Les grandes Bourses européennes devraient ouvrir autour de l'équilibre mardi matin avec la poursuite de la remontée des prix du pétrole sur fond d'impasse diplomatique au Moyen-Orient et faute de facteurs susceptibles de leur fournir un élan supplémentaire après les records atteints la semaine passée.
Les contrats à terme sur les principaux indices du Vieux Continent signalent une progression d'à peine 0,1% pour le CAC 40, une ouverture à l'équilibre pour le DAX et un repli de moins de 0,1% pour l'Euro STOXX 50.
L'absence de développement favorable dans le Golfe commence à préoccuper les gérants, qui redoutent un nouvel accès de volatilité des cours pétroliers.
La semaine dernière, les places boursières mondiales avaient établi de nouveaux plus hauts historiques à la faveur d'un rapport sur l'emploi américain écartant la menace d'une prochaine hausse des taux de la Fed, mais aussi d'un net reflux des cours de l'or noir, lié aux promesses d'une réouverture du détroit d'Ormuz.
Alors que l'Iran affirmait avoir trouvé un accord avec Oman sur un nouveau tracé dans le détroit d'Ormuz, aucune avancée notable sur le sujet n'a été annoncée pour le moment.
"Dans le même temps, la menace permanente qui pèse sur les infrastructures énergétiques saoudiennes pourrait maintenir les marchés sous tension", prévient Konstantinos Chrysikos, chez Kudo.com.
"Par ailleurs, les tensions sécuritaires en mer Rouge risquent de tendre davantage l'offre et d'alimenter les inquiétudes quant à la viabilité des voies d'exportation alternatives", avertit le professionnel.
Des implications inflationnistes persistantes
Ces interrogations se traduisent par un redressement des prix du brut. Le Brent reprend 0,1% à 87,8 dollars le baril et le WTI américain s'adjuge 0,2% à 82,3 dollars.
Les investisseurs savent que des prix du pétrole plus élevés augmentent non seulement la charge financière des entreprises, mais qu'ils risquent aussi de faire durer les pressions inflationnistes.
Dans ce scénario, la Réserve fédérale américaine disposerait d'une marge de manoeuvre plus étroite pour la conduite de sa politique monétaire.
En bref, le cocktail d'un coût élevé du capital et d'une croissance au ralenti pourrait rendre difficile la prolongation du climat porteur des derniers mois.
Rassurés par la solidité de la saison des résultats de 2e trimestre, les marchés boursiers ont jusqu'ici fait peu de cas de la situation au Moyen-Orient.
Après les zéniths, la menace d'une correction
Mais l'atteinte de nouveaux sommets, en Europe comme à New York, semble les rendre vulnérables à une correction. Le S&P 500, l'indice de référence des gérants américains, n'a plus corrigé de plus de 10% depuis plus d'une année, au printemps 2025.
"Aux niveaux actuels, j'estime que le profil risque/rendement n'est plus aussi attractif qu'il y a quelques semaines", souligne Linh Tran, analyste marchés chez XS.com.
D'après la spécialiste, les places boursières pourraient certes continuer d'enchaîner les plus hauts, mais il faudra une condition clé pour franchir un vrai cap à la hausse : que l'inflation ralentisse suffisamment pour permettre une détente des taux obligataires.
"Dans le cas contraire, la zone de records historiques que nous connaissons en ce moment pourrait représenter un véritable test pour la solidité et la pérennité de ce rallye", souligne-t-elle.
Limiter le risque
L'absence d'indicateurs économiques majeurs et de résultats de sociétés susceptibles d'influencer la tendance pourrait par ailleurs inciter les gérants à faire preuve de prudence.
En ce sens, les chiffres des prix à la consommation (CPI) aux Etats-Unis pour le mois de juillet, attendus demain, devraient constituer le seul véritable test important pour les marchés dans l'immédiat.
Comme d'habitude, les investisseurs scruteront attentivement la publication afin de déterminer si l'évolution de l'inflation est suffisamment favorable pour maintenir le scénario selon lequel la Réserve fédérale n'aura pas à opter pour un durcissement monétaire plus agressif au cours des mois à venir.
A ce titre, des données inférieures aux attentes offriraient probablement aux places boursières mondiales, comme vendredi avec l'emploi US, un nouvel élan pour poursuivre leur dynamique haussière et aller chercher de nouveaux sommets.
A l'inverse, une mauvaise surprise sur l'inflation aurait pour effet de nouvelles tensions sur les rendements obligataires et le déclenchement probable de prises de bénéfices sur les actions.
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