Une meilleure intégration des banques et du capital-risque pourrait accroître le PIB de l'UE d'environ 3% à long terme, selon le Fonds monétaire international. Les deux tiers du gain viendraient de la suppression des obstacles au crédit bancaire transfrontalier, et le dernier tiers d'une offre plus abondante de capitaux à risque.
Les différences entre les régimes d'insolvabilité, les mécanismes de garantie des dépôts et les règles prudentielles continuent de freiner l'activité des banques au-delà de leur marché national. Les prêts accordés directement depuis un autre État membre ne représentent ainsi qu'environ 5% des volumes destinés aux entreprises européennes. Selon le FMI, une harmonisation de ces cadres pourrait accroître à elle seule le PIB de l'Union de 2% à long terme, en permettant une allocation plus efficace du crédit, un élargissement du choix de prêteurs et une réduction des coûts de financement des entreprises.
Les travaux d'Alex Lehmann pour le CFA Institute permettent de mesurer plus précisément le retard européen dans le capital-risque. Les investissements dans le capital-risque et le capital-développement représentent environ 0,2% du PIB européen, seulement un quart des volumes américains. Lors des tours de financement les plus avancés, l'Europe ne mobiliserait que 10% des montants investis aux États-Unis, ce qui conduit certaines entreprises à rechercher leurs financements à l'étranger et peut favoriser le déplacement ultérieur de leur cotation, de leurs équipes ou de leurs activités de recherche.
Ces constats reprennent largement ceux du rapport Draghi sur la compétitivité européenne, publié en septembre 2024. Celui-ci préconisait déjà d'achever l'union bancaire, d'harmoniser les règles d'insolvabilité et la fiscalité des investissements transfrontaliers, de renforcer les pouvoirs de l'ESMA et de développer les régimes de retraite par capitalisation. Il proposait aussi de relancer la titrisation afin de libérer une partie des bilans bancaires et de soutenir davantage le crédit. L'apport du FMI consiste donc surtout à chiffrer les effets économiques potentiels de ces réformes.
Le Fonds recommande par ailleurs de simplifier la commercialisation transfrontalière des fonds et les régimes applicables au capital-risque, tout en encourageant les assureurs et les fonds de pension à investir davantage dans les actions et les actifs non cotés. Ces mesures pourraient orienter une partie des 11 000 milliards d'euros d'épargne des ménages vers le financement des entreprises, sous réserve de maintenir une supervision commune et des protections adaptées pour les investisseurs.
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