La Belgique semble avoir trouvé le bon équilibre après avoir battu les États-Unis (4-1) lundi, mais les ajustements gagnants opérés par le sélectionneur Rudi Garcia n’ont pas été sans conséquences pour certains de ses cadres.
Les Diables rouges étaient pourtant passés tout près d’une élimination dès les seizièmes de finale face au Sénégal. Menés de deux buts à cinq minutes de la fin du temps réglementaire, ils étaient parvenus à renverser la situation pour se qualifier en huitièmes, où Rudi Garcia a procédé à des changements majeurs dans son onze de départ.
Kevin De Bruyne, Jérémy Doku et Romelu Lukaku ont ainsi débuté sur le banc. Kevin De Bruyne, longtemps considéré comme le véritable leader technique de l’équipe, n’est même pas entré en jeu lors de la rencontre face aux États-Unis disputée à Seattle.
Nicolas Raskin, Amadou Onana et Dodi Lukebakio ont pris la place de Hans Vanaken, Kevin De Bruyne et Jérémy Doku, tandis que Charles De Ketelaere a été repositionné en pointe. Un choix immédiatement payant puisque l’attaquant a inscrit deux buts en première période, mettant rapidement la Belgique sur la voie d’un succès largement maîtrisé.
Avant le coup d’envoi, Rudi Garcia avait expliqué que ses choix découlaient logiquement de l’état de forme affiché par ses joueurs à l’entraînement ainsi que du plan tactique préparé pour la rencontre. Les choix du sélectionneur se sont avérés payants, les Belges ayant signé leur meilleure prestation depuis le début de la compétition.
Leur stratégie a complètement déstabilisé les Américains, apparus sans solutions et dépassés. Avec un milieu de terrain plus agressif et un Youri Tielemans capitaine positionné plus haut sur le terrain, la Belgique a constamment remporté les seconds ballons et récupéré rapidement la possession.
Les Belges ont également exploité les espaces sur les côtés pour étirer une défense américaine à la fois friable et trop statique.
LA SORTIE D’ONANA SUR BLESSURE N’A PAS FREINÉ LA BELGIQUE
Même la blessure au genou d’Amadou Onana en première mi-temps n’a pas cassé l’élan belge. Hans Vanaken a alors repris son rôle devant la défense à trois.
Rudi Garcia a confié qu’il avait arrêté son onze seulement quelques heures avant le coup d’envoi lundi, tout en sachant précisément comment il souhaitait voir son équipe jouer.
"On avait un plan de jeu, on l'a suivi, on voulait être protagonistes, ne pas subir, ne pas se faire presser", a-t-il déclaré.
"Le plan, c'était si on avait besoin de faire rentrer Kevin, mais on n'en a pas eu besoin parce qu'effectivement on a marqué des buts", a expliqué Rudi Garcia.
"Et quand Amadou s’est blessé, on avait plus besoin de Hans (...). Très content pour Hans qu'il ait marqué, c'est chouette à l'âge qu'il a (33 ans) de marquer en Coupe du monde, parce qu'il n'a pas toujours été dans cette équipe"
Très critiqué en Belgique après un premier tour compliqué, Rudi Garcia avait vu son équipe concéder deux matches nuls lors de ses premières sorties avant qu’un large succès contre la Nouvelle-Zélande (5-1) ne lui permette de terminer en tête du groupe.
Face au Sénégal, les Belges n’avaient dû leur survie qu’aux erreurs défensives des Lions de la Teranga, s’imposant sur un penalty inscrit dans les dernières minutes de la prolongation alors qu’ils étaient au bord de l’élimination.
Mais après cette démonstration face aux États-Unis, la Belgique peut désormais légitimement se considérer comme l’un des sérieux prétendants au titre avant son quart de finale de vendredi contre l’Espagne à Los Angeles.
(Reportage Mark Gleeson à Atlanta; version française Zakarya Meliani, édité par Sophie Louet)

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