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* La Cour estime que le projet de loi portait atteinte aux libertés
* La décision critique également l'obligation de justifier de son âge
* Macron demande au gouvernement de remanier le projet de loi
(Ajout d'informations issues du paragraphe 3) par Elizabeth Pineau et Sudip Kar-Gupta
Le Conseil constitutionnel a bloqué vendredi un projet de loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, estimant qu’il portait atteinte à la liberté d’expression et infligeant ainsi un revers au président Emmanuel Macron, qui a demandé à son gouvernement de remanier le texte.
Le projet de loi aurait interdit aux enfants de moins de 15 ans d’ouvrir un compte sur les réseaux sociaux à compter du 1er septembre. Les comptes déjà ouverts auraient dû être fermés dans un délai de quatre mois par les plateformes de réseaux sociaux, qui auraient également dû utiliser un système de vérification de l’âge approuvé par l’autorité française de protection des données.
Mais le Conseil constitutionnel français a estimé que le projet de loi, tout en exigeant de chacun qu’il fournisse une preuve d’âge, omettait de « préciser les conditions et les limites » dans lesquelles celle-ci devait être fournie, et qu’il portait atteinte aux libertés et à la vie privée.
« Le Conseil estime que les dispositions contestées, d’une part, portent atteinte de manière disproportionnée à la liberté d’expression et de communication et, d’autre part, ne prévoient pas les garanties juridiques nécessaires pour assurer le droit au respect de la vie privée », a-t-il déclaré. Les législateurs français avaient adopté le projet de loi en juillet, devenant ainsi les premiers en Europe à emboîter le pas à l’Australie, dont l’interdiction, une première mondiale, avait bloqué en décembre l’accès aux plateformes telles que Facebook, Snapchat, TikTok et YouTube pour les moins de 16 ans. Les législateurs australiens envisagent actuellement des sanctions plus sévères après que des données ont révélé des résultats mitigés.
Partout dans le monde , notamment en Chine, aux Émirats arabes unis et en Turquie, des pays ont soit mis en place des mesures visant à restreindre ou à interdire l’accès aux réseaux sociaux pour les jeunes, soit annoncé leur intention de le faire.
L’Union européenne a déclaré qu’elle prévoyait de renforcer la protection des enfants contre les fonctionnalités néfastes des réseaux sociaux.
Les entreprises de réseaux sociaux s’opposent généralement aux interdictions générales, affirmant qu’elles ont déjà mis en place des mesures pour protéger les jeunes utilisateurs, notamment des restrictions d’âge, bien qu’elles aient également déclaré qu’elles se conformeraient aux interdictions gouvernementales. Google, Meta, Snap et TikTok n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires.
Emmanuel Macron, qui avait exhorté en avril les adolescents à éteindre leurs appareils et à lire afin de devenir de meilleurs citoyens, a chargé le Premier ministre Sébastien Lecornu de remanier le projet de loi afin de tenir compte des préoccupations du Conseil constitutionnel, a indiqué l’Élysée dans un communiqué. L’Élysée a précisé qu'Emmanuel Macron était déterminé à ce que la réforme entre en vigueur avant le printemps 2027, date à laquelle la France tiendra une élection présidentielle. Emmanuel Macron ne peut pas briguer un troisième mandat.

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