(Zonebourse.com) - Vers 15h, le yen s'équilibre autour de 158,70 yens pour un dollar (soit 0,0063 dollar) après que la Banque du Japon a maintenu son taux directeur à 0,75%. Lors de sa réunion de politique monétaire tenue ce mardi, le Conseil de la BoJ a tranché en faveur de la stabilité à une majorité de 6 voix contre 3.
Trois membres du comité (Junko Nakagawa, Hajime Takata et Naoki Tamura) ont voté contre le statu quo, plaidant pour une hausse immédiate à 1 % .
Un biais "hawkish" malgré la pause
Réagissant à cette décision, Jean-Thomas Heissat, stratégiste chez CPRAM estime que "plusieurs éléments renforcent le biais hawkish adopté par la banque centrale depuis plusieurs mois". Selon lui, "la BoJ acte d'un contexte plus heurté du fait de l'impact du conflit au Moyen-Orient mais son scénario économique exclut des perturbations importantes des chaînes d'approvisionnement. Dans cette optique, elle prévoit de poursuivre la normalisation de sa politique monétaire."
La banque centrale japonaise a fortement révisé ses prévisions économiques dans le sillage de ce conflit. La croissance attendue pour 2026 passe de 1% à 0,5%, mais devrait se redresser à 0,7% en 2027 et 0,8% en 2028.
En outre, l'inflation core (hors alimentation fraîche) est revue en hausse et attendue à 2,8% en 2026 contre 1,9% précédemment. Les prévisions sur l'indice core (hors alimentation fraîche et énergie) ont également été revues en nette hausse et demeurent supérieures à la cible de 2% en 2026, 2027 et 2028.
La prudence de Kazuo Ueda
Le gouverneur de la Banque du Japon Kazuo Ueda a justifié ce maintien par une prudence face au pouvoir d'achat. D'un côté, l'inflation actuelle est perçue comme "importée" (énergie, pétrole). Augmenter les taux trop vite alors que les salaires ne suivent pas encore totalement pourrait étouffer la consommation des ménages.
De l'autre, la BoJ préfère observer l'impact réel et durable des tensions au Moyen-Orient sur l'économie globale avant d'agir.
Avant l'annonce de cette décision de politique monétaire, Mirabaud observait que "les anticipations d'une hausse en avril se sont estompées depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, bien que les responsables restent déterminés à relever les taux à terme".
Le risque réside dans le message du gouverneur Ueda : s'il ne se montre pas suffisamment ferme, la faiblesse du yen pourrait raviver les craintes d'une intervention. "Les marchés voient désormais juin comme la date la plus probable pour la prochaine hausse, avec des répercussions sur les marchés des changes et la crédibilité de la politique monétaire", atteste le groupe de banque privée et de gestion d'actifs.
"La Banque du Japon se dit toutefois prête à relever ses taux si ses prévisions économiques se concrétisent. Sauf détérioration de la situation en Iran, nous pensons que la BoJ devrait reprendre sa campagne de normalisation de sa politique monétaire dès sa réunion de juin", signale, de son côté, La Banque Postale AM.
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