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L'eau, la ressource invisible mais indispensable de la révolution IA
information fournie par AOF 11/08/2026 à 12:02
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(Zonebourse.com) - Après un 1er semestre euphorique, les valeurs au coeur de l'écosystème de l'intelligence artificielle ont brutalement corrigé : équipements pour semi-conducteurs comme Applied Materials et Tokyo Electron, puces de puissance avec Infineon, optique liée à l'IA avec Coherent. Les investisseurs ont réévalué des valorisations exigeantes et se sont interrogés, tous en même temps, sur le rythme de monétisation de l'IA, sur le financement des infrastructures et sur la concurrence chinoise. Le mot bulle a ressurgi", observe Léna Jacquelin, portfolio manager - thematic equities chez J. Safra Sarasin.

Une respiration de marché plutôt qu'un éclatement

"Faut-il parler d'éclatement ? Les faits invitent à la nuance. Dès la fin juillet, les résultats de Microsoft et d'Amazon ont montré une accélération de leurs revenus dans le cloud, justifiant l'ampleur de leurs investissements ; les valeurs d'infrastructure ont rebondi début août. Il s'agit davantage d'une rotation et de prises de bénéfices que d'une remise en cause du scénario de fond. Mais l'épisode rappelle une évidence trop vite oubliée : derrière les débats sur sa rentabilité, l'IA n'a rien de virtuel. Elle est même l'une des industries les plus intensives en ressources de l'histoire récente", confirme-t-elle.

Quand l'IA a soif : la réalité physique des données

On parle beaucoup d'électricité. On oublie l'eau. Refroidir un centre de données en consomme des quantités considérables : aux Etats-Unis, les data centers et les centrales qui les alimentent approchent déjà 1 000 milliards de litres par an. A l'échelle mondiale, un rapport des Nations unies évoque une trajectoire pouvant atteindre 9 300 milliards de litres en 2030. La puce elle-même est assoiffée : une fonderie moderne peut absorber près de 40 millions de litres d'eau ultrapure par jour, l'équivalent de 33 000 foyers. Dans un nombre croissant de régions, la disponibilité en eau est devenue, au même titre que l'électricité, un facteur qui détermine où l'on peut construire.

"C'est cette conviction qui guide une partie de nos investissements chez J. Safra Sarasin. Là où le débat sur les valorisations de l'IA reste volatil, la demande en solutions liées à l'eau repose sur une nécessité matérielle qui ne se discute pas : sans eau traitée, pas de puces ; sans refroidissement, pas de centre de données . Nous diversifions ainsi nos investissements avec des acteurs de l'efficacité des ressources tels que Xylem et Ecolab", souligne Léna Jacquelin. Elle explique que "le premier a relevé ses prévisions de bénéfices en soulignant le rôle stratégique croissant de l'eau dans les infrastructures d'IA et la fabrication de semi-conducteurs. Le second voit son activité de haute technologie croître à deux chiffres, portée par le traitement de l'eau de haute technologie et le refroidissement liquide direct : cette technologie qui amène le fluide au plus près de la puce, à mesure que les processeurs deviennent trop chauds pour un refroidissement à air."

Une exposition plus défensive à la transformation numérique

L'intérêt de cette couche d'infrastructure tient à sa double nature : elle est exposée au même moteur séculaire que l'IA, à savoir l'explosion des besoins de calcul, mais avec un profil plus défensif, fait de revenus récurrents et d'usages essentiels. Ce n'est pas un hasard si, dans la tempête de juillet, ces valeurs ont mieux résisté que les fabricants d'équipements. Là où les seconds subissaient une réévaluation brutale, les premières offraient une forme de protection.

"La vraie leçon de l'été n'est donc pas de trancher entre 'bulle' et 'pas bulle'. Elle est de rappeler que la révolution numérique repose sur des fondations physiques bien réelles, l'énergie, les matériaux, l'eau, et que la plus négligée d'entre elles est sans doute la ressource la plus élémentaire de toutes. Que les valorisations de l'IA vacillent à nouveau ou non, les centres de données et les fonderies auront toujours besoin d'eau, en quantités croissantes. C'est probablement l'une des façons les plus durables et, après la correction, les moins chères de s'exposer à la transformation numérique : non par la puce, mais par ce qui la rend possible", conclut Léna Jacquelin.

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Cette analyse a été élaborée par AOF et diffusée par BOURSORAMA le 11/08/2026 à 12:02:00.

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