La position allemande va à rebours du plan de "méga-budget" proposé par la Commission européenne sur la période 2028-2034.
Friedrich Merz, à Berlin, le 27 juillet 2026 ( AFP / JOHN MACDOUGALL )
Face au budget XXL gonflé à 2.000 milliards d'euros que propose la Commission européenne pour l'UE à partir de 2028, le chancelier allemand Friedrich Merz a appelé mardi 28 juillet l'Union européenne à réduire de plusieurs centaines de milliards d'euros son futur budget pluriannuel et à accélérer les réformes destinées à renforcer la compétitivité du continent.
En déplacement à Dublin, où il a rencontré le Premier ministre irlandais Micheál Martin, M. Merz a pris fait et cause pour le camp des "frugaux", ces pays du nord de l'UE qui préconisent à la Commission Européenne d'être nettement plus économe sur son futur budget pour la période 2028-2034, en cours de discussion.
Dépenses massives au niveau national
La déclaration de Friedrich Merz pour les finances de l'UE contraste avec sa ligne à l'échelle nationale, et un projet de budget fédéral allemand pour 2027 placé sous le signe de l'endettement et de l'explosion des dépenses militaires après le recours au "bazooka budgétaire" revendiqué par le chancelier dès 2025.$
Le gouvernement allemand prévoit ainsi d'emprunter massivement en 2027, avec près de 200 milliards d'euros de nouvelles dettes, largement consacrés à la relance de l'appareil de défense du pays.
Coupes "impératives" au niveau continental
Bruxelles a proposé l'an dernier une enveloppe totale de 2.000 milliards d'euros, en forte hausse par rapport au budget actuel afin notamment de financer les priorités liées à la défense, à la transition écologique et à la compétitivité. Mais aux côtés de Micheál Martin, dont la pays assure la présidence tournante de l'UE, le dirigeant conservateur allemand a estimé que l'Union doit au contraire plaider pour des coupes "impératives" de plusieurs centaines de milliards d'euros.
"Nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre des augmentations exorbitantes des dépenses", alors que l'UE mène des "efforts considérables pour consolider les finances publiques", a-t-il martelé.
Pour financer cette hausse du budget tout en soulageant les contribuables européens, Bruxelles étudie notamment une taxe sur les grandes entreprises. Même si Merz se dit "prêt à discuter de nouvelles ressources propres" pour l'UE, une nouvelle taxe pour les entreprises "ne peut être envisagée" selon lui.
Au sujet de la compétitivité du bloc, devenue la boussole de Bruxelles face à la crise économique qui frappe la zone euro, Merz a estimé que les efforts engagés restent insuffisants. "Je suis un peu préoccupé par le fait que le zèle dans l’UE et le niveau d’ambition ont nettement diminué depuis le milieu d'année environ" à ce sujet, a regretté le chancelier. "Nous devons faire davantage", a-t-il insisté, citant les procédures d'autorisation "trop longues" pour les investissements. M. Merz a aussi réclamé "un démantèlement en profondeur de la bureaucratie" européenne.
Récemment, en juillet, la Commission européenne a proposé d'assouplir son mécanisme de tarification du carbone, fustigé par les industries du continent, suscitant les critiques d'ONG qui dénoncent le détricotage incontrôlé de règlementations environnementales par l'UE.
Pour le chancelier allemand, la compétitivité et la protection du climat "vont de pair".
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