Le graphique de l'indice boursier allemand DAX
par Coralie Lamarque
Les Bourses européennes ont terminé en hausse mardi, à l'exception de Londres, le recul des cours pétroliers rassurant avant la série de décisions de politique monétaire et de l'apogée de la saison des résultats d'entreprises.
À Paris, le CAC 40 a gagné 0,51% à 7.887,14 points. À Francfort, le Dax a avancé de 0,77% tandis qu'à Londres, le FTSE 100 a cédé 0,75%.
L'indice EuroStoxx 50 a progressé de 0,86%, le FTSEurofirst 300 de 0,47% et le Stoxx 600 de 0,51%.
Les investisseurs se préparent à découvrir les décisions de politique monétaire des principales banques centrales, la Réserve fédérale américaine (Fed) ouvrant le bal mercredi, suivie de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi, avant de terminer la semaine avec la Banque du Japon (BoJ).
Les marchés anticipent largement un maintien des taux de la part des trois banques centrales, afin de marquer une pause après la vague de hausses opérée le mois dernier pour endiguer l'envolée de l'inflation, propulsée par la flambée des prix de l'énergie en raison du conflit au Moyen-Orient.
"Le discours de Kevin Warsh sera déterminant pour préciser la trajectoire des taux directeurs lors des prochaines réunions, la volatilité persistante des cours de l’énergie pouvant toutefois limiter la marge de manoeuvre de la banque centrale américaine", a déclaré Louise Girard, analyste chez XTB France.
À la veille de la décision de la Fed, les cours pétroliers reculent d'environ 1,8% à la faveur des pourparlers de paix en cours au Moyen-Orient, ce qui contribue à rassurer les marchés.
Concernant la zone euro, les analystes soulignent le risque de fragmentation pour Francfort, en particulier avec la France, la situation financière de la deuxième économie du bloc européen était en proie à des craintes politique, sociale et budgétaire.
Les rendements obligataires français repartent à la hausse après une brève accalmie observée la veille, la poursuite de la mobilisation sociale et de l'examen par les parlementaires du budget 2027 interrogeant sur le champ d'action pour assainir les finances françaises.
"La BCE n’a aucune raison d’intervenir pour 'sauver' la France, surtout avant les élections, mais simultanément elle doit éviter la fragmentation de la zone. Il lui faut balancer le problème d’aléa moral avec son objectif implicite de stabilité financière", écrivent les analystes d'Oddo BHF dans une note.
En parallèle, la saison des résultats bat son plein, les opérateurs se préparant à appréhender un déluge de résultats mercredi et jeudi, tout en assimilant ceux du jour.
Outre-Atlantique, la séance est marquée par une série de révisions à la hausse des objectifs financiers, pour notamment PayPal et UPS, qui gagnent respectivement 1,1% et 3,9%.
L'opérateur hôtelier Hilton a également relevé ses prévisions de croissance annuelle, tout en avertissant que les élections de mi-mandat aux États-Unis et le conflit au Moyen-Orient pourraient peser sur ses résultats du quatrième trimestre, ce qui contribue à tirer l'action dans le rouge (-3,7%).
VALEURS
À Paris, le groupe français de spiritueux Rémy Cointreau a reculé de 2,22% après un abaissement de la recommandation sur le titre à "performance du marché" par Bernstein.
Lanterne rouge du SBF 120, Exosens a perdu 4,78%, la marge du fabricant français d'instruments d'optique décevant les investisseurs malgré un bond du chiffre d'affaires au troisième trimestre.
Ailleurs en Europe, BESI a grimpé de 11,41% après que l'équipementier américain Applied Materials a annoncé son intention d'augmenter sa participation dans le fabricant néerlandais de semi-conducteurs, la faisant passer de 9% à environ 20%.
