Au terme d'une séance marquée notamment par un retour des tensions obligataires, une flambée des cours du pétrole et une publication décevante de Walmart, les principaux indices US ont clôturé près de leurs plus bas du jour : le Dow Jones a lâché 1,32% à 52 759 points et le S&P 500 a reculé de 0,87% à 7 641 points, tandis que le Nasdaq 100 a perdu 0,72% à 29 213 points, que le Russell 2000 a abandonné 1,34% et le Nasdaq Composite, 1%.
La Bourse de New York avait mal entamé la séance de jeudi (-0,6% initialement), dans le sillage de Walmart. Malgré la détente des taux survenue la veille à la suite des annonces de Scott Bessent, la lourdeur s'est amplifiée à mesure que les rendements remontaient et que Walmart continuait de s'enfoncer, pour perdre 9,15% au final.
Le consommateur "moyen" ne se porte pas aussi bien qu'espéré. Les ménages font attention à leurs dépenses, alors que le coût des carburants, des études supérieures et de la santé pèse sur les budgets.
A noter le plongeon de 24% d'Advance Auto Parts : le fabricant de pièces détachées a publié des ventes pour le 2e trimestre inférieures aux attentes et des guidances sous le consensus du marché (ventes annuelles stagnant en milieu de fourchette, preuve que les ventes de voitures ralentissent avec le report des décisions d'achat).
Parmi les points noirs du jour figure la nette remontée des taux obligataires dès ce jeudi, ce qui surprend les observateurs et met à mal la stratégie de soutien du Trésor américain, "qui va être amplifiée", a déclaré Scott Bessent ce jeudi sur CNBC : "cela pourrait dépasser les 4 MdsUSD par émission". Le rendement du "10 ans" a bondi de 5,5 points de base, vers 4,708%, le T-Bond à "30 ans" a grimpé de 5,6 points de base, vers 5,2500%, et même le "2 ans" a gagné 2,1 points de base, à 4,1900%.
C'est une journée hautement symbolique pour l'Amérique : sa dette fédérale a dépassé officiellement les 40 000 MdsUSD (116 500 USD par habitant, 360 000 USD par contribuable), soit 30 000 MdsUSD de plus qu'en 2008... ce qui ne manque pas d'alimenter les questionnements sur une dérive incontrôlée des dépenses ( 2 000 MdsUSD depuis le début de l'année).
À noter qu'après trois séances de repli sur quatre et 2% reperdus en une semaine, la capitalisation des actions américaines s'établit à 64 925 MdsUSD, soit 235% du PIB (contre 238% jeudi dernier), en hausse de 4% par rapport à mi-mai.
La tension sur l'obligataire s'alimente de la promesse de Trump d'isoler économiquement l'Iran "comme jamais aucun pays ne l'a jamais été" et d'infliger des pénalités d'une sévérité jamais vue aux pays qui lui apportent un soutien sous une forme ou une autre... sans préciser quels critères permettent de qualifier de tels "soutiens" ni quels pays seraient incriminés.
Ce qui est certain, c'est que des "sanctions terribles" visant la Chine ou d'autres membres des BRICS entraîneront des mesures de rétorsion qui compliqueront le commerce mondial, entraîneront des pénuries et feront grimper les prix.
Or, l'absence de solution au conflit Iran/USA et la volonté d'escalader la crise repoussent tout horizon de réouverture du détroit d'Ormuz, l'Iran se réservant la possibilité de faire s'effondrer le trafic maritime via Bab el-Mandeb, coupant le lien entre l'Asie, le canal de Suez et l'Europe. Dans ce contexte, le prix du baril a continué de s'envoler : le WTI a flambé de 5,5%, vers 88,5 USD, et le Brent a grimpé de 2,3%, vers 93,6 USD.
Les chiffres US du jour ont un peu apaisé les craintes de ralentissement qui transparaissaient des "stats" US depuis une semaine : l'indice composite des indicateurs avancés du Conference Board pour les États-Unis a rebondi de 0,2% en juillet 2026, à 99,5, alors que les économistes n'attendaient en moyenne qu'une hausse de l'ordre de 0,1% (après -0,1% le mois précédent).
Par ailleurs, l'indice Philly Fed a surpris : attendu en repli, il se redresse de 5 points, vers 46,4, et atteint ainsi son niveau le plus élevé depuis avril 2021. Plus précisément, les indices des nouvelles commandes et des livraisons ont baissé, mais sont restés élevés, tandis que celui de l'emploi a augmenté, continuant de suggérer une hausse globale de l'emploi en août... ce qui semble confirmé par les inscriptions au chômage qui ont reculé de 6 000 à 206 000 la semaine dernière.
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