Des applications de médias sociaux sont affichées sur un téléphone portable
par Maria Cheng
Le gouvernement canadien a présenté mercredi un projet de loi sur la sécurité numérique visant à interdire l'accès aux réseaux sociaux aux jeunes de moins de 16 ans, avec des dérogations pour les plateformes respectant certaines normes de sécurité.
Le projet de loi vise également à rendre les chatbots basés sur l'Intelligence artificielle (IA) plus sûrs en mettant en place un régulateur numérique chargé d'établir des normes de sécurité, a déclaré un responsable gouvernemental.
Les entreprises pourraient se voir infliger des amendes équivalentes à 3% de leur chiffre d'affaires mondial ou jusqu'à 10 millions de dollars canadiens (6,20 millions d'euros), le montant le plus élevé étant retenu, en cas de non-respect de la réglementation.
"Les plateformes de réseaux sociaux et les chatbots basés sur l'IA sont conçus pour capter l'attention. Ils ne favorisent pas un développement sain chez les enfants et sont devenus une source d'anxiété, d'isolement, de dépression et de toute une série d'autres problèmes de santé mentale pour de nombreux jeunes Canadiens », a déclaré Marc Miller, ministre de l'Identité et de la Culture canadiennes.
La présentation du projet de loi au Parlement intervient quelques semaines après la poursuite en justice d'OpenAI par des familles touchées par l'une des pires fusillades de masse du pays.
Ces derniers ont accusé la société d'avoir été mis au courant des intentions du tueur présumé - qui avait planifié l'attaque sur ChatGPT - sans pour autant prévenir la police.
OpenAI n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires.
En décembre, l'Australie est devenue le premier pays au monde à interdire les réseaux sociaux aux jeunes de moins de 16 ans. Un mois après l'adoption de cette loi, les entreprises de réseaux sociaux ont collectivement désactivé les comptes de près de cinq millions d'adolescents.
Lors d'une réunion d'information technique, des responsables gouvernementaux canadiens ont déclaré qu'il faudrait peut-être un an pour que le projet de loi soit adopté et 18 mois pour mettre en place l'autorité de régulation numérique.
Un porte-parole de Google, propriétaire de YouTube, a déclaré que l'entreprise s'engageait à collaborer avec le gouvernement fédéral pour établir des normes de sécurité plus strictes pour toutes les plateformes.
Meta, propriétaire de Facebook et d'Instagram, a aussi assuré être en train d'examiner "les détails de la loi sur la sécurité numérique".
X, anciennement Twitter, dirigé par Elon Musk, et Snapchat, n'ont pas répondu aux demandes de commentaires.
(Rédigé par Maria Cheng; rédaction complémentaire pas Jasper Ward; version française Rihab Latrache, édité par)

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