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L'Iran pourrait perturber pendant des mois le trafic du détroit d'Ormuz
information fournie par Reuters 04/03/2026 à 17:05

Les attaques de drones de l'Iran dans le détroit d'Ormuz, en représailles aux frappes israélo-américaines, sont susceptibles de perturber pendant des mois le trafic maritime qui transite par cet axe essentiel pour le transport pétrolier.

En revanche, selon des analystes militaires et des spécialistes du renseignement, il n'est pas certain que Téhéran puisse continuer à maintenir son barrage de missiles au-dessus du détroit aussi longtemps.

Depuis le déclenchement, samedi, des frappes américano-israéliennes, l'Iran a lancé des centaines de missiles et plus de 1.000 drones sur les Etats du Golfe, alliés des Etats-Unis.

La plupart a été interceptée par les défenses anti-aériennes de ces pays mais certains bureaux et immeubles d'habitation, ainsi que des infrastructures et des bases militaires américaines ont essuyé de sérieux dommages.

Téhéran est un important fabricant de drones et le pays dispose de la capacité industrielle pour en produire environ 10.000 par mois, selon le Centre for Information Resilience, une organisation à but non lucratif financée par le ministère des Affaires étrangères britannique.

La quantité de stocks de missiles que détient l'Iran n'est pas connue avec précision, avec des estimations allant de 2.500, selon l'armée israélienne, à environ 6.000, selon des analystes.

FLAMBÉE DES COURS DU PÉTROLE

La fermeture du détroit d'Ormuz, goulet d'étranglement entre Oman et l'Iran par lequel transite un cinquième de la quantité mondiale de pétrole brut et de gaz naturel liquéfié (GNL), est l'un des objectifs clefs de Téhéran pour contrer l'attaque des Etats-Unis et d'Israël, qui en est à son cinquième jour ce mercredi.

Les Gardiens de la Révolution ont affirmé mercredi que la marine iranienne avait le "contrôle complet" du détroit, menaçant tout navire qui tenterait d'emprunter cette voie.

Au moins 200 navires, y compris des pétroliers et des méthaniers mais aussi des cargos, ont jeté l'ancre dans les eaux libres au large des côtes des principaux producteurs du Golfe persique, dont l'Irak, l'Arabie saoudite ou encore le Qatar, selon des estimations Reuters fondées sur des données de suivi de la navigation de la plateforme MarineTraffic.

Des centaines d'autres navires sont bloqués en dehors du détroit, dans l'incapacité de rejoindre leurs ports de destination, toujours selon ces données.

Le déclenchement de la guerre et, en particulier, la situation dans le détroit d'Ormuz, ont fait flamber les cours du brut depuis le début de la semaine, avec une hausse de 12% des cours du Brent et bond de 50% d'un cours de référence du gaz naturel en Europe.

"L'Iran ne va pas rendre les armes ni facilement ni rapidement, le pays a les moyens de rendre dangereux le trafic commercial dans le détroit d'Ormuz", a déclaré Bob McNally, président de Rapidan Energy Group.

"Les Etats-Unis accordent la priorité à la destruction des armes, des bases et de l'infrastructure qui menacent le détroit. Mais il suffit que l'Iran montre qu'il est en mesure de toucher quelques pétroliers et les craintes achèveront le travail :les gens ne voudront pas passer", a-t-il ajouté.

(Anna Hirtenstein, Andrew Mills et Jonathan Saul, Benoit Van Overstraeten pour la version française, édité par Sophie Louet)

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