La filiale italienne de la plateforme de livraison de repas Deliveroo a annoncé vendredi qu’elle augmenterait de 40% la rémunération de ses coursiers, quelques mois après que le parquet de Milan l’a placée sous administration judiciaire pour des soupçons d’exploitation de travailleurs.
Le groupe britannique, détenu par l’américain DoorDash, a été accusé par le parquet de rémunérer ses quelque 20.000 travailleurs en dessous du seuil de pauvreté, avec une rémunération brute moyenne comprise entre 3 et 4 euros par livraison.
Deliveroo a déclaré dans un communiqué avoir présenté une série de mesures concrètes qui, "une fois vérifiées, constituent une étape importante vers la levée du contrôle judiciaire et la clôture de l’enquête pénale".
Le parquet de Milan n’a pas réagi publiquement à aux engagements de Deliveroo. Une source ayant une connaissance directe du dossier a indiqué que le groupe n’avait pas encore officiellement demandé la levée de l’administration judiciaire.
Deliveroo a annoncé qu’il porterait son tarif minimum de rémunération à 14 euros de l’heure, contre 10 euros auparavant, et qu’il mettrait en place plusieurs mesures de sécurité, notamment une limitation du nombre d’heures de travail des livreurs employés par l’entreprise.
Le document ayant placé Deliveroo sous contrôle judiciaire en février indiquait que de nombreux livreurs travaillaient sept jours sur sept, jusqu’à 17 heures par jour.
GLOVO ÉGALEMENT SOUS CONTRÔLE JUDICIAIRE
La filiale italienne de la société espagnole de livraison Glovo, également placée sous administration judiciaire par le parquet de Milan en février, avait annoncé en mai des améliorations similaires pour ses travailleurs, dont une hausse de 40% de leur rémunération, à au moins 14 euros de l’heure.
Cette proposition n’a toutefois pas convaincu les procureurs. Ceux-ci ont rendu un avis défavorable à la demande de Glovo visant à obtenir la levée de l’administration judiciaire, une décision qui doit être examinée par un juge, selon un document daté du 18 août et consulté par Reuters.
Les travailleurs de Glovo continuent d’être exploités et ne sont pas rémunérés pour au moins 30% des heures qu’ils effectuent, ont déclaré les procureurs. Ils ont également indiqué que les livreurs devraient être employés comme salariés de l’entreprise, plutôt qu’en tant qu’indépendants.
Glovo, propriété de l’allemand Delivery Hero, a déclaré qu’il présenterait au tribunal "les raisons pour lesquelles nous estimons que les mesures prises répondent de manière adéquate aux problèmes soulevés. Glovo continuera, comme elle l’a fait jusqu’à présent, à coopérer pleinement avec les autorités".
(Reportage Anna Uras et Emilio Parodi, version française Elena Smirnova, édité par Zhifan Liu)

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer