* En Europe, le CAC 40 a fini stable et le Stoxx 600 a pris 0,33%
* Wall Street dans le vert à mi-séance
* Les rendements de la dette souveraine restent à des pics plurianuels
par Diana Mandia
Les Bourses européennes ont terminé en légère hausse vendredi, les investisseurs faisant preuve de prudence face aux craintes inflationnistes qui entraînent une remontée des rendements obligataires à l'échelle mondiale.
À Paris, le CAC 40 .FCHI a fini presque stable (-0,04%) à 8.077,80 points. À Francfort, le Dax .GDAXI a pris 0,51% et à Londres, le FTSE 100 .FTSE a gagné 0,14%.
L'indice EuroStoxx 50 .STOXX50E a terminé sur un gain de 0,45%, le FTSEurofirst 300 .FTEU3 s'est octroyé 0,34% et le Stoxx 600 .STOXX a pris 0,33%.
Sur la semaine, le CAC 40 grappille 0,16% et le Stoxx 600 gagne 0,48%.
Si la baisse des cours du pétrole a permis aux marchés d'actions de souffler pendant une grande partie de la séance, le pétrole se maintient à des niveaux élevés et affiche déjà une hausse de 17% depuis le début du mois, les Houthis ouvrant en mer Rouge un nouveau front dans la guerre qui oppose les États-Unis à l'Iran et qui a bouleversé le transport de brut via dans le détroit stratégique d'Ormuz.
Les négociateurs américains et iraniens étudient, selon des sources, une sortie progressive du conflit, qui impliquerait que Téhéran rouvre Ormuz et que Washington lève son blocus économique contre Téhéran, une perspective qui alimente les espoirs des marchés sans pour autant modifier significativement les perspectives concernant un futur resserrement de la politique monétaire de la part des principales banques centrales.
Les rendements obligataires, en particulier les échéances à plus long terme, se situent aux alentours de leurs plus hauts niveaux depuis plusieurs années, ce qui reflète ces paris renforcés sur le relèvement des coûts d'emprunt, mais aussi les inquiétudes liées à la détérioration des finances publiques à l'échelle mondiale après des années d'endettement croissant.
"La hausse des coûts d'emprunt a des répercussions de plus en plus importantes tant sur l'investissement des entreprises que sur l'endettement des ménages. Le taux fixe des prêts immobiliers à 30 ans aux États-Unis s'établit désormais à 7,1%, ce qui illustre bien la manière dont la hausse des rendements se répercute sur l'ensemble de l'économie", souligne Jon Butcher, économiste chez Aberdeen Investments.
Une série de données économiques publiées cette semaine, notamment les indices PMI relatifs à l'activité du secteur privé tant aux États-Unis qu'en Europe, montre que l'économie résiste pour l'instant bien à la pression inflationniste, ce qui renforce l'opinion des opérateurs selon laquelle les banques centrales pourront se permettre une politique monétaire plus restrictive.
Le gouverneur de la Banque d'Angleterre (BoE), Andrew Bailey, a dit vendredi que les prix élevés de l'énergie rendraient plus difficile pour la banque centrale de maintenir son statu quo sur les taux, mettant ainsi en évidence le changement de ton en faveur d'une hausse des coûts d'emprunt.
L'emploi américain et les données sur l'inflation aux Etats-Unis et en zone euro, prévus la semaine prochaine, devraient encore influer sur les anticipations de politique monétaire.
VALEURS
À Paris, l'action Airbus AIR.PA a reculé de 1%, l'avionneur européen ayant annoncé la veille avoir identifié un défaut de qualité susceptible d'affecter des centaines de ses appareils à succès de type A321neo.
Ailleurs en Europe, HelloFresh HFGG.DE a reculé de plus de 9%, le fournisseur de kits repas ayant revu à la baisse ses prévisions pour l'ensemble de l'année.