À Londres, HSBC a chuté de 5,42%, les résultats en deçà des attentes de la plus grande banque européenne contrastant avec les solides performances jusqu'alors observées dans le secteur bancaire, qui avaient alimenté les attentes des investisseurs malgré des craintes croissantes liées à l'inflation.
À WALL STREET
Au moment de la clôture en Europe, Wall Street reste dans le vert, le Dow Jones avançant de 0,03%, le Standard & Poor's 500 de 0,62% et le Nasdaq Composite de 1,24%.
L'avionneur américain Boeing creuse ses pertes à la mi-séance, l'action plongeant de 9,7% après que le président-directeur général Kelly Ortberg a déclaré que le groupe n'atteindrait pas avant début 2027 son objectif de cadence de production pour le Boeing 737, fixé à 47 appareils par mois.
L'annonce marque un sérieux revers pour le rival d'Airbus et implique que le constructeur aéronautique américain n'atteindra pas son objectif annuel de 500 livraisons.
LES INDICATEURS DU JOUR
En France, la confiance des ménages est tombée en octobre à son plus bas niveau depuis 2013, l'indicateur de l'Insee ressortant à 80 points après 85 points en septembre.
Dans la zone euro, la croissance des prêts aux entreprises est restée stable en septembre, ressortant à +4,2% après le même chiffre en août.
Aux États-Unis, la confiance des consommateurs s'est améliorée plus que prévu en octobre, l'indice du Conference Board ressortant à 91,7 après 84,2 en septembre et contre des prévisions à 81.
CHANGES
Alors que les cambistes se tiennent prêts pour les décisions de politique monétaire dans les jours à venir, la devise européenne est pénalisée par la persistance des inquiétudes financières concernant la France, deuxième économie du bloc européen.
Le dollar gagne 0,28% face à un panier de devises de référence, tandis que l'euro perd 0,26% à 1,1143 dollar.
TAUX
Les taux d'emprunt sur le marché de la dette souveraine française repartent à la hausse, la persistance des craintes budgétaires prenant le pas sur l'accalmie observée lundi à la suite du maintien inattendu de la note de crédit sur la France par Moody's vendredi et d'un nouvel acte de manifestations relativement calme samedi.
Le rendement de l'OAT à dix ans a avancé de 1,1 point de base à 4,9187%. Le deux ans a pris 2,2 points de base à 3,7303%.
Le rendement du Bund allemand à dix ans a cédé 0,1 point de base à 3,3540%. Le deux ans a grappillé 0,6 point de base à 3,0561%.
Le "spread" entre les obligations allemandes et françaises à dix ans, mesurant la prime de risque exigée par les investisseurs pour détenir de la dette française par rapport à la dette allemande considérée comme plus sûre, ressort à 156 points de base.
Le rendement des Treasuries à dix ans grignote 0,7 point de base à 4,9926%. Le deux ans progresse de son côté de 1,8 point de base à 4,7286%.
PÉTROLE
Les cours pétroliers reculent alors que les pourparlers de paix se poursuivent au Moyen-Orient, bien que la poursuite des offensives dans la région maintienne les contrats proches de leurs plus hauts niveaux depuis plusieurs mois.
Le chef du Conseil de sécurité iranien, Mohsen Rezaei, a rencontré mardi le Guide suprême, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, au lendemain d’entretiens avec des représentants de l’Arabie saoudite, de la Turquie et du Pakistan.
Les médias d’État ont indiqué que Mojtaba Khamenei avait souligné l’importance de défendre les intérêts de l’Iran et de maintenir ses conditions pour mettre fin à la guerre.
Les quatre pays ont convenu de poursuivre les discussions en vue de renforcer leur coopération en matière de paix et de sécurité, ont rapporté les médias d’État iraniens.
Le Brent perd 1,78% à 113,75 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) recule de 1,77% à 99,96 dollars.
À SUIVRE MERCREDI 28 OCTOBRE :
LA SITUATION SUR LES MARCHÉS
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Coralie Lamarque, édité par Augustin Turpin)

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer