Aller au contenu principal
Fermer

Le marché des SPAC aux États-Unis paie pour ses excès, selon Amundi
information fournie par Reuters 27/05/2021 à 11:36

LE MARCHÉ DES SPAC AUX ÉTATS-UNIS PAIE POUR SES EXCÈS, SELON AMUNDI

LE MARCHÉ DES SPAC AUX ÉTATS-UNIS PAIE POUR SES EXCÈS, SELON AMUNDI

par Patrick Vignal

PARIS (Reuters) - La correction observée sur les SPAC aux Etats-Unis sanctionne les excès entourant ces sociétés qui entrent en Bourse pour lever des fonds afin de réaliser ultérieurement des acquisitions, dit-on chez Amundi.

Porté par une liquidité abondante et par le retour de l'appétit pour le risque, ce marché a explosé ces deux dernières années mais redescend sur terre, dit à Reuters Vincent Mortier, directeur adjoint des gestions chez Amundi.

Après une année record en 2020, près de 300 introductions en Bourse (IPO) de SPAC ont été enregistrées au premier trimestre 2021 aux Etats-Unis, permettant de lever près de 100 milliards de dollars, soit plus que le montant total de l'an dernier, selon des données fournies par le numéro un européen de la gestion d'actifs.

Cet engouement excessif, qui a permis aux SPAC d'accaparer près des deux tiers de la valeur totale du marché des IPO aux Etats-Unis, a entraîné un assainissement forcé permettant de séparer le bon grain de l'ivraie, explique Vincent Mortier.

"Le risque de bulle est avéré et la bulle a déjà commencé à se dégonfler sans même que le régulateur ait vraiment eu à s'en mêler", dit-il.

"A la fin du premier trimestre, à la fois en termes de volumes et de prix des SPAC, on a eu une correction assez majeure aux Etats-Unis. Près des deux tiers des SPAC aux Etats-Unis cotent désormais sous leur prix d'introduction, avec une sanction particulièrement lourde pour les plus ésotériques et les plus fragiles."

Un SPAC (Special Purpose Acquisition Company) est une "coquille vide" qui permet de lever des capitaux par le biais d'une offre publique de vente dans le but de fusionner dans un délai allant jusqu'à deux ans avec une société non cotée, permettant à celle-ci d'entrer en Bourse plus rapidement que par les procédures classiques.

Le profil de certains sponsors et le caractère souvent vague du projet posent cependant problème, de même que la longueur du délai précédant l'acquisition visée, pendant lequel le SPAC peut être la cible de vendeurs à découverts, attirés par le parfum de bulle, selon Amundi.

Les investisseurs ne sont en outre pas toujours capables de comprendre la structure de ces opérations et d'en évaluer les coûts et les risques, estime Vincent Mortier.

DES PROJETS SOUVENT "TRÈS CREUX"

"Le régulateur doit se pencher sur les sponsors, leur qualification, leurs intentions et sur d'éventuels conflits d'intérêt, en sachant que certains se lancent sur jusqu'à huit SPAC simultanément, utilisant l'option gratuite que leur offre ce type d'opération pour multiplier les paris", estime-t-il.

"Les prospectus de SPAC sont souvent verbeux et techniques mais à l'intérieur, c'est quand même très creux. On a vu arriver sur ce marché des joueurs de basket et des influenceurs, avec même tout récemment un SPAC dont l'objectif était d'en racheter un autre."

Les banques, qui touchent des commissions à la fois sur la création du SPAC et sur la fusion à laquelle il aboutit, sont les grandes gagnantes de ces opérations, ajoute-t-il.

"Le sponsor, lui, peut gagner et, en général, ne risque pas grand-chose. Quand il y a des abus, ceux qui trinquent sont souvent des investisseurs particuliers qui étaient arrivés à la fin."

La société de gestion s'interroge en outre sur l'avantage compétitif qu'offre un SPAC pour réaliser une acquisition par rapport à une opération de capital-investissement ou émanant d'un acteur coté du secteur concerné.

"Pour nous, il est plus intéressant d'investir dans une introduction en Bourse classique ou dans une action secondaire", explique Vincent Mortier. "Là, au moins, vous savez ce que vous achetez."

Les excès des SPAC sont largement concentrés sur les Etats-Unis, le marché européen étant nettement plus petit, avec des sponsors au profil plus rassurant et une moindre présence des investisseurs particuliers, ajoute-t-il.

"Aux Etats-Unis, ceux qui ont acheté sont souvent des acteurs de la communauté présente sur des forums et des applications comme Robinhood, que l'on avait déjà vus à l'oeuvre contre des vendeurs à découvert sur des titres décotés comme GameStop et qui sont également souvent actifs sur le marché des cryptomonnaies", dit-il.

"Quand un objet n'est pas valorisé, il prête le flanc à la spéculation, dans un contexte où la liquidité est abondante et où le régulateur tarde à intervenir."

(édité par Blandine Hénault)

Valeurs associées

74,100 EUR Euronext Paris -2,31%
23,080 USD NYSE -1,20%

3 commentaires

  • 08 juin 20:23

    Et qui prête aux SPAC, ce sont bien les banques, non?Elles prennent des risques considérables à prêter à crédit, tout ça avec l argent des banques centrales,mais le robinet va se refermer, et qu adviendra t il de toutes ces sociétés cotées ?? Il y a trop d argent données par la FED et BCE, tout va s ecrouler


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Des véhicules endommagés devant un bâtiment touché par une attaque iranienne à Ramat Gan, dans le centre d'Israël, le 6 avril 2026 ( AFP / Ilia YEFIMOVICH )
    information fournie par AFP 07.04.2026 00:49 

    Voici les derniers événements lundi en lien avec la guerre au Moyen-Orient, au 38e jour du conflit: - Trump menace l'Iran de destruction Le président américain Donald Trump assure être prêt à détruire l'Iran "entier (...) en une seule nuit" si l'ultimatum qu'il ... Lire la suite

  • Capture d'image de la retransmission vidéo de la Nasa du survol de la Lune réalisé par la mission Artémis II, le 6 avril 2026 ( NASA / Handout )
    information fournie par AFP 06.04.2026 23:46 

    Les quatre astronautes d'Artémis II ont commencé lundi leur période d'observation rapprochée de la Lune, peu après être devenus les êtres humains s'étant aventurés le plus loin de la Terre. Débordant d'enthousiasme, les Américains Christina Koch, Victor Glover, ... Lire la suite

  • Un opérateur à la Bourse de New York, le 2 avril 2026 ( AFP / CHARLY TRIBALLEAU )
    information fournie par AFP 06.04.2026 22:48 

    La Bourse de New York a terminé en hausse lundi, malgré des tensions géopolitiques persistantes et une nouvelle hausse des prix du pétrole, les opérateurs évaluant les chances d'un cessez-le-feu entre l'Iran et les Etats-Unis. Le Dow Jones a progressé de 0,36%, ... Lire la suite

  • Des motocyclistes font la queue pour faire le plein de carburant dans une station-service à Karachi, le 3 avril 2026 au Paskistan ( AFP / Rizwan TABASSUM )
    information fournie par AFP 06.04.2026 22:17 

    Voici les dernières évolutions économiques mondiales lundi vers 20H00 GMT, après 37 jours de conflit a Moyen-Orient: - Le pétrole se reprend, Wall Street en hausse Les cours du pétrole ont légèrement progressé dans un marché aux échanges limités par les fêtes de ... Lire la suite

Mes listes

Cette liste ne contient aucune valeur.
Chargement...