédente. Les analystes tablaient pourtant sur un repli des stocks de l'ordre de 2,4 millions de barils.

La flambée du pétrole profite toutefois à TotalEnergies, qui signe la plus forte progression du CAC 40, avec 2,32%. Ailleurs en Europe, les autres spécialistes des hydrocarbures sont en forte hausse, à l'instar de Repsol ( 4,54%), Eni ( 3,66%), Var Energi ( 3,54%), bp ( 3,04%), Aker bp ( 3,15%) ou encore Equinor ( 3,06%).

Les autres valeurs en mouvement

Sur les marchés, le rouge est de mise : le CAC 40 recule de 2,18% à 8 245 points, soit la plus forte depuis le 3 mars, derrière Londres (-1,84%), tandis que Francfort abandonne 2,35%, notamment plombé par Rheinmetall, qui cède 4,58% après avoir annoncé suspendre un projet de recrutement de quelque 1 000 salariés dans sa division navale, une conséquence directe de l'abandon du projet de frégate F126.

D'autres géants de la défense sont aussi en berne, à l'instar de Renk (-5,04%), CSG (-3,87%) ou encore Safran (-4,23%).

Par ailleurs, Donald Trump a assuré qu'il allait autoriser l'Ukraine à fabriquer des systèmes antiaériens Patriot, indispensables face aux missiles balistiques russes. "Nous n'avons pas encore informé l'entreprise, mais ça va s'arranger. Je suis sûr qu'ils seront enchantés", a ajouté le président des Etats-Unis. "Nous avons beaucoup de pouvoir sur ces entreprises qui fabriquent le Patriot", a-t-il assuré. En attendant, Lockheed Martin, principal fournisseur du système, recule de 0,85% à New York.

Enfin, sur le front macroéconomique, le département du Commerce des Etats-Unis a fait savoir que les stocks des grossistes américains avaient augmenté de 0,1% entre avril et mai 2026, après une hausse de 0,7% le mois précédent. Les économistes anticipaient une hausse de 0,3%.

Par ailleurs, les opérateurs prendront connaissance à 20h des dernières "minutes" de la Fed, un document qui détaille le contenu de la dernière réunion de politique monétaire de juin.

En attendant, l'euro recule de 0,1% face au billet vert, autour de 1,139 USD.

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