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Grogne des agriculteurs : les prix plancher seront "un frein à la compétitivité européenne", selon le patron d'Intermarché
information fournie par Boursorama avec Media Services27/02/2024 à 10:55

Le patron de l'enseigne s'est dit "surpris" de cette annonce, l'idée n'ayant "pas été évoquée avec les autres ministres".

Thierry Cotillard à Paris, le 6 mars 2023. ( AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT )

Thierry Cotillard à Paris, le 6 mars 2023. ( AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT )

Imposer des prix plancher pour mieux rémunérer les agriculteurs, comme voulu par Emmanuel Macron, sera "un frein dans la compétitivité européenne", a estimé mardi 27 février le patron des Mousquetaires/Intermarché Thierry Cotillard.

" On a été un peu surpris de l'annonce , la notion de prix plancher n'avait pas été évoquée avec les autres ministres, ni Gabriel Attal, ni le ministre de l'Agriculture", a déclaré Thierry Cotillard sur France Inter . "Je pense que cela va être un frein dans une compétitivité européenne où on est aussi très heureux d'exporter, mais je laisse les responsables agricoles s'exprimer sur le sujet", a ajouté le patron des Mousquetaires/Intermarché.

"Avant de mettre d'accord l'ensemble des acteurs européens sur ce sujet-là il va se passer quelque temps, voire quelques années et (...) les agriculteurs ne peuvent plus attendre", selon Thierry Cotillard. "Il faut des décisions concrètes, immédiates", a-t-il ajouté se disant "favorable à une loi Egalim qui aille plus loin sur la directivité et la transparence" .

Les centrales d'achat "utiles pour peser sur l'inflation"

Concernant les centrales d'achat européennes, Les Mousquetaires/Intermarché qui pour l'instant "achète tout en France", devront "y aller", selon Thierry Cotillard. "Si on a la confirmation que c'est bien légal -et la lecture qu'on en a c'est que c'est légal- on devra y aller sinon il y aura trop d'écart de prix avec nos concurrents" , a-t-il dit.

Ces centrales européennes "sont utiles pour peser sur l'inflation" a-t-il ajouté proposant "une charte" avec les cinq dirigeants de la grande distribution pour "exclure de la centrale européenne tous les dossiers qui auraient une composante importante en produits agricoles".

"Il y a 10% des dossiers qui doivent quitter les centrales européennes pour protéger les revenus des agriculteurs", selon Thierry Cotillard.

Enfin, il a assuré que pour les supermarchés et hypermarchés Casino repris par Intermarché, il n'est "pas prévu de réduire les effectifs". "Les acquis sociaux et les salaires sont bien maintenus pendant 15 mois et après il appartiendra à chaque gérant de mettre sa politique managériale en place", a-t-il ajouté.

Thierry Cotillard est par ailleurs revenu sur les propos du ministre de l'Agriculture qui a dénoncé le "manque de patriotisme" de la grande distribution.

"Ce n'est pas au niveau, j'attends du ministre de l'Agriculture, dans cette crise, de la responsabilité", a-t-il déclaré, estimant que "c'est ne pas connaître ses dossiers que de dire ça".

"Manque de patriotisme" ?

"La grande distribution, c'est des entreprises françaises. Donc soit ils sont français, soit ils sont multinationaux apatrides. Mais, enfin, ils ont des responsabilités à prendre devant nous", a déclaré jeudi le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau, lors d'une visite d'exploitation agricole dans le Finistère. "Chacun doit prendre sa part (...) Ils ne considèrent pas qu'ils sont Français, c'est un manque de patriotisme. Je regrette ça", a poursuivi le ministre.

"Je trouve cela déplacé de la part du ministre qui rajoute de l'huile sur le feu", a estimé Thierry Cotillard qui a "très mal vécu cette déclaration".

"J'aurais préféré qu'il mette autour de la table les industriels, les agriculteurs et les distributeurs", a-t-il dit.

Le patron des Mousquetaires/Intermarché a rappelé que sa marque de distributeur avait "fait le choix il y a cinquante ans d'avoir des usines en France" et que "les œufs, le beurre, la volaille, le bœuf tout ce qu'on vend en matière brute est 100% français".

Thierry Cotillard a souligné par ailleurs avoir "des échanges très constructifs avec Bruno Le Maire, qui a aujourd'hui l'Économie en main mais qui a eu dans le passé un rôle de ministre de l'Agriculture".

16 commentaires

  • 27 février12:12

    Et bien pas grave, les BARONS des Leclerc ne seront pas multimillionnaires, ils gagneront juste un peu moins sur qq produits et les agriculteurs auront la certitude d'être payés pour leur travail .. Bref, comme au Canada


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