Evonik EVKn.DE a grimpé de 7% après avoir reçu une proposition non contraignante de la part de de son compatriote allemand BASF BASFn.DE concernant une offre publique d'achat portant sur l'ensemble des actions de la société, une initiative qui pourrait contribuer à consolider le secteur européen de la chimie.
Au niveau sectoriel, les banques .SX7P du Stoxx 600 ont pris 1,19%, avec Société générale SOGN.PA terminant sur un gain de 3,4%.
A WALL STREET
A l'heure de la clôture en Europe, le Dow Jones .DJI gagne 0,39%, le Standard & Poor's 500 .SPX 0,20% et le Nasdaq Composite .IXIC 0,23%, l'optimisme lié à l'intelligence artificielle (IA) l'emportant sur les craintes inflationnistes.
Microsoft MSFT.O , qui a dévoilé vendredi plusieurs nouvelles fonctionnalités de son application Copilot, notamment un outil de programmation et un agent IA disponible en permanence, avance de 3%.
LES INDICATEURS DU JOUR
La croissance des prêts aux entreprises dans la zone euro a ralenti en août, montrent les données publiées vendredi par la Banque centrale européenne (BCE).
En Allemagne, le moral des consommateurs allemands devrait se dégrader plus que prévu à l'approche du mois d'octobre, selon une enquête de l'institut GfK et le Nuremberg Institute for Market Decisions (NIM).
Aux Etats-Unis, la confiance des consommateurs a pour sa part atteint en septembre son plus bas niveau depuis quatre mois, plombée par l'érosion du pouvoir d'achat des ménages due à la hausse de l'inflation.
TAUX
Aux Etats-Unis le rendement des Treasuries à dix ans US10YT=RR gagne près de 5 points de base pour s'établir à 5,2107%, très proche de son pic de 19 ans atteint cette semaine. Le deux ans US2YT=RR recule légèrement à 4,8889%.
Dans la zone euro, le rendement du Bund allemand à dix ans DE10YT=RR a terminé sur un gain de 1,3 point de base à 3,6236%, à son plus haut depuis juin 2009. Le deux ans DE10YT=RR a en revanche terminé la séance presque stable, à 3,2856%.
Les marchés tablent sur un taux de dépôt de la Banque centrale européenne (BCE) à 2,86% d'ici décembre, contre 2,50% actuellement, ce qui implique une hausse de taux d'un quart de point et une probabilité de près de 50% d'un deuxième relèvement. Le taux d'intérêt de référence devrait remonter jusqu'à 3,46% d'ici fin 2027, toujours selon les opérateurs.
En France, le rendement de l'OAT à dix ans FR10YT=RR a pris 1,1 point de base à 4,7251%, tandis que le "spread", ou l'écart entre les rendements des obligations d'État françaises et allemandes à 10 ans, évolue autour des 109 pdb après avoir atteint jeudi les 114,06 points de base, son plus haut niveau depuis juin 2012.
CHANGES
Le dollar cède 0,22% face à un panier de devises de référence .DXY , tout en s'apprêtant à enregistrer sa deuxième semaine consécutive de hausse, dans un contexte de paris croissants sur une hausse des taux d'intérêt de la Fed.
Le yen s'apprécie par ailleurs de 0,9% à 157,35 pour un dollar après que la ministre japonaise des Finances a déclaré que le président américain avait fait part de ses inquiétudes concernant la faiblesse de la devise nippone lors d'une rencontre avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi qui s'est tenue jeudi à New York.
L'euro gagne pour sa part 0,09% à 1,1389 dollar EUR= .
PÉTROLE
Le Brent LCOc1 cède 0,44% à 106,13 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) CLc1 abandonne 0,7% à 93,95 dollars.
A SUIVRE LE 28 SEPTEMBRE: nL8N45H0ZJ
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá)
|1|Les valeurs à suivre à la Bourse de Paris et en Europe WATCH/LFR |1|

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