La France inscrira la volatilité des marchés des changes à l'ordre du jour des discussions du Groupe des Sept (G7) si nécessaire, a déclaré mardi le ministre de l'Economie Roland Lescure, Paris profitant de sa présidence du forum pour promouvoir des mesures face à ce qu'il qualifie de détérioration des déséquilibres économiques mondiaux.
Le dollar américain a atteint la semaine dernière son plus bas niveau depuis plus de quatre ans et demi par rapport à l'euro, tandis que le yuan chinois reste faible depuis des années par rapport aux autres grandes devises, ce qui confère à ses exportations un avantage concurrentiel.
"Si besoin, je mettrai évidemment ce sujet de la volatilité des marchés d'échanges à l'ordre du jour", a déclaré Roland Lescure aux journalistes lors de la présentation de ses priorités pour le G7.
Le G7, autrefois un forum de premier plan pour traiter les questions économiques mondiales entre les pays industrialisés, lutte pour conserver son influence, en particulier dans un contexte international marqué par les politiques unilatérales de l'administration Trump.
Roland Lescure, qui accueillera les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G7 à Paris les 18 et 19 mai, a souligné que la France souhaitait que le groupe se concentre sur les déséquilibres qu'il a décrits comme étant la conséquence d'une consommation excessive alimentée par le crédit aux États-Unis, d'un manque d'investissement en Europe et d'une croissance tirée par les exportations en Chine.
"Évidemment ces déséquilibres sont insoutenables et si nous continuons à ce rythme sans dialoguer, sans se mettre d'accord sur les mesures pour les corriger, ça terminera mal. Crise économique, crise financière, crise politique ? En tout cas, ça terminera mal", a-t-il dit.
Il a également déclaré que les ministres des Finances du G7 devraient s'accorder sur un "catalogue" d'outils communs pour remédier aux déséquilibres, en ciblant éventuellement des secteurs spécifiques tels que les terres rares.
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a convoqué le mois dernier une réunion avec ses homologues du G7 et d'autres pays partenaires afin de discuter des moyens de réduire la dépendance vis-à-vis de la Chine en matière de terres rares, notamment en fixant un prix plancher et en créant de nouveaux partenariats pour mettre en place de nouvelles voies d'approvisionnement.
Roland Lescure a déclaré qu'il souhaitait également profiter de la présidence française du G7 pour relancer les discussions sur la taxation des entreprises multinationales.
(Leigh Thomas, version française Diana Mandia, édité par Augustin Turpin)

